Aimer n’est pas Jouer : Interview de l’auteure Fanny Mertz

Aimer n’est pas Jouer : Interview de l’auteure Fanny Mertz

Bonjour Fanny, peux-tu nous présenter ton roman Aimer n’est pas Jouer ?

Ce roman, c’est avant tout la rencontre de deux femmes, l’une très âgée, l’autre encore jeune, confrontées à plusieurs décennies d’écart, aux mêmes problèmes : peur du rejet, quête de conformité, choix difficile…

Comment est née l’idée de ce roman avec deux héroïnes si l’on peut dire ?

Camille reste pour moi le personnage principal. Dans tout le roman, la vie des autres personnages n’est révélée qu’à travers le prisme de son histoire. Bien sûr, comme souvent, les situations m’échappent, du coup Aimée a pris une importance imprévue. C’est sûrement qu’elle avait des choses à dire !

Aimer n’est pas Jouer est un peu un livre choral, non ? Plusieurs de tes personnages voient leur histoire développée en parallèle de celle des autres.

Quand j’écris, je m’attache, c’est plus fort que moi. Mes personnages finissent par exister, ils me parlent, choisissent d’eux même l’issue des situations que je leur réserve.

Alors quand j’ajoute un personnage à l’intrigue, il est bien rare qu’il s’en aille sans avoir raconté toute son histoire !

Voilà comment je me retrouve, sans l’avoir cherché, au milieu d’un péplum. Toute cette troupe s’agite dans ma tête et par extension dans la vôtre…. Ça semblera peut-être fouillis à certain(e) s, mais pour moi, le mouvement, les gens, c’est la vie !

La musique a une très grande importance dans ton roman, pourquoi ce choix ?

Ah chouette, une question facile ! Tout simplement parce que j’adore la musique classique, et particulièrement Chopin et plus spécifiquement encore le nocturne dont il est question dans le roman. D’ailleurs il m’arrive de le jouer moi-même (avec beaucoup, mais alors, beaucoup moins de brio que Camille !)

Grâce à Aimée, Camille apprend à s’aimer et à aimer. Tu penses que sans l’aide de cette femme elle n’aurait pas réussi ?

Qui sait ? Je pense qu’elle y serait arrivée quand même, parce que je suis plutôt optimiste quand j’écris. Je finis par m’attacher à mes personnages et je n’aime pas les voir malheureux. Mais elle aurait sans doute mis plus de temps… Bien sûr, c’est en imaginant que, sans l’intervention d’Aimée, Camille ne saute pas du balcon, parce que sinon ça fait un roman très court !

Camille s’est perdue dans l’aide aux autres pour oublier sa souffrance. Aimée a fait pareil en s’occupant de sa famille. Tu penses qu’on peut faire le choix de ne pas vraiment vivre pour éviter de souffrir ?

Elles n’ont pas évité la souffrance au final, bien au contraire… Camille et Aimée n’ont pas osé braver l’interdit, se mettre en marge et choquer leurs proches. Pour faire court, elles ont eu la trouille du « qu’en-dira-t-on ? ». C’est peut-être pour oublier leur manque de courage qu’elles ont dispensé aux autres ce trop-plein d’amour qu’elles ont refoulé jusque-là…

Aimer n’est pas Jouer est une ode aux gens, non ? Parce que finalement tes personnages sont tous différents et tous aussi importants les uns que les autres.

Ils ont l’air différents, mais partagent un point commun de taille : leur position peu conventionnelle. On a, si ma mémoire est bonne, par ordre d’apparition et en plus de nos deux héroïnes, un clown orphelin, un grand-père mythomane, une amazone des cavernes, des SDF cultivateurs de champignons… Je force le trait, mais inutile de tourner autour du pot, tous ces personnages ont un grain, chacun dans leur genre. J’aime à imaginer qu’au-delà de leurs différences, ils communient. Si ce roman est une ode (ce qui, en passant, est un super compliment, merci…!) c’est celle de la diversité et du non-conformisme.

Peux-tu nous parler un peu plus de cette histoire des champignons de Paris ? C’est une véritable passion ?

J’ai écrit ce livre il y a des années… je ne me souviens plus du chemin qui m’a entraînée dans ces caves, vers cette histoire de champignons. Je me balade souvent sur le net, j’y glane des infos sur tout et surtout sur n’importe quoi, j’aime bien papillonner comme ça. Du coup, je me retrouve souvent avec des trucs baroques au milieu de mes histoires. Ça arrive comme ça, sans réflexion particulière, les chemins de l’inspiration font rarement cas de la logique….

Qu’aimerais-tu que les lecteurs retiennent de ton roman ?

L’envie d’écouter ce nocturne de Chopin, juste pour voir, même si le classique ce n’est pas leur truc ? Ou alors de se faire une bonne poêlée de champignons, avec juste un peu d’ail et de persil ? De visiter le cimetière du Père-Lachaise ? D’avoir pleuré parce que Camille meurt à la fin ? (mais non, je déconne, elle ne meurt pas !)

Un sourire ?

As-tu d’autres histoires en cours d’écriture ? Peux-tu nous dire quelques mots dessus ?

J’ai une histoire finie depuis un moment, mais qui va demander un travail de relecture conséquent, c’est un roman historique, qui se déroule en partie au douzième siècle, une ambiance « thriller ésotérique », avec des templiers, des moines fous, des secrets et bien sûr une héroïne, qui de nos jours, cherche à résoudre les énigmes du passé en dépit des méchants qui lui courent après, évidement…

Et en ce moment, je suis sur l’écriture d’un autre roman, policier cette fois, ça se passe au milieu des montagnes, il y a une jeune gendarme adepte de la course à pied et un mathématicien russe un peu dingue, entre autres…

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2 Réponses à “Aimer n’est pas Jouer : Interview de l’auteure Fanny Mertz”

  1. Tellement hate de lire vos prochains romans !
    Aimer n’est pas jouer est vraiment merveilleux, les personnages sont hyper attachant et que dire de l’histoire merveilleuse d’Aimée.
    Felicitation et bonne continuation pour l’écriture des suivants

  2. Merci Charlotte d’avoir pris le temps de ce gentil commentaire, c’est toujours un bonheur pour moi d’avoir réussi à faire passer un peu d’émotion à travers un livre…

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