Escorte-Moi : Interview de Lena Clarke pour la sortie de son nouveau roman

Escorte-Moi : Interview de Lena Clarke pour la sortie de son nouveau roman

Bonjour Lena ! Je suis certaine que les lectrices trépignent d’impatience à l’annonce de la sortie de ton nouveau roman. Le titre est assez direct ! Est-ce que c’était un choix délibéré de placer ton histoire dans un contexte plus sulfureux qu’à l’accoutumée ? Peux-tu clarifier le contexte au cas où nos lectrices s’imagineraient qu’il s’agit d’une histoire avec une garde du corps [rires] ?

Bonjour ! Eh bien, sacrée première question [rires]. Je ne sais pas si on peut parler de choix délibéré. J’ai eu l’idée de cette histoire, ça m’a emballée, et je me suis lancée ! Bien entendu, j’avais conscience que vu le sujet, je n’allais pas pouvoir me contenter de petites scènes innocentes d’embrassades, mais je me suis dit que c’était un bon challenge.

Et donc, oui, je le confirme, rien à voir avec une histoire de garde du corps. Certes, l’une des héroïnes est bien engagée pour se tenir très, très près de la seconde, mais aucunement dans un but de protection [rires].

Est-ce que tu pourrais succinctement nous résumer Escorte-moi ?

Il s’agit de l’histoire de June, une jeune femme de vingt-huit ans à la tête d’une entreprise de jeux vidéo. Dans le but de participer à une soirée caritative, elle se rend à Las Vegas en compagnie d’Olivia, son associée et meilleure amie, laquelle lui réserve une « petite » surprise. Juste avant de se rendre à la réception, June voit arriver dans sa chambre d’hôtel Sasha, une escort girl engagée pour lui tenir compagnie durant le week-end. Les deux femmes ayant toutes les deux un fort caractère, leur rencontre fera immédiatement des étincelles, et ne restera pas sans conséquence.

Quels sont les retours que tu as eus sur Escorte-moi  de la part des chanceuses qui ont déjà pu découvrir le texte ?

Qu’il s’agissait du meilleur roman de l’univers, un must have à se procurer impérativement ! [rires] Non, plus sérieusement, les fameuses chanceuses ne sont pas si nombreuses, et font partie de mes amies. J’ai cru comprendre que le côté sulfureux ne les avait pas du tout dérangées, voire qu’au contraire, j’avais tout intérêt à me spécialiser dans ce genre de romans [rires]. En dehors de ça, elles ont beaucoup aimé les personnages, que ce soit June ou Sasha, et le fait de pouvoir les découvrir dans diverses situations, au travail, entre amis, en famille…

Mais en réalité, plus j’y réfléchis, et plus je me dis que j’aurais dû tout simplement vous retourner la question. En tant qu’éditrices impartiales et très objectives, qu’avez-vous à dire au sujet de ce texte ? [rires]

Ah, je vois… il s’agit d’une interview inversée [rires]. Eh bien, en tant qu’éditrices, on se sent toujours très très chanceuses de découvrir tes textes en avant-première. Pour donner un peu plus de contexte aux personnes qui vont lire cette entrevue, nous avons une procédure chez Reines de cœur quand il s’agit d’accepter des soumissions : nous lisons la soumission toutes les trois [Isabelle, Gaëlle et Edwine] et il faut au moins deux votes positifs sur trois pour que le roman puisse être publié. Avec les romans de Lena Clarke, nous sommes toujours agréablement surprises et bien souvent, on sait pertinemment, avant même de commencer la lecture, que ça va être un grand « oui » unanime ! Si on était dans l’émission The Voice, ce serait les trois buzzers assurés dès les premières secondes de la prestation [rires]. On fait souvent une réunion d’équipe pour échanger nos impressions en interne et pour l’anecdote, je pense que tu peux en parler si tu le souhaites Lena, nous avons passé du temps à tergiverser sur la nature du travail d’une prostituée, d’une escort girl, des différences entre les deux métiers… Et je peux vous dire que quand on prend un peu de recul pour regarder nos correspondances et échanges, c’est assez décalé et comique d’imaginer que le contexte professionnel est celui d’un échange entre autrice et éditrices, avec littéralement pour contenu une dissertation sur les travailleuses du sexe [rires].

Il est vrai qu’en signant avec R2C, jamais je n’aurais pensé avoir un jour à donner ma définition personnelle de ce que peut être une escort girl, et encore moins à débattre en détail du sujet [rires].

Sans vouloir spoiler le reste de l’histoire, on peut dire que June a une ex persistante [rires]. Elle va faire face à un choix tout de même difficile entre deux femmes. Crois-tu qu’il y avait un mauvais choix ?

Pour moi, il n’y avait pas de mauvais choix. June aurait pu très bien finir avec l’une, comme avec l’autre. D’ailleurs, et même si j’avais choisi depuis le départ, j’ai tout de même hésité à un moment donné. J’ai tranché en fonction de ce qui me paraissait le plus cohérent, mais l’autre solution aurait pu également fonctionner.

Les deux femmes avaient leurs qualités, leurs défauts, leurs problèmes à gérer, si bien que June a simplement pris sa décision en fonction de ses sentiments.

Dans tous les cas, ne vous inquiétez pas pour elle, elle était entre de très bonnes mains : les miennes [rires]. Je ne désirais que le meilleur pour elle, et mon choix concernant son avenir sentimental était mûrement réfléchi.

À l’arrivée, ton histoire est une romance qui possède tous les ingrédients que l’on aime (c’est l’éditrice très « impartiale et objective », pour te citer, qui parle [rires]), à savoir de la romance, du suspense, du sexy, de la répartie, des rebondissements. Il y a cependant un ingrédient supplémentaire qui est intriguant : le fait qu’il y ait plusieurs niveaux de lecture avec, si on le souhaite, la possibilité de mener une réflexion plus profonde sur les métiers du sexe, et les conséquences à la fois pour les clients et les personnes qui vendent leur corps. Est-ce que c’était un choix délibéré de ta part de lancer ce genre de réflexions ? Comment te positionnes-tu par rapport à cela, as-tu un message à faire passer ?

Au tout début, non, ce n’était pas forcément délibéré, mais plus je progressais dans l’écriture du roman, plus en effet, j’ai essayé de lancer quelques pistes de réflexion. Forcément, en écrivant à la première personne, le ressenti sur lequel j’ai le plus appuyé est celui de June, la « cliente ». Au maximum, j’ai voulu faire en sorte qu’elle ne soit pas dans le jugement. Cette relation tarifée a des conséquences sur elle. Pour autant, à aucun moment elle ne se permet de critiquer les activités de Sasha. Elle se demande simplement ce qui a pu la pousser à exercer cette profession, et je pense que c’est encore la meilleure réaction à avoir.

Du coup, je n’ai pas réellement de message à faire passer, si ce n’est celui de la tolérance. En lisant ce roman, il est possible que l’on se demande « et moi, comment j’aurais réagi ? ». La première réaction sera probablement de se dire qu’à la place de June, il aurait été impensable d’accepter une situation pareille, mais qui sait… Sasha est une personne comme une autre, et je pense qu’avant de se soucier de ses activités, il est important d’apprendre à voir au-delà.

Une dernière question pour la route : j’ai adoré le côté geek de June, ça sent le vécu, non ?

Eh bien figure-toi que non, pas du tout. J’aime les jeux vidéo, mais les jeux, eux, ne m’aiment pas [rires]. Je n’ai aucune compétence que ce soit dans ce domaine, ou encore en informatique. Du coup, pouvoir écrire sur quelqu’un qui elle est une pro a vraiment été un grand plaisir.

Merci Lena ! Nous te souhaitons beaucoup de succès avec la sortie de Escorte-moi , et nous espérons que les lectrices et lecteurs aimeront ton roman autant que nous !

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