Voici l’extrait d’Anveshan – Résolution de Sylvie Géroux

Vaisseau spatial crash - Une histoire lesbienne de sci-fi

L’extrait d’Anveshan – Résolution de Sylvie Géroux que vous attendez avec impatience !

ll est enfin là, le fameux extrait de ce nouveau roman de science-fiction lesbienne publié chez Reines de Coeur. Autant vous dire que tout le monde dans l’équipe est extrêmement fières. Oui, tout le monde, c’est 100% de femmes sur ce coup-là, de l’autrice à la correctrice en passant par l’éditrice. Bref, immense fierté parce que ce roman est un beau défi relevé haut la main par Sylvie Géroux.

Que vous révéler sans trop spoiler ? Déjà que cet extrait n’est pas le début. Non, Sylvie a fait ça bien, elle a proposé une scène d’amour en début. On ne sentait pas trop ça sur le blog. Peut de voir le site disparaître au tout jamais dans les limbes de Google avec les sites classés X. Du coup, on a choisi un autre extrait.

Bon, Héloïse m’a fait remarquer que ça manquait de femmes du coup. Oui, mais c’était dur de mettre des femmes, pas au début et pas dans une scène d’amour. Ou dans une scène qui en révèle trop sur l’histoire. Donc, on retrouve le commandant. Qui essaie de s’en sortir non sans mal.

Comme d’habitude avec Sylvie, il y a de l’action, de la romance, des combats, des scènes d’amour, des méchants, des gentils, des vivants, des morts et une fin juste parfaite. Allez, on arrête de vous faire saliver et on vous propose la suite.

Déjà, avant l’extrait d’Anveshan, la couverture que vous voyez peut-être pour la première fois. Ensuite, ce sera le résumé, puis l’extrait d’Anveshan. De quoi vous occuper encore quelques minutes 😉

Extrait d'Anveshan Résolution - Roman de science-fiction lesbienne de Sylvie Géroux

La quatrième de couverture d’Anveshan – Résolution de Sylvie Géroux

Si vous l’avez raté la semaine dernière, voici le résumé de ce dernier épisode de la trilogie de Sylvie Géroux. Et oui, nous vous le confirmons, Sylvie a réussi l’exploit de faire vivre des aventures aux six héroïnes des deux précédents tomes. Et elles vont même se retrouver toutes ensemble au milieu d’une forêt, en plein cœur de la nuit, avec des bestioles qui ne leur veulent pas que du bien…

Mais on cesse les spoilers, voici le résumé :

En 2216, la force d’exploration de la Coalition continue de s’intéresser aux Confins. Quelques jours après l’attaque des Hellkarstans et le crash du vaisseau-ville Anveshan sur la planète Sirkis, le doute règne. Si la Terrienne Penny est en quête de solutions, la Théosienne Lyra se sent isolée face à la méfiance des autres passagers. Sans moyen de communication, le Capitaine Rahul Singh, maintenant allié avec certaines rebelles hellkarstanes, gère à la fois la survie de son équipage et les réparations sur l’appareil.

De son côté, bien décidée à secourir l’Anveshan, l’Amirale Amita Kapoor s’est lancée dans une mission de sauvetage. Malheureusement, après un voyage mouvementé, son vaisseau révolutionnaire, le Rakshak, s’échoue à son tour sur Sirkis. Tandis que l’Amirale tente de localiser l’Anveshan, dont elle n’a aucune idée de la position, un vaisseau stormalien se pose sur la même planète.

La Coalitex se voit obligée de négocier avec un diplomate des forces stormaliennes. L’exigence du représentant : que les rebelles hellkarstanes, Cyenne et Bryanne, lui soient livrées dans les plus brefs délais. Singh, qui n’envisage pas de trahir ses nouvelles alliées, imagine un plan de la dernière chance. Dextra, Cyenne et Bryanne s’enfuient vers les montagnes afin de se cacher. Mais Penny, encore une fois au mauvais endroit au mauvais moment, se retrouve contrainte de les accompagner…

Dans cet ultime épisode de la saga Anveshan de Sylvie Géroux, toutes les héroïnes des précédents tomes vont s’unir pour survivre et peut-être enfin rentrer chez elles…

Et voici l’extrait d’Anveshan – Résolution de Sylvie Géroux

— Jimkit au rapport, Capitaine !

Singh se tourna vers le Lieutenant Sétos Jimkit qui venait d’arriver sur la passerelle.

— Lieutenant, inutile de perdre du temps à vous décrire la situation. Vous l’avez en face de vous sur cette carte.

Jimkit se rapprocha et observa la simulation holographique.

— On connaît l’origine de ce vaisseau ?

— Non, mais nous devons partir du principe qu’il est hostile.

— Combien d’hommes ? interrogea-t-il encore en désignant du doigt le contingent de la CoalitEx déployé près du vaisseau.

— Cent quinze, pour être précis. J’ai réparti le reste des effectifs du département de sécurité pour la protection de l’Anveshan et des unités civiles. Les membres de la CoalitEx ont reçu l’ordre de revenir au vaisseau et les civils de se replier vers leurs abris respectifs. Vous devez coordonner ce mouvement du mieux possible, sachant que nos communications sont hors service ; seules les notifications tablettes courte distance passent encore.

Jimkit n’effectua aucun commentaire, même si le frisson qui agita momentanément son pelage bleuté démontra que son niveau de stress venait d’augmenter drastiquement.

— Je pars sur le terrain immédiatement. Tant que nous resterons dans la zone de couverture, vous pourrez m’envoyer des messages, mais ça risque de chauffer un peu trop pour me permettre de lire des notifications. Vous serez donc globalement livré à vous-même. Cela vous pose-t-il un problème ?

— Absolument pas, Capitaine. Je suis prêt.

— C’est ce qu’il me semble aussi.

— Merci, Monsieur, répondit Jimkit, étonné de ce brusque compliment.

Singh écarta ses remerciements d’un mouvement agacé.

— Deepa, est-il possible de joindre le Hangar 4 ?

— Sur le canal interne d’urgence du navire, oui, Capitaine.

— Passez-les-moi.

— À vos ordres.

— Ici le Premier Maître Ak M’Hur. Nous procédons comme demandé à l’évacuation vers le point de rassemblement, énonça une voix tendue.

— Dites-moi, Premier Maître, il n’y a vraiment aucune chance de faire décoller un de ces chasseurs ? demanda Singh.

— Aucune, Capitaine. Nous n’arrivons pas à adapter les batteries solaires sur ces jets. Le déploiement de puissance à l’accélération est trop élevé. Il faudrait au moins six de ces batteries pour y parvenir, et le poids ajouté n’est pas compatible avec la structure. Nous travaillons à l’allègement des armatures ; hélas, ça va prendre du temps.

Singh poussa un grognement irrité.

— Le temps, c’est justement ce dont nous manquons. Bon, vous pouvez procéder à l’évacuation. Restez en alerte maximale. Si les choses tournent mal, vous devrez prendre les armes, vous aussi.

— C’est bien compris, Capitaine.

Singh se tourna à nouveau vers Jimkit, puis lui tendit une tablette.

— Je vous ai laissé les ordres de déploiement si nous ne devions pas revenir. Évidemment, ceux-ci restent confidentiels.

— À l’évidence, Capitaine.

— Bonne chance, Lieutenant, lança Singh avant de sortir de la passerelle au pas de course.

Il rejoignit les troupes regroupées devant l’Anveshan. Deepa mettait à jour en temps réel la simulation sur l’interface qu’il avait au poignet. Il y jeta un œil et ordonna :

— Le vaisseau n’est plus qu’à quelques kilomètres et se dirige droit vers nous. Nous n’avons malheureusement pas assez de véhicules. Groupe A et groupe C, nous prenons les 4×4. Nous nous déployons en direction du sud. Il faut intercepter ce bâtiment au plus vite afin de les empêcher d’atteindre l’Anveshan ou la colonie. Groupe B, vous nous suivez à pied en couverture. Compris ?

— Oui, Capitaine, répliquèrent dans un bel ensemble les membres d’équipage présents.

Singh croisa le regard sombre de Petters et la prit à part.

— Commandeure, vous êtes la Première Officière de ce vaisseau. S’il devait m’arriver quelque chose, ce serait à vous de prendre le commandement. Je pense que vous saisissez pourquoi j’emmène Kyosuke avec moi.

— Je peux le comprendre, Capitaine, mais je ne vais pas vous dire que j’approuve.

— Je n’en attendais pas moins de vous, Dextra, répliqua Singh avec l’ombre d’un sourire dans les yeux.

Il la vit soupirer, se résignant à suivre ses directives de mauvaise grâce. Il reprit d’un ton grave :

— Vous allez arriver sur la zone quelques minutes après nous. Nous n’aurons aucun moyen de communiquer. Si l’intervention des groupes A et C est un échec total, vous vous repliez immédiatement…

— Capitaine ! l’interrompit Petters avec indignation.

— J’insiste. Si la situation est sans espoir, vous n’intervenez pas. Vous retournez au vaisseau et vous utilisez le temps que nous pouvons vous donner pour armer tout le monde, civils compris. Il faut défendre l’Anveshan coûte que coûte, Petters. Nous n’avons rien d’autre.

Dextra Petters secoua la tête avec irritation.

— Vous voulez que je vous laisse derrière moi ?

— J’espère bien qu’on n’en arrivera pas là, Commandeure, et que vous nous rejoindrez juste pour nous aider à finir les salopards qui seront bientôt sur nous. Pourtant, si ce n’est pas le cas, je veux pouvoir compter sur vous. Je sais que vous êtes tout à fait capable de déterminer quand une situation est perdue et quand elle ne l’est pas.

Singh la dévisagea d’un air interrogatif quelques secondes. Finalement, elle approuva du menton à contrecœur.

— Je m’en tiendrai à vos ordres.

— Parfait ! Vous avez la carte de Deepa. On se retrouve au point de contact, conclut Singh en montant dans le véhicule qui l’attendait.

Les tout-terrain s’éloignèrent rapidement dans un nuage de poussière, partant à la rencontre du vaisseau inconnu. Dextra leva la main et son groupe la suivit au petit trot dans leur sillage.

***

Sirkis, trois kilomètres au sud de l’Anveshan

— Contact visuel, Capitaine !

Singh plissa les yeux derrière ses jumelles et pointa celles-ci dans la direction qu’indiquait son Officier Tactique. Ce ne fut d’abord qu’un soulèvement de poussière, puis un reflet argenté et, enfin, apparut le vaisseau ennemi. Il n’était pas très grand ; une frégate ou une corvette tout au plus, estima Singh. Pas le genre de navire que l’on envoie pour conquérir une planète… À moins que l’on ne connaisse exactement l’état des défenses de celle-ci.

Singh leva le poing, indiquant ainsi aux troupes de stopper leur avancée et de se déployer. De toute façon, il n’y avait que du désert de tous côtés : cet endroit n’était pas pire qu’un autre pour tenter leur chance. L’ordre se propagea dans les rangs et bientôt, on n’entendit plus dans la plaine que le cliquetis des armes qu’on prépare au combat et le crissement du sable contre les armures.

Singh jeta un regard circulaire autour de lui. Tout ce noir contre cette roche poudreuse d’un jaune sale… On ne pouvait pas dire qu’ils étaient discrets. Dans un monde idéal, il aurait dissimulé ses forces, monté une embuscade, des pièges gravitationnels, des mines pneumostatiques et autres joyeusetés de l’artillerie de défense passive… Seulement, on n’était pas dans un monde idéal, loin de là. Non seulement il manquait de temps, mais en plus, il lui fallait attirer l’attention de cet ennemi inconnu.

— Il nous a repérés. Sa course dévie légèrement, annonça Kyosuke.

— Parfait, c’est justement ce que nous voulions. Interdiction d’ouvrir le feu avant mon ordre. Une fois l’ennemi engagé, restez mobiles et visez juste. C’est votre seule chance de vous en sortir. Rappelez-vous : le groupe A concentre ses tirs sur la turbine bâbord, le groupe C sur celle tribord. Nous n’avons pas assez de puissance de feu pour nous éparpiller et le but de cette mission est d’immobiliser le vaisseau. Le groupe B nous rejoindra pour l’assaut. C’est compris ?

— Compris, Capitaine, répondirent les Chefs de section qui repartirent aussitôt vers leurs hommes pour faire suivre les ordres.

Singh soupira. Il avait l’impression de diriger une attaque napoléonienne. L’absence de communication était très pénalisante. Une fois les hostilités lancées, il n’aurait quasiment aucun moyen d’influencer le cours de la bataille.

— On est prêts, l’informa Kyosuke qui se tenait toujours à ses côtés.

— Il vaudrait mieux, répliqua Singh en fixant sombrement le vaisseau qu’il distinguait maintenant clairement sans jumelles.

— Je retourne auprès de mon groupe. Bonne chance, Monsieur.

— À vous aussi, Ren. Essayez de rester entier. Si on se sort de là, un bon Officier Tactique ne sera pas de trop.

L’homme lui répondit d’un sourire entendu. Il partit en courant rejoindre son véhicule qui s’éloigna rapidement. Le navire ralentit visiblement sa course en se rapprochant. Tout comme ses hommes, Singh déploya le bouclier magnétique de son tout-terrain, s’attendant à essuyer les premières rafales. Même si ce n’était qu’une frégate, ce vaisseau avait une capacité de tir bien supérieure à leur armement mobile.

Pourtant, l’ennemi ne fit pas usage des canons qui se dressaient fièrement de chaque côté de sa proue. Il fut bientôt à portée de tir des armes lasers du détachement de l’Anveshan. Singh sentit tous les regards fixés sur lui. Il tenait serrée dans sa main la fusée de détresse qui devait servir de signal de « feu à volonté ». Un peu archaïques, mais toujours efficaces lorsque les radars étaient en rade, ces gros pétards aux fumigènes colorés n’avaient jamais cessé de faire partie des kits de secours des vaisseaux de la CoalitEx. Il s’en félicitait aujourd’hui.

— Bon sang ! Qu’est-ce qu’ils attendent, ces enfoirés ? s’exclama Singh.

Il n’avait aucune envie de tirer le premier. Cependant, il pouvait sentir la nervosité de ses troupes autour de lui. Il les comprenait. L’absence d’agressivité du nouveau venu pouvait tout à fait cacher une volonté de les carboniser à courte distance en les survolant. Le doigt sur le déclencheur de la fusée, Singh ressentait lourdement sa responsabilité. Le combat ou l’espoir d’une négociation. La vie ou la mort pour les soldats autour de lui, sans compter ce qu’il pourrait advenir des membres d’équipage et des civils de l’Anveshan s’il prenait la mauvaise décision.

Singh secoua la tête et éloigna son doigt de la gâchette. La Coalition ne déclenchait pas les hostilités. S’il y avait une chance d’entamer des pourparlers, ses représentants se devaient de la saisir en toute circonstance. Même perdu dans ce trou, ils faisaient toujours partie de la Force d’Exploration du gouvernement de la Coalition. Cela ne l’empêcha pas de retenir sa respiration lorsque la frégate se retrouva à moins de cinquante mètres. Elle n’était pas si petite que ça, vue d’aussi près.

Le vaisseau ralentit encore et finit par s’arrêter tout à fait. Un souffle puissant souleva une poussière blanchâtre qui balaya leur position d’une haleine brûlante. Enfin, il se posa dans un grondement assourdissant. Singh vit du coin de l’œil le tout-terrain de Kyosuke qui se rapprochait à grande vitesse. Le Commandeur en jaillit et le rejoignit en quelques enjambées.

— Qu’est-ce qu’on fait ? demanda-t-il en se penchant sur la portière.

Singh se lissa la barbe d’un air soucieux. C’était une excellente question. Le regard fixé sur le vaisseau inconnu, il finit par prendre sa décision. Il se tourna vers l’homme qui se tenait derrière le canon laser mobile de son véhicule.

— Vous venez avec moi. C’est comment votre nom déjà ?

— Ak L’jan, répondit l’Akien.

— Bien, à partir de maintenant, vous êtes muté au service de sécurité rapprochée diplomatique. Vous m’accompagnez pour une mission de contact.

— Entendu, Capitaine, accepta l’autre sans paraître s’émouvoir de la situation.

— C’est bien, vous avez du sang-froid… Enfin, sans mauvais jeu de mots. J’aime ça !

— Capitaine ! C’est de la folie ! Laissez-moi au moins vous accompagner ! protesta Kyosuke.

— Non. Vous prenez le volant de ce véhicule. Gardez la main sur cette fusée de détresse. Si ça se passe mal, vous dirigez l’attaque.

— Mais enfin… Petters sera là d’un instant à l’autre, attendez-la au moins !

— Elle a ses propres ordres. Il est temps que je me dégourdisse les jambes. Vous pensiez pouvoir vous réserver tout le fun parce que vous êtes Officier Tactique, pas vrai ?

— Capitaine, avec tout le respect que je vous dois, vous êtes vraiment impossible ! grommela Kyosuke en le regardant sortir du véhicule d’un air réprobateur.

— Je sais, la CoalitEx devrait inventer une médaille particulière pour les Officiers qui acceptent de servir sous mes ordres.

— C’est bien vrai… Soyez prudent, je vous en prie.

— Vous me connaissez !

— Justement…

— Ouvrez l’œil, Kyosuke. Au moindre incident, vous avez l’autorisation de déclencher les hostilités. Il était inespéré que cet engin se pose, ça nous laisse une bien meilleure chance. Je compte sur vous pour en profiter. Il ne doit pas redécoller.

— C’est compris, Capitaine. Nous ferons ce qu’il faut.

Singh ne tarda pas à s’éloigner, Ak L’jan sur les talons. Le silence était redescendu sur la plaine désertique. C’était comme si la chaleur étouffait les sons. Pas que les sons, d’ailleurs, pensa Singh en tirant sur son col d’uniforme trempé. Il approcha du navire ennemi à pas lents. Rien ne se passa avant que lui et son garde du corps n’atteignent l’ombre formée par le vaisseau. Un sifflement pneumatique strident annonça l’ouverture d’un sas. Singh arrêta d’un geste la progression du jeune Akien. Il fit encore un pas ou deux pour se retrouver légèrement en avant, puis attendit, les bras le long du corps, prêt à se jeter d’un côté ou de l’autre en cas d’attaque.

Trois silhouettes de grande taille en uniforme gris apparurent dans l’ouverture et s’engagèrent d’un même mouvement sur la passerelle métallique. Singh écarquilla les yeux, stupéfait.

— Nom de Dieu ! Il ne manquait plus qu’eux !

— Capitaine ?

— Ce ne sont pas des Hellkarstans. Regardez cette fourrure, cette tête d’ourson mal luné. Je n’ai pas besoin de Deepa pour reconnaître des Stormaliens.

— Et c’est plutôt une bonne ou une mauvaise nouvelle, Monsieur ?

Singh se repassa le film de cette mission qui semblait avoir débuté il y a mille ans. Leur intrusion sur la base de recherche et le vaisseau stormaliens, le quasi-sabotage commis par l’Aasha sur l’un de leurs satellites relais. Il haussa les épaules.

— C’est un peu difficile à dire. En tout cas, pour le moment, ils ne nous ont pas attaqués, c’est déjà ça.

Les Officiers s’arrêtèrent à quelques mètres de Singh. L’un d’entre eux poussa quelques grognements peu aimables en fixant le Capitaine. Celui-ci soupira et secoua la tête.

— Votre brouillage de nos communications empêche notre traducteur de fonctionner.

Il y eut un long silence. Celui qui avait pris la parole releva ses babines, découvrant d’impressionnants crocs d’une blancheur impeccable. Excellente hygiène dentaire, songea Singh avec un sourire sarcastique. Puis, le Stormalien se tourna vers l’homme sur sa droite et effectua un signe de tête. Peu après, le communicateur de Singh s’activa.

— Communications partiellement rétablies, Capitaine, courte distance et ordinateur central uniquement, énonça la voix de Deepa.

— Bon, c’est mieux que rien. Ouvre les communications avec les deux autres Chefs de groupe, ordonna Singh.

Devant le regard méfiant de l’Officier stormalien, il précisa :

— Je suis Rahul Singh, le Capitaine de l’Anveshan. Vous comprendrez que j’informe mes seconds de l’évolution de la situation. Il serait regrettable qu’un incident éclate sur un malentendu.

L’homme parut hésiter, puis émit une série de grognements. Le traducteur grésilla quelques instants dans l’oreille de Singh et une voix grave s’éleva :

— Mon nom est Bumuk, Chargé de Mission sur le Vertueux, représentant ici la flotte de la Force Diplomatique stormalienne. Vous avez tout intérêt à ce qu’aucun incident ne se produise. Nous avons analysé votre force de frappe et elle est ridicule comparée à la nôtre.

Singh se lissa le bouc avec un soupir. Cela commençait plutôt mal.

— Ne vous fiez pas aux apparences. C’est lorsqu’ils n’ont plus rien à perdre que les Terriens sont les plus dangereux.

Le Stormalien plissa son museau, plus foncé que le reste de sa fourrure, et un sifflement aigu le secoua. Singh s’inquiéta un peu. Il recula d’un pas avant de comprendre que son interlocuteur riait.

— Dangereux ? Vous êtes sérieux ? Les armes que vos hommes portent sont incapables de transpercer le blindage du Vertueux, et je ne parle même pas de notre bouclier statique. Votre vaisseau est hors d’usage. Il repose sur le sable comme une huître faisandée.

4 Commentaires sur “Voici l’extrait d’Anveshan – Résolution de Sylvie Géroux

  1. Cortin Cecile says:

    C’est drôle comme une couverture peut évoquer des représentations différentes selon les personnes : moi j’ai d’abord vu un pneu géant puis une baleine. Mon épouse : un escargot puis un navire !!
    En tout cas l’extrait m’en a déjà mis plein les yeux 😊

    • Isabelle B. Price says:

      Un pneu géant ? Une baleine ? Un escargot ? Mais, mais, mais… C’est un vaisseau spatial échoué dans l’eau, ça ne ressemble pas trop à une baleine qui se promène avec un pneu sur le dos derrière un escargot 😉
      Merci pour le fou rire, Cécile, en tout cas.

      • Cortin Cecile says:

        Ben oui, Isabelle, des fois l’imagination dépasse les bornes des limites !! En tout cas j’adore ton histoire de baleine qui se prend pour un escargot, j’en ris encore! 😂… et pardon Sylvie pour ce détournement du vaisseau !🤯

  2. Maryline Franchois says:

    C’est amusant, je viens de lire les 2 premiers tomes ! Et j’apprends que le 3ème va sortir bientôt ! Quelle plaisir !
    Merci à l’auteure de nous divertir autant avec tous ces personnages plus originaux les uns que les autres !
    Trop impatiente de lire la suite !

Laisser un commentaire