Extrait de Moins seule à Deux, le premier roman de Cécile Desingues

Moins seule à deux - Image Roman de Cécile Desingues

La prochaine sortie : Moins Seule à Deux de Cécile Desingues

Comme nous vous l’avons annoncé la semaine dernière dans notre article, le premier roman de Cécile Desigues, Moins Seule à Deux, sortira le 20 février prochain. Une grande fierté pour nous ! Avec ce titre nous osons vous proposer un regard nouveau sur la période charnière entre l’adolescence et l’âge adulte. Une histoire adorable, touchante, bourrée de bienveillance et profondément positive qui vous ramènera quelques années en arrière.

Allez, avant de vous proposer l’extrait de Moins Seule à Deux, on vous offre de nouveau le résumé et la couverture. Uniquement pour les personnes qui ont raté l’information la semaine dernière. Les autres, vous avez le droit de descendre tout de suite plus bas.

Le résumé du roman Moins Seule à Deux !

Allez, avec ce résumé, vous allez retrouver la saveur des grandes vacances, celles que vous avez connues étant enfant. Certaines s’en souviennent comme si c’était hier, d’autres ont enfoui le tout bien profondément. Mais il reste cette sensation, au creux de votre corps. Oui, oui, on le sait ! Et en attendant, le résumé :

Comme tous les étés, Loïs s’ennuie. Pour passer le temps et gagner un peu d’argent en attendant la rentrée universitaire, elle travaille dans un cabinet de recouvrement. Souvent moquée pour son poids, ses cheveux roux ou sa maladresse, elle préfère la compagnie des livres aux humains, car ils lui permettent de s’évader dans des contrées lointaines.

Ines est l’exact opposé de Loïs. La fille populaire dans toute sa splendeur, belle et habituellement convoitée par une cour prête à tout pour attirer son attention. Pourtant, en ce mois de juillet, abandonnée par ses amies parties en vacances, elle partage une chose avec Loïs : sa solitude.

Loïs et Ines, c’est l’histoire de deux jeunes filles très différentes, aux vies jusqu’à présent parallèles. Le jour où leurs chemins se croisent, elles se découvrent et s’aident à grandir…

La couverture du roman

Pour celles qui, comme moi, sont nulles en puzzle, voici la couverture ! Oui, parce que j’ai beau connaître toutes les couvertures, je ne comprends pas comment vous arrivez à mettre moins de 20 minutes. Mais d’où, mais comment ? Il va me falloir une formation avec les meilleures d’entre vous, un jour !

En attendant, la voilà, cette belle plante qui pousse au cœur de la ville, à l’image de nos deux héroïnes, Loïs et Ines.

Extrait de Moins seule à deux - quête initiatique homosexualité - Cécile Desingues - Format Web

Extrait de Moins Seule à Deux, le roman de Cécile Desingues

Assises sur le canapé du salon, Loïs et Ines regardent un vieil épisode de Skam. Dix minutes plus tôt, Loïs a tenté de lancer le sujet de conversation Netflix. Ines a alors suggéré de lui montrer sa série préférée. Était-ce pour couper court à la discussion ? Loïs dissèque les hypothèses, tandis qu’Ines fixe la télévision, silencieuse. Devant elles, de jeunes garçons montent des plans afin de séduire une camarade de classe.

— La chanceuse ! commente Ines. Je te jure, Alexandre, il me pécho quand il veut !

— Ouais, grave !

Loïs a lancé ça au hasard. Elle ne sait même pas lequel est Alexandre. Ines, étonnée, lève un sourcil.

— Tiens, Loïs Garcia s’intéresse aux garçons, maintenant !

Elle ne peut empêcher le rouge de lui monter aux joues. Elle n’a jamais eu de petit ami. L’idée ne lui déplaît pas totalement : avant de dormir, elle rêve parfois d’un monde parallèle où elle vivrait une histoire d’amour incroyable avec Spider-Man – la version avec Tom Holland, bien sûr. Mais dans la vraie vie, elle ne voit pas l’intérêt de se mettre en danger et de détruire le petit univers qu’elle a créé pour un homme.

Avec Charlotte, elles s’amusent parfois à se désigner des amoureux imaginaires, pour rigoler. Pour faire leur sélection, elles se basent sur le physique ou le potentiel sympathie des garçons. Ces deux critères se combinent ou se compensent en fonction des cas. Guillaume est un peu maigre, néanmoins son air gentil lui permet d’être un crush de choix pour Loïs. Abdoulaye martyrise les enfants dans la cour de récré, mais ses talents au jujitsu lui font prendre la première place du classement de Charlotte. Il ne leur viendrait jamais à l’esprit de parler à ces garçons, de leur proposer de boire un verre ou d’aller au cinéma. De toute façon, les filles comme elles n’intéressent pas les garçons.

Le bruit d’une clé qu’on introduit dans la serrure sort Loïs de ses réflexions. Elle époussette son tee-shirt et remet sa chevelure en place.

— Ne t’inquiète pas ! la rassure Ines. C’est que ma sœur. Mimi, je suis dans le salon !

Mimi entre dans la pièce et s’adosse au mur. Tailleur bleu marine, chemise blanche et mocassins avec une chaînette dorée. Elle a l’air de revenir d’un entretien d’embauche dans une boîte branchée. Elle jette un coup d’œil à la télévision et esquisse un sourire.

— Une soirée de folie à ce que je vois !

— Parce que la tienne est mieux ? rétorque Ines.

Myriam s’approche et s’assoit à côté de Loïs. Une odeur de guimauve douce et poudrée se dégage d’elle. En plein été, la fragrance est étouffante. Loïs voudrait tourner la tête pour y échapper, mais elle est comme bloquée, le regard fixé sur Myriam. Celle-ci a le même nez long et arrondi qu’Ines, les mêmes boucles sauvages, les mêmes yeux noir profond. Ses oreilles pointent à travers la masse de sa chevelure qu’elle porte courte. Malgré sa tenue, elle est moins apprêtée que sa sœur. Pas maquillée, à peine coiffée. Elle détaille Loïs, sans gêne.

— Et elle, c’est… ? demande-t-elle.

— Une copine, complète Ines.

Loïs se sent rougir. Une copine. Myriam hausse les épaules, enlève ses mocassins et allonge ses jambes sur le canapé. Ses pieds nus effleurent Loïs. Cette dernière essaie de se concentrer sur la série, pourtant sans cesse, elle revient à ça, au contact du gros orteil à travers son jean, presque imperceptible. Elle compte le nombre de fois où il la touche, une, deux, trois, en rythme. Puis, la pression devient constante, appuyée. Loïs sent son estomac se serrer, ses poumons se contracter. À part ses parents et Lottie, elle ne se souvient pas avoir déjà eu un tel contact physique avec quelqu’un.

Elle se tourne vers Myriam. Celle-ci a sorti de quelque part un énorme roman. Belle du seigneur. Sur la couverture, le buste d’une femme mate, les cheveux bruns, nue. La pénombre masque ses traits, mais elle doit être jolie. L’auteur est un homme, Albert Cohen. C’est peut-être une histoire d’amour. En tout cas, ce n’est pas du fantastique, même si l’ouvrage est aussi gros que l’intégral du Prieuré de l’oranger. D’après le nombre de pages tournées, Myriam en a lu la moitié.

Dans sa poche, le portable de Loïs vibre. Un SMS de sa mère lui demande où elle est et si elle rentre dîner. Elle soupire.

— Y a un problème ? interroge Ines.

— Non, mais faut que je rentre !

Loïs se lève et se dirige vers l’entrée.

— À la prochaine, alors ! lui lance Myriam, en la regardant par-dessus son livre.

Loïs hoche la tête et salue les deux filles de la main. Sur le chemin qui la ramène à la maison, elle marche lentement et déroule le fil de la soirée. Elle est incapable de savoir si elle a été un sujet de moquerie, un passe-temps ou une nouvelle amie pour les sœurs. Quand elles se sont retrouvées toutes les deux après le départ de Loïs, ont-elles ri de ses réponses maladroites et de son physique imparfait ? Apporter ce chargeur à Ines était une folie. Loïs a réussi à traverser les années lycée incognito, sans se faire remarquer. Pourquoi commencer à prendre des risques aujourd’hui ?

Pourtant, elle rêve déjà de leur prochaine rencontre. Elle est allée chez Ines, la fille la plus populaire de toutes les Terminales ! Elles se sont assises sur son canapé et ont commenté le physique d’un garçon, comme deux copines à la sortie des cours. Et elle a même croisé sa sœur. Au souvenir de Myriam, elle a l’impression de sentir l’odeur de la guimauve. Subitement, elle meurt de chaud.

Arrivée chez elle, elle mange en vitesse avec sa mère, avant de se faire couler un bain tiède. Elle y plonge d’un coup. La mousse recouvre la surface et l’empêche de voir sa silhouette. Petit à petit, sa peau devient flasque, molle. Le bout de ses doigts se fripe. Elle se détend. Rêve qu’une main parcourt son corps. Elle met la tête sous l’eau pour ne plus rien entendre, gênée par ses propres pensées. Quand elle émerge, elle a une envie folle de raconter à Lottie sa soirée et d’en rire avec elle. Elle saisit son téléphone. À peine Charlotte lui répond qu’elle sourit. Elle lui a tant manqué. Loïs lui décrit sa soirée. Son amie n’en croit pas ses oreilles.

— Notre Ines ? Ines Hachim ? La meuf la plus hautaine de tout le lycée ?

— Arrête, t’exagère ! Elle est plutôt sympa en vrai. Drôle, simple.

— Tu rigoles ! À part de la couleur de son rouge à lèvres, vous avez parlé de quoi ? C’est la reine des abeilles, cette fille. Elle a juste à faire bzzzz, bzzz… Et tous les mecs rappliquent !

— Au contraire, je trouve qu’elle ne se prend pas au sérieux.

— J’attends de voir ! Si on m’avait dit qu’à mon retour tu serais devenue la meilleure amie d’Ines Hachim… Belle performance, bravo !

— Meilleure amie, tu t’avances ! C’était un one-shot, cette histoire.

— Tu ne vas pas lui proposer de vous recaler un truc ?

— Tu délires ? Je me suis humiliée une fois, pas deux. Non, elle ne la recontactera pas. C’était une journée improbable, insolite, mais unique. Désormais, l’été reprendra son cours prévisible, jusqu’à la rentrée.

Un commentaire sur “Extrait de Moins seule à Deux, le premier roman de Cécile Desingues

  1. Cortin Cecile says:

    Pour moi, la couverture évoque la force de la nature, illimitée et indomptable.
    L’extrait, sensible et énigmatique suggère l’éclosion se sa vraie nature à une période clé de l’adolescence.
    Ma curiosité est à son paroxysme 😊

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