Les Portes d’Ys [Nouvelle] : Interview de l’auteure Fanny Mertz

Les Portes d’Ys [Nouvelle] : Interview de l’auteure Fanny Mertz

Bonjour Fanny, peux-tu nous présenter ta nouvelle Les Portes d’Ys ?

C’est une histoire qui appartient à mon avis à deux genres que les Reines de Cœur aiment bien mélanger : la romance et le fantastique.

Après avoir découvert un objet étrange une jeune femme commence à faire des rêves obsédants, qui peu à peu bouleversent sa vie. Naturellement elle cherchera à comprendre ce qui lui arrive. Commence alors pour elle une quête de vérité qui la mènera bien plus loin que tout ce qu’elle aurait pu imaginer !

Quand et comment est née l’idée de cette histoire ?

J’ai écrit une première version de cette nouvelle il y a des années. Pour un concours dont le thème était : « fétiches, gris-gris et porte-bonheurs » . A l’époque, je me suis mise en quête d’un objet qui serait le point de départ de mon histoire et après quelques vagabondages sur internet, je suis tombée sur le triskèle, le symbole de la Bretagne. A partir de là, je ne me souviens plus du cheminement qui a suivi. Quoiqu’il en soit, l’histoire était beaucoup plus courte, elle ne faisait que quelques pages. La nouvelle a été retenue et publiée, dans sa version XXS donc…

Peut-être parce que c’était un de mes premiers texte publié, je crois avoir toujours gardé un faible pour cette histoire ; il y a des écrits comme ça, dont on a du mal à se détacher, des personnages qu’on a du mal à quitter. Du coup quand le sujet de ce nouveau concours m’a été proposé, « Faites nous rêver », je n’ai pas hésité longtemps, j’avais envie de retrouver cette histoire, comme on aime à revoir une vieille amie !

Comment l’as-tu fait évoluer pour la publier aujourd’hui ?

Ça a été assez facile, j’avais la trame, la chute, tout était en place, le plus dur était fait ! Ce n’est pas toujours évident de faire retomber une histoire sur ses pattes. Là je ne me suis posé aucune question, je n’avais qu’à regarder faire mon personnage…

Pour être honnête c’est de loin ce que je préfère, ce moment où le scénario est arrêté et où il n’y a plus qu’à raconter. Surtout que cette fois j’ai pu m’épancher, relater en détails les émotions, les personnages, les paysages. J’ai toujours pensé que cette histoire méritait plus que ce que je lui avais donné la première fois !

Dans Les Portes d’Ys, la Bretagne et ses légendes sont au cœur de l’histoire. Pourquoi ce choix ?

Parce que j’adore la Bretagne bien sûr…(Bon là, faut que je vous avoue, j’ai pas le choix, je risque des représailles conjugales si je prétends le contraire…Non vraiment, je déconne pas, le breton est ombrageux, alors la bretonne, pensez !)

Donc j’adooore la Bretagne, les crêpes avec juste ce qu’il faut de beurre, le cidre pas du tout râpeux, la mer démontée magnifique et passer le mois d’août sous un ciré sous un soleil resplendissant !

Et pour ce qui est des légendes, depuis l’enfance j’en ai toujours raffolé : petite, j’ai aimé les écouter, plus tard j’ai aimé en lire à mes enfants, alors forcément, une légende bretonne, je ne pouvais que craquer !

Tu décris avec justesse le concept de renaissance. Comment cela s’est-il mis en place ?

Dans ce genre d’interview, il y a toujours la question où on sèche…celle qu’on laisse de côté en se disant qu’on y reviendra plus tard…

Du coup, ça y est, on est plus tard ….et je n’ai toujours pas de réponse !

La seule chose qui me vient, c’est que je n’ai rien cherché à expliquer, car pour ma part, je ne pense pas qu’on puisse renaître, je suis quelqu’un de plutôt terre à terre et à moins qu’on ne me démontre le contraire, je vais en rester à un postulat rationnel : on n’a malheureusement qu’une seule vie… ( mais ce n’est déjà pas si mal ! )

C’est peut-être pour ça que mon propos paraît juste, parce que j’invente, je raconte une histoire. Dans une histoire, la véracité importe souvent moins que la vraisemblance, les histoires les plus crédibles sont le plus souvent des inventions, alors que la réalité est parfois incroyable !

Sans trop en dire, il est un peu question de réincarnation et d’amour éternel dans cette nouvelle, non ?

Du coup est-ce que je peux en dire plus ? Effectivement il sera question de réincarnation et d’un amour qui traverse le temps. Mais dans les légendes c’est comme ça qu’on nous l’a vendu, non ? « Ils vécurent heureux et s’aimèrent pour toujours, et bla et bla et bla ».

Y’a pas de raisons que ça ne marche plus si on remplace « ils » par « elles », qu’est-ce que vous en pensez ?

Dans tes œuvres, tu aimes prendre pour point de départ la réalité tout en réinventant ensuite les histoires. Peux-tu nous dire pourquoi ?

J’aime ce rapport à la vraie vie, ce moment où on se demande si l’histoire ne pourrait pas être plus « vraie » que la réalité ! C’est une position dérangeante pour le lecteur et jubilatoire pour l’auteur.

Ce que j’aime par-dessus tout, c’est lorsque un aspect de la réalité que je n’avais pas envisagé au départ s’invite dans mon histoire et y trouve sa place, tout naturellement. Comme la dernière pièce d’un puzzle qui s’emboîte toute seule, juste une pichenette et paf, c’est en place…Il y a eu des moments comme ça quand j’ai écrit Ys et j’en suis venue penser que ma vision de la légende pourrait être la véritable version !

Mais là, malédiction, il faudrait que je revois mes croyances en matière de réincarnation et tout le fourbi, non franchement, je n’ai pas le courage, je vais en rester à l’histoire officielle !

Qu’est-ce que tu as préféré écrire dans cette nouvelle ?

La métamorphose de mon héroïne, ses sentiments, ses doutes, ses angoisses, sa découverte du sentiment amoureux… C’était un moment d’écriture très agréable. J’ai bien aimé décrire les paysages aussi, forcément, j’adooore la Bretagne, vous vous souvenez ?

Qu’aimerais-tu que les lectrices retiennent de leur lecture Des Portes d’Ys ?

Qu’en Bretagne les crêpes sont juste beurrées comme il faut, la mer magnifique et le soleil resplendissant ! (Je sais, je me répète, mais chut ! Pendant ce temps là, je marque des points à la maison moi…)

Sinon juste un mot, ou plutôt un avertissement, pour celles ou ceux d’entre vous qui seraient tentés de croire que cette histoire n’en est pas une : je vous arrête tout de suite ! Je me rends bien compte qu’on aurait envie que ce soit vrai, mais arrêtez de fantasmer, je vous promets que j’ai tout inventé.

Ou alors ….quelqu’un me l’aurait soufflé dans mon sommeil ?

Non, non, parce que si c’est le cas on en revient à ce truc de réincarnation, du coup moi pour rattraper le coup, je vais devoir faire un stage de bachotage en Inde et je ne supporte pas les épices ! En plus, franchement ça ne m’arrange pas, j’ai prévu des vacances en Bretagne, enfin, on a prévu pour moi des vacances en Bretagne…

N’insistez pas, c’est non ! J’ai tout inventé, point barre.

Que peut-on te souhaiter pour l’avenir ?

Des journées de 48h ? Ça serait bien si vous pouviez…Même 36h je prends !

Comme ça,… voyons voir, je termine ce que je suis en train d’écrire, je m’attaque à la correction d’un pavé que j’ai déjà écrit et qui me lorgne d’un œil narquois posé dans un coin (je déteste qu’un bouquin me regarde comme ça !), et je commence celui qui est encore dans ma tête.

Finalement peut-être que dans une deuxième vie ?

Ah non, c’est vrai, on a dit non ! N’insistez pas bon sang !

Fanny Mertz interview de la romancière

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