Interview Sortie de Clémence Albérie, auteure de 6h22 Place 108

Clémence Albérie

À l’occasion de la sortie du premier roman de Clémence Albérie, nous lui avons posé des questions sur son travail, ses idées, ses inspirations, et surtout, son livre 6h22 Place 108 !

À quel âge as-tu débuté l’écriture ? Peux-tu nous parler d’un fait marquant à ce sujet ?

Depuis toute petite, je ne sais pas exactement l’âge, mais quand j’avais 7-8 ans je crois, j’écrivais un recueil de poésies. J’aurai bien honte de le ressortir aujourd’hui, mais je pense que ça a démarré à cet âge-là.

Un fait marquant… Quand j’avais 17 ans, je n’avais de cesse de dire à ma famille proche que je voulais écrire un livre. J’en avais débuté un sacré nombre puis je m’éparpillais et ne finissais rien. Un jour ma mère m’a dit que vouloir écrire okay, c’est bien, mais qu’avant de se vouloir écrivain il faut déjà avoir la rigueur de finir ce que l’on commence. J’ai beaucoup réfléchi à cette phrase et je me suis rendue compte que si je n’arrivais jamais au bout de mes projets, c’est parce que j’écrivais sur des thèmes qui ne me correspondaient pas. J’ai réfléchi à ce que je voulais vraiment écrire, j’ai commencé à réaliser que les personnages que j’aimais faire vivre étaient des couples de femmes. Quand je me suis ensuite lancée à nouveau dans un roman, ça a été pour le finir, plus question de faire à moitié, et plus question de ne pas me reconnaître dans ce que j’écrivais.

As-tu toujours rêvé d’écrire un livre ? Quel est ton premier souvenir à propos de l’un de tes romans ?

Je pense oui. Je me souviens d’un roman que j’avais commencé et dans lequel l’héroïne commençait une idylle avec un homme qui l’aidait dans son enquête. À chaque fois que je me mettais à écrire, tout m’agaçait, car je n’arrêtais pas de me demander ce qu’elle pouvait bien trouver à ce mec-là. Inconsciemment, en écrivant, je la faisais toujours aller vers une de ses collègues féminines, c’était plus fort que moi. L’écriture a vraiment été un exutoire et un moyen de m’aider à mieux me comprendre moi-même.

Peux-tu nous parler de ton livre ? Comment est née l’idée ? Qu’est-ce qui t’a inspirée ?

Mon livre… Mon premier bébé… La prunelle de mes yeux… Et encore j’exagère à peine ! L’idée est née… Dans un train… Comme c’est étrange me direz-vous ! J’écoutais la version piano de La Valse de Yann Tiersen, et au fil de la musique, j’ai imaginé l’interaction entre deux femmes se disputant dans un train. Pourquoi le huis clos dans le train ? Je pense que j’ai aimé la dynamique que cela donne à l’histoire dans un premier temps. Comment un simple train peut-il être le témoin d’une histoire qui se crée et se tisse au fil de trajets quotidiens ?

Comment en es-tu arrivée à ce titre ?

Ma sœur [rires]. Je cherchais un titre bref et direct, je voulais qu’il porte la dimension du train, des trajets. On cherchait ensemble elle et moi et au bout d’un moment elle m’a sorti ça et ça a fait tilt, je voulais ce titre !

Comment est venue l’idée de faire se dérouler une grande partie de ton histoire dans le train ? Pourquoi ce moyen de transport ?

Il faut savoir que je prends moi-même ÉNORMÉMENT le train. J’ai assisté à plein de choses dans des trains, et c’est là que j’ai commencé à me dire que toute une histoire pouvait s’y dérouler. J’aimais la dynamique que ça me permettait d’exploiter le rythme des allers et retours, toujours à la même place…

L’un de tes personnages n’a jamais eu de liaison avec une femme. Ces notions de découverte et d’apprentissage te tenaient à cœur ?

Oh que oui ! C’est vraiment quelque chose qui me tient particulièrement à cœur et que je pense sincèrement que je la traiterai à nouveau si l’occasion se présente sur un autre roman. C’est quelque chose de si complexe et de si personnel, un cheminement de l’esprit totalement déroutant et effrayant, mais paradoxalement très euphorisant aussi parfois. Il m’est venu naturellement de traiter de toutes ces notions, comme s’il ne pouvait pas en être autrement pour mon personnage.

Pourquoi avoir choisi de resituer l’histoire en France et plus particulièrement en banlieue parisienne alors qu’au départ elle se déroulait aux États-Unis ?

Parce que j’aime beaucoup mon pays, et à choisir une ville française, j’avais envie d’utiliser notre belle capitale. Par rapport à l’histoire, le contexte, mes personnages, leurs vies, la dynamique entre elles… Je ne sais pas, Paris me semblait un bon choix. C’est une belle ville où je vais souvent, ma sœur y habitant, ça me plaisait d’en faire le théâtre de mon premier roman. Pour les prochains romans que j’écrirai, pour moi ou pour publication, je pense déjà à Albi, Toulouse, Bordeaux, trois villes qui me tiennent à cœur !

Est-ce qu’il y a un passage en particulier que tu as adoré écrire ?

Un seul ??? Aie aie dur dur ça… Si je devais vraiment en choisir un… ça serait peut être celui où Andréa joue pour la première fois pour Gaëlle. Le discours qu’elle fait au fil des notes, c’est comme ça que l’histoire est née dans ma tête en écoutant la version piano de la Valse de Yann Tiersen. La façon dont elle superpose l’histoire et la musique, c’est très précisément comme ça que j’ai imaginé l’histoire au fil des notes que j’entendais. Ça a donc été très intense pour moi de l’écrire.

Qu’est-ce que tu aimerais que les lectrices retiennent de ton roman ?

Qu’elles ont passé un bon moment, tout simplement. Je n’ai pas la prétention de faire passer de forts messages dans mon roman, si mes lectrices finissent le livre en se disant *Ahh qu’elle était sympa cette histoire* je serai la fille la plus heureuse du monde.

Après s’il y avait vraiment une chose que j’aimerais transmettre, c’est que quand l’amour entre dans vos vies, laissez-le entrer, ne vous en privez pas quoi qu’il arrive, ça peut vraiment en valoir la peine.

As-tu d’autres projets de livre ?

DES TONNES ! D’ailleurs les filles faut qu’on parle [rires]. Très sérieusement j’ai de nombreux projets, plein d’idées dans mon petit crâne à l’imagination supra-fertile. Je suis sur le retravail d’un second roman dont le premier jet est terminé, et l’écriture d’un autre. J’en ai un quatrième sur lequel je fais une prise de note régulière pour ne rien oublier de mes idées, mais j’essaie de me consacrer aux deux autres avant de sérieusement m’atteler à celui-là.

D’autres choses à dire ? Un mot à tes lectrices ?

Merci à Edwine, Isabelle et Gaëlle pour cette folle aventure que vous me permettez de vivre. Vous êtes un trio génial de femmes talentueuses et passionnées, c’est un bonheur d’être à vos côtés en temps qu’écrivain R2C.

Pour mes lectrices, parce que sans vous, être écrivain ne veut rien dire, je vous souhaite une bonne lecture. J’espère que vous prendrez autant de plaisir à lire que j’en ai pris à écrire.

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