Ophélie Hervet : Interview décalée de l’autrice de Nuits Blanches

Ophélie Hervet : Interview décalée de l’autrice de Nuits Blanches

Comment décrirais-tu ton tempérament ?

Renfermée ? Asociale ?

Il y a pas mal d’Aurore en moi, en fait. Comme elle, j’ai une fâcheuse tendance à plonger la tête la première dans ma passion et à oublier de remonter respirer. Et comme elle, j’aime les plaisirs simples : manger, danser, discuter avec des amis, et je déteste la foule et les mondanités.

As-tu un défaut ou une qualité que tu veux partager avec nous et tes lectrices et lecteurs ?

J’héberge un certain nombre de personnages dans ma tête en permanence. L’avantage, c’est que je ne m’ennuie jamais, et qu’il y en a souvent un qui a la réponse lorsque je me pose une question. Sauf que parfois, il ne veut pas me le dire…

Quelle est ta devise ?

« Quand on veut, on peut. » C’est la première chose qui me vient, et je la tiens sans doute de ma mère. Même si je réalise désormais à quel point ces mots sont validistes et problématiques, je sais qu’ils m’ont apporté une forme d’audace et de confiance en moi sans laquelle je n’en serais peut-être pas là aujourd’hui.

Ces dernières années, j’essaye cependant de plus me rapprocher de « Connais-toi toi-même. » pour cesser de me faire violence. Le chemin est encore long.

À quelle époque aurais-tu aimé naître ?

La mienne ? Très franchement, je n’ai jamais été passionnée par l’histoire. Je n’ai pas de nostalgie particulière pour les époques révolues et j’apprécie à sa très juste valeur la technologie qui me permet de socialiser par écran interposé sans sortir de chez moi.

Quant-à l’avenir, je préfère attendre de voir ce qu’il va donner. Une part de moi est terrifiée par ce qu’il se déroule en ce moment et le chemin que nous empruntons, bien trop proche de celui qui a donné naissance au monde de Nuits Blanches. Une autre part veut toujours croire qu’un avenir meilleur, apaisé et tolérant est possible. Si c’est le cas, il se construit aujourd’hui et j’essaye d’y participer à mon échelle.

Si tu étais un livre, lequel serais-tu ? (Tu as le choix entre un genre littéraire, un titre en particulier…)

Je crois que je serais un voyage initiatique. Sans sortir de chez moi. Ça va être compliqué, je sais. Mais le côté évolution et travail sur soi-même me parle énormément. C’est d’ailleurs un des domaines que j’explore dans mon blog : la quête identitaire, la diversité, l’acceptation de soi et les pratiques qui la favorisent.

Il ne faut juste pas me demander de faire tour opérator, je ne suis pas assez organisée.

Si tu étais une heure de la journée, laquelle serais-tu ? Et surtout, pourquoi ?!

Vingt-trois heures.

Vingt-trois heures, c’est l’heure à laquelle je lis sous ma couette. Celle à laquelle je m’éclipse en soirée pour rentrer seule chez moi en savourant le décor d’un centre-ville obscur pas encore désert, mais plus vraiment animé. Celle où je suis bien, où je n’ai plus besoin d’être productive, mais où je ne suis pas encore complètement dans le coaltar (en général).

Écoutes-tu de la musique quand tu écris, et si oui, pourrais-tu nous en dire un peu plus ?

Eh bien, non. En réalité, la musique a plutôt tendance à me déconcentrer que l’inverse. J’ai plutôt tendance à écrire dans le silence.

Quand j’ai besoin d’un fond sonore pour me couper de mon environnement, je vais plutôt utiliser des générateurs de son comme MyNoise. Les bruits de pluie d’orage et de pas dans la neige sont mes chouchous toute catégorie confondue ! Ce qui est très bien quand j’écris un western glacé, mais beaucoup moins pratique pour les régions chaudes.

À quelle période de la journée écris-tu ? As-tu un lieu de prédilection ?

J’écris le plus souvent sur mon ordinateur, installée sur le lit de la chambre d’ami. L’usage de mon bureau m’a filé une tendinite, parce que j’étais incapable de me tenir correctement !

Pour les heures, c’est assez variable. Certains textes (oui Jours Rouges, c’est toi que je regarde) me demandent beaucoup de concentration et s’écrivent plutôt le matin ou en début d’après-midi. D’autres coulent tous seuls à n’importe quelle heure pour peu que je n’aie pas une journée de boulot dans les pattes. Le gros avantage de travailler à mi-temps et d’avoir du temps pour moi en cours de semaine !

Ophélie Hervet interview décalée

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