Pour de Faux : Interview de l’auteure Marie Parson

Pour de Faux : Interview de l’auteure Marie Parson

Bonjour, Marie, peux-tu nous parler de ta nouvelle Pour de Faux ?

Bonjour, Pour de Faux est une nouvelle que je voulais un peu dans la même veine que le roman que je suis en train d’écrire, et sur lequel je n’avance pas aussi vite que je l’avais imaginé. C’est-à-dire qu’un mensonge pousse deux femmes à se faire passer pour un couple. Ici, deux femmes qui s’apprécient, travaillent ensemble et se connaissent depuis des années.

Raven va faire croire à sa mère qu’elle vit une belle romance avec Melissa, sa patronne, directrice de l’agence immobilière Vance Immobilier où elle travaille. L’idée leur a été soufflée par la fille de Melissa qui a huit ans. Et quand une enfant vous souffle de mentir, normalement, en tant qu’adulte, on devrait lui dire « non ». Mais, mes héroïnes ont choisi de répondre « oui ».

Pour que sa mère arrête de se mêler de sa vie sentimentale, Raven va donc lui faire croire qu’elle est en couple. Mais ce n’est pas vrai. Et il va falloir rendre le mensonge crédible [rires].

Peux-tu nous dire d’où vient le titre ?

Oh il ne vient pas de loin. C’est la reprise de la déclaration de Jenna, la fille de Melissa. Quand les deux adultes lui expliquent leur problème, elle a une réaction très juvénile et explique qu’à l’école elle fait « pour de faux » avec un de ses amis.

C’est le concept de départ. Montrer que quelque chose de très enfantin peut atteindre des adultes de manière très importante. Là, quelque chose qui ressemble à un jeu va bouleverser une relation jusque-là purement amicale.

Il y a énormément d’humour dans Pour de Faux, c’était un souhait dès le départ ?

Oui, j’aime mettre de l’humour dans mes écrits. Je crois que ne me pose pas vraiment la question au début, mais ici le sujet pousse à la plaisanterie. D’ailleurs, même si elle est adulte, Raven a gardé son âme d’enfant. J’explique qu’elle se sent plus à l’aise avec les « petits » qu’avec leurs parents. Il était donc naturel que ce trait de caractère influence ceux et surtout celles qui l’entourent, en l’occurrence Melissa.

Parce que c’est Melissa, censée être la voie de la sagesse, qui va commencer et lui lancer un défi que la jeune femme sera incapable de refuser. Et puis ça va être l’escalade…

Ton histoire se déroule une nouvelle fois aux États-Unis, pourquoi ?

Parce que je n’y suis jamais allée et que je rêve de découvrir ce pays. Alors je fais ça l’air de rien, quand je suis amenée à faire des recherches sur les villes où je place mes histoires. Cette fois-ci, c’est New York.

Et puis en toute sincérité, je trouve que le dépaysement fonctionne encore plus quand l’histoire coupe vraiment avec les villes que je connais. Il y a un petit côté évasion qui vient moins facilement pour moi quand l’histoire se déroule dans un pays que je connais avec un métier que mes amis exercent par exemple.

Raven est d’origine mexicaine et Melissa réalise qu’elle ignorait totalement cette partie de la vie de son employée. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Il fallait bien que Melissa découvre quelque chose sur Raven, non ? [rires] Plus sérieusement, dans l’histoire Melissa sait que Raven a une mère d’origine mexicaine. Mais la jeune femme est tellement secrète sur sa famille qu’elle ne mentionne jamais sa génitrice. Donc j’ai utilisé ce concept pour montrer qu’il était plus facile pour Raven de parler de sa vie sexuelle que de ses racines.

Raven n’a aucun problème à aborder son homosexualité, mais dès qu’il est question de sa famille, c’est plus difficile. Vous comprendrez pourquoi à la fin de l’histoire, normalement.

Pour de Faux reprend tous les codes du genre sauf un. Melissa et Raven ne se disent jamais qu’elles s’aiment. Même à la fin. Pourquoi ?

Parce qu’elles n’ont pas besoin de se le dire, elles se le montrent tous les jours dans leurs gestes, leurs attitudes, leurs discussions.

Cette histoire est aussi basée sur le déni de mes deux héroïnes. Elles vivent ce qu’elles considèrent comme une amitié très forte. Il faut un mensonge et une violente dispute pour leur ouvrir les yeux. Mais au final elles réalisent qu’elles s’aiment depuis toujours. En fait, elles n’avaient pas vraiment besoin de se le dire, tout le monde avait compris et savait. Elles ont juste été les plus longues à comprendre et à accepter [rires].

Qu’aimerais-tu que les lectrices retiennent de ta nouvelle ?

Je veux juste qu’elles passent un bon moment. L’objectif était simplement pour moi d’offrir une histoire légère et positive. J’aime l’idée que les lecteurs puissent s’évader du quotidien. Si une seule personne oublie ses problèmes l’espace d’un instant à cause ou plutôt grâce à la lecture de Pour de Faux, je serai heureuse.

La lecture a toujours eu cet impact chez moi. Alors réussir à faire de même ce serait la plus belle de toutes les récompenses.

Que peut-on te souhaiter pour l’avenir ?

Finir mon roman ! Achever les travaux de ma maison et ensuite avoir l’esprit suffisamment tranquille pour me remettre à l’écriture de cette histoire. Le pire c’est que j’ai vraiment avancé ! Finir cette année serait fantastique.

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