Pourquoi R2C ne publie que des livres lesbiens qui finissent bien ?

Dans le paysage de la littérature lesbienne, notre objectif se distingue par une mission claire : offrir des histoires où l’amour triomphe. Des histoires où les défis sont surmontés et où les fins heureuses ne sont pas seulement possibles, mais essentielles. Cet engagement trouve ses racines dans une volonté de dépasser les récits tragiques qui ont longtemps dominé les représentations des lesbiennes dans la culture mainstream. Notamment au cinéma, à la télévision et dans la littérature. Voici pourquoi nous mettons un point d’honneur à proposer des livres lesbiens qui finissent bien.

Dédramatiser et s’éloigner du pathos

C’est bien connu, les romances lesbiennes ont, pendant trop longtemps, été synonymes de destins tragiques et de cœurs brisés. Alors oui, les drames ont aussi leur place et peuvent offrir des catharsis puissantes. Après tout, qui n’aime pas avoir sa dose de mélancolie devant le film culte Portrait de la jeune fille en feu ? Mais chez R2C on préfère quand même se divertir autrement qu’en vidant des boîtes de mouchoirs.

Nous aspirons à offrir une représentation positive et optimiste. Et pourquoi pas de la légèreté ? En tout cas, un refuge où l’amour ne rime pas avec sacrifice ou douleur, mais avec espoir et bonheur.

Des livres lesbiens qui finissent bien : un acte de résistance

Pour nous, proposer des livres lesbiens qui finissent bien n’est pas simplement une préférence stylistique. Cela incarne un véritable acte de résistance. Non, le mot n’est pas trop fort. Dans un contexte où l’existence lesbienne est encore trop souvent marginalisée ou stigmatisée, ce choix fait d’autant plus sens. En effet, proposer des histoires couronnées de bonheur et d’amour pour les personnages lesbiens et bisexuels (voire LGBTQIA+ de manière plus large) est notre façon de contester face à une société encore hésitante sur le sujet.

Ainsi, en choisissant délibérément ces conclusions optimistes, nous souhaitons participer activement à la réécriture des narratives sociales. D’une certaine manière, nous bravons les défis de visibilité pour une normalisation de notre représentation. Souligner que l’amour est légitime, mais aussi source de joie et de résilience est pour nous la meilleure des façons.

Refus du trope « Bury Your Gays »

Nous avons en horreur le trope « bury yours gays« . Vous savez, cette tendance répandue dans les récits de fiction où les personnages LGBTQ+ sont disproportionnellement victimes de fins tragiques. La balle perdue étant élue méthode de prédilection (Tara dans Buffy contre les Vampires, Lexa dans Les 100 pour les plus marquantes et bien d’autres encore…).

Pour nous, cette pratique, perpétue une vision négative et stéréotypée des vies queer, mais elle prive également les spectateurs et lecteurs LGBTQ+ de représentations positives et d’histoires où ils peuvent se voir non seulement survivre, mais prospérer.

Ainsi, nous refusons catégoriquement de perpétuer ce schéma où les personnages homosexuels sont systématiquement condamnés à des fins malheureuses. C’est une question de principe : nos histoires visent à guérir, à inspirer, plutôt qu’à rouvrir d’anciennes blessures. Bon d’accord, nous sommes encore traumatisées par la mort de Tara dans Buffy contre les Vampires, 25 ans après. Oui, c’est long, mais sans jugement s’il vous plaît.

Face aux critiques : l’importance des livres lesbiens qui finissent bien

Certes, on peut critiquer les fins heureuses pour leur manque de réalisme ou leur simplification des relations et des défis de la vie. Cependant, nous affirmons l’importance cruciale de ces happy endings. Elles offrent espoir et évasion, tout en renforçant l’idée d’un bonheur accessible, même dans un monde imparfait. Elles inspirent, rappelant que tout amour, sous toutes ses formes, mérite d’être célébré. Et c’est là toute leur beauté !

La diversité des happy endings dans nos romans

Enfin, il est essentiel de souligner que nos happy endings ne sont pas monolithiques. Elles reflètent la richesse et la complexité des expériences humaines, offrant un éventail de conclusions joyeuses qui vont bien au-delà du traditionnel « elles vécurent heureuses et eurent beaucoup d’enfants ».

D’ailleurs, il est intéressant de noter que seulement cinq de nos titres se concluent par une demande en mariage, au grand dam d’Isabelle. Oui, nous avons pris le temps de compter. Ce fut même la source d’une considération très sérieuse. Après, il est vrai que plusieurs de nos épilogues mettent en scène mariage et maternité. Mais que voulez-vous, nous sommes des bisounours qui apprécient les conclusions douces et réconfortantes.

Nous tenons à rassurer nos lectrices : notre amour pour ce type de fins ne nous empêche pas d’innover et de proposer des dénouements variés. De la réalisation personnelle à l’aventure partagée, en passant par l’acceptation de soi et le dépassement des obstacles… Il y en a pour tous les goûts !

En conclusion

Nous vous proposons 5 romans avec différents types de dynamiques pour une happy ending réussie.

Blood Moon – L’éveil d’Axelle Law

Une vampire sans cœur rencontre une lycan maudite et solitaire. Au lieu de s’affronter ces deux femmes s’entraident et découvrent bientôt que leurs destins sont liés…

Un Risque à Prendre de Marie Parson

Une médecin tombe sous le charme d’une statisticienne croisée dans un couloir de l’hôpital où elle travaille. Mais rien n’est simple dans cet univers et son passé pourrait nuire à son futur bonheur…

Cible de Véronique Bréger

Une tueuse à gages se retrouve contrainte de protéger celle qui devait être sa cible. Poursuivies par un homme prêt à tout pour les supprimer, les deux femmes vont fuir à travers plusieurs pays afin de garder la vie sauve…

Et par le Sang les Lier de Isabelle Valat

Après avoir tué un vampire esclavagiste, une puissante vampire se retrouve à prendre soin de la dernière victime de ce dernier sans comprendre les raisons qui la poussent à agir…

3 Commentaires sur “Pourquoi R2C ne publie que des livres lesbiens qui finissent bien ?

  1. picard carole says:

    Moi, j’aime vos happy end, c’est d’ailleurs pour ça que vous êtes mes éditions préférées, maintenant quand j’attaque un livre lesbien, je lis la dernière page en premier, si ça se finit mal, je ne le lis pas. Alors, continuez ainsi !

  2. Cortin Cecile says:

    C’est hyper important de lire des conclusions optimistes et positives car cela aide à lutter contre le stress minoritaire (pour moi, au travail où certaines réflexions discriminatoires me font bouillir !!)
    Alors merci les Reines pour les histoires et happy end qui nous donnent le sourire au quotidien et réchauffent nos cœurs
    Et merci Héloïse pour cet article 💖💖💖

  3. Camille Chinchilla says:

    Je suis tombée dans le bouillon de lectures de R2C par hasard.
    J’y suis revenue à maintes reprises par envie.
    J’aime à m’abreuver de ces romances qui finissent bien.
    Dans chacune de près ou de loin j’y trouve ou j’y picore des bouts de ma vie.
    À chaque fois que j’entre dans l’espace de R2C, c’est comme être dans la carte des menus d’un restaurant. Je sais déjà le dessert en notes de fin heureuse et du coup c’est plutôt le chemin par lequel je vais y aller qui attise ma convoitise.
    Au diable la critique qui ne supporte pas le bonheur et s’engaillardie du malheur. Ici je viens chercher l’ivresse subtile et silencieuse de la lecture comme un autre stimulant à l’envie.
    J’ai particulièrement aimé Popcorn Love et je me suis retrouvée en partie dans Écrire pour guérir.
    Bon je cesse là mon bavardage pour me plonger dans Prends ma main. Je compte sur vous pour que le menu en soit une délectation.

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