Un bon livre lesbien, qu’est-ce que c’est ?

Un bon livre lesbien

Définir ce qui fait un bon livre lesbien est toujours compliqué. On peut parfois même penser que c’est impossible. Et non, nous n’allons pas nous attarder sur la question du bac de philosophie : “Existe-t-il un bon type et un mauvais type de livre lesbien ?” Vous n’avez pas quatre heures de dissertation et nous n’allons pas rentrer dans ce type de considération.

Pourtant, quelque part, c’est notre travail de reconnaître les éléments qui font qu’une histoire sort de l’ordinaire. Et nous ne nous basons pas uniquement sur un ressenti subjectif. Des indicateurs clairs nous aident à dénicher LE livre lesbien qui saura vous séduire.

Voici un petit tour d’horizon rapide des ingrédients qui créent, pour nous, un bon livre lesbien.

Un bon livre lesbien : La question de l’identification

Les personnages sont la base d’un livre lesbien. D’un livre tout court, me direz-vous et oui, vous avez raison.

Les personnages doivent être complexes, à multiples facettes. Un personnage trop parfait ne va pas créer d’adhérence auprès des lectrices ou lecteurs. A ce titre, nous avions fait un article assez intéressant sur le concept de Mary Sue, ce personnage parfait inintéressant.

Parce que ce qui captive, c’est l’humanité, le meilleur comme le pire, des héroïnes. Vous avez craqué pour la mauvaise foi de Gaëlle dans 6h22 Place 108. Obligé. Parce que non, cette place n’était pas la sienne, nous sommes bien d’accord. Pareil pour la maladresse d’Alexia dans Seconde Chance. Si vous ne vous êtes peut-être jamais coupé le doigt avec un couteau à beurre, vous avez certainement cassé un objet, au moins une fois dans votre vie. Et qui ne s’est jamais fait gronder par ses parents comme Katherine, au début de Mascarade ?

Ces défauts sont marquants, mais il y a aussi les qualités. Si Heather est têtue, elle est aussi végétarienne. Dans Blood Moon, un livre sur les vampires et les louves-garous… C’était osé. Dextra sait dire non et mettre un terme à ses relations amoureuses quand elle n’est pas heureuse. Même si elle est au milieu de l’espace dans l’Anveshan et qu’elle se retrouve affublée d’une horrible réputation.

Ces détails, ne sont pas des détails, ce sont des accroches, des introductions qui amènent une humanité, une faillibilité à des héroïnes dont les lectrices et lecteurs vont avoir envie de suivre les aventures.

Et, au-delà de ces qualités et de ces défauts, se reconnaître en tant que femme lesbienne, bi, queer est primordial. Parce que la visibilité importe. Se retrouver dans une héroïne qui met des robes ou qui les déteste, qui porte des baskets ou des chaussures à talons… Ça n’a peut-être l’air de rien et pourtant, c’est beaucoup.

Un bon livre lesbien sait éviter les clichés

Ecrire un bon livre lesbien ou un bon livre F/F n’est pas simple. Parce qu’il y a des pièges à éviter. De nombreux pièges.

A ce titre, créer un personnage féminin est compliqué. Pas parce que les femmes sont compliquées, non. Loin de là. C’est quoi cette remarque d’ailleurs ? A quoi avez-vous pensé à la lecture de cette phrase ? Non, écrire un personnage féminin est compliqué parce que nous vivons dans une société patriarcale. Cette réalité ne peut pas être ignorée et la manière dont l’héroïne d’un livre va se comporter est impactée par cette réalité.

Aujourd’hui, seules des romans écrits par des femmes ont réussi à dépeindre une position et une réalité qui, pour nous, « sonne juste », loin de stéréotypes. En plus de l’homophobie, Journal d’une Confidente pose un regard sur la place de la femme dans la société et le sexisme. Serena n’aurait pas subi la moitié du quart des attaques qu’elle a essuyé si elle avait été un homme…

Un livre lesbien qui offre une représentation marquante

La notion de représentation positive n’est pas obligatoire et reste très personnelle à Reines de Cœur. Dans le monde dans lequel nous vivons, nous avons de nombreux exemples et visions de descentes aux enfers. Tout perdre, se retrouver au plus bas, sans rien, peut aller extrêmement vite. Dépeindre ce mécanisme complexe peut s’avérer très intéressant. Pourtant, ce schéma donne parfois une impression d’évidence qui apparaît dommageable à un bon livre lesbien.

Nous sommes toutes et tous capables de renoncer à nos beaux principes par facilité. Par exemple, ne pas aller faire du sport, manger trop gras, trop salé, trop sucré, reprendre la cigarette, l’alcool, etc… Revenir à nos mauvaises habitudes est simple. Trop peut-être.

Le plus dur n’est-il pas de continuer à se battre, de souffrir, de lutter et de gagner ? La résilience des personnages principaux est aussi leur force. A notre avis, il s’agit d’un excellent moteur qui saura captiver les lectrices ou lecteurs. Surmonter les embûches, s’en sortir malgré tout est porteur d’espoir et d’enthousiasme dans un monde qui manque cruellement de représentations positives.

Réussir à faire évoluer un personnage lesbien, bisexuel ou pansexuel sans le tuer est pour nous le plus captivant. L’évolution qu’il va avoir entre le début et la fin d’un livre, la quête qu’il va poursuivre sont autant d’armes qui auront des échos forts auprès du public. Survivre et vivre est le plus dur de tous les défis.

Un livre lesbien, mais pas que…

Parler du rythme d’une histoire est une notion pas toujours évidente à expliquer. D’autant plus, quand dans la littérature française, on a autant de célèbres romans qui semblent en manquer. Mais soyons honnêtes, la manière de lire, de consommer les histoires a évolué avec le temps et les années. Maintenant qu’on peut prendre des photos, on n’a pas besoin de décrire tous les détails d’un monument. Alexandre Dumas n’écrirait peut-être pas Notre-Dame de Paris de la même manière, en mettant en lumière chaque pierre de la cathédrale (ou le roman n’aurait peut-être pas le même succès).

En tout cas, quand vous vous lancez dans une oeuvre de fiction, la balance est le plus difficile à trouver. Balance entre les descriptions, importantes et nécessaires et l’action indispensable et primordiale. Vous voyez l’idée. Bien sûr, il faut décrire les personnages, où ils se trouvent, ce qu’ils font. Mais il faut aussi que cela reste pour mettre en lumière une action, une évolution, une progression. Soit de l’histoire, soit de la réflexion. En résumé, il faut que ça apporte quelque chose, que ça éclaire un concept sous un angle nouveau.

Cette réalité est d’autant plus vraie dans les polars, le fantastique ou la science-fiction. Si on peut tolérer quelques pertes de rythme dans une romance, dans un roman policier, c’est impossible. Les lectrices et lecteurs veulent être tenus en haleine, avoir le souffle coupé. Alors le paysage et les descriptions doivent intervenir à des moments-clés, par petites touches. Deux pages de description sont souvent rédhibitoires. Le besoin et l’urgence pour le public de tourner les pages doivent être l’objectif ultime. Qu’une lectrice ou qu’un lecteur saute des parties pour avoir les réponses plus vite est une belle réussite, quelque part. La relecture sera là pour entrer dans les détails, mais l’envie de connaître la suite d’une histoire est un très beau cadeau.

En résumé : Est-ce que tous ces livres lesbiens ne réunissent pas ces ingrédients ?

Chacun des titres publiés par Reines de Coeur intègre ces concepts à sa manière. Si certains sont plus développés que d’autres, il n’empêche qu’ils suivent tous ces grands codes. Un préféré de votre côté ? Un avis différent ? Envie d’en discuter ?

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