Quand Camille Rencontre Oli Interview d’Alice Turner

Alice Turner

Quand Camille rencontre Oli Interview : l’autrice Alice Turner se livre sur son premier roman

Salut Alice, peux-tu nous présenter ta nouvelle histoire ?

Le récit débute avec Camille, une Parisienne qui recherche une colocataire et Olivia, une Belge en quête d’un logement dans la capitale. A priori, leurs modes de vie et leurs caractères sont incompatibles, mais un détail va les rapprocher et elles vont rapidement devenir amies. Je pense ne rien gâcher en révélant qu’elles vont tomber amoureuses l’une de l’autre… Par contre, ce roman ne raconte pas uniquement la période « avant » la formation du couple, mais aussi celle « d’après », avec ses hauts et ses bas. Je n’en dis pas plus ! Ce que je peux rajouter, c’est qu’il y aura énormément d’humour et j’espère aussi de l’émotion.

Est-ce que tu peux nous expliquer comment est née l’idée de ce roman ? Qu’est-ce qui t’a motivé dans l’écriture de ce dernier ?

Ce roman est né, il y a bien longtemps, dans une galaxie pas très lointaine… En gros, je dirais, il y a une dizaine d’années. Eh oui, ça date ! Je me suis servie d’un cliché bien connu de la télévision : l’amour naissant entre deux colocataires. Un grand classique ! Évidemment, Quand Camille rencontre Oli est désormais fort éloigné de ce que j’avais écrit à l’époque. Les personnages, le contexte et le style ont changé. Cependant, les grands arcs narratifs sont restés identiques.

Ce qui m’a motivée dans cette histoire était d’explorer un aspect supplémentaire de la romance. Je n’ai pas fait d’études poussées sur le sujet, mais il me semble qu’en général, la littérature et le cinéma se concentrent sur l’amour naissant entre les protagonistes et les éventuelles embûches rencontrées. Ce qui est logique car c’est en effet, la partie la plus stimulante et amusante. Cependant lors du baiser final dans un film, j’avais en tête une petite voix cynique qui me disait : “ça se trouve, une semaine après, ils se séparent !”. (rires)

Je désirais donc montrer l’évolution d’un couple « après » sa formation. Car ce n’est pas la fin, mais le début d’autres aventures toutes aussi intéressantes à explorer. J’ai donc vraiment écrit le roman que j’aurai aimé lire.

Quand Camille Rencontre Oli est une romance pure. Pas de Père-Noël ou de Cupidon, cette fois. Pourquoi ?

Dans mes nouvelles Sept jours et Chaud et Froid, la présence du Père Noël et de Cupidon permettait un focus sur l’humour et les quiproquos engendrés avec ces personnages. Ces deux histoires étaient donc surtout des comédies romancées plutôt que des romances fantastiques. Seulement, je ne pense pas que j’aurai eu l’envie ou même été capable d’écrire un roman entier avec ces idées de bases fantastiques. Voilà pourquoi aujourd’hui, Quand Camille rencontre Oli est une romance pure.

Par ailleurs, pour un long roman, j’avais l’opportunité et aussi le devoir de fouiller les personnages et les émotions plus en profondeur. Ainsi, l’histoire d’amour se suffisait en elle-même et me plaisait telle quelle. Ajouter de la magie à cela ne me semblait pas nécessaire. Quand bien même, vous le constaterez dès les premières pages, l’humour y est toujours présent.

Peux-tu nous parler de tes deux héroïnes, Camille et Olivia ?

Camille est extravertie, dynamique mais aussi très maniaque. Au contraire, Olivia débarque fraîchement dans la capitale, un peu paumée et plutôt réservée. Elles ont chacune des visions très différentes des relations de couple. Si Camille est démonstrative et volage, Olivia est plutôt pudique et prudente.

Les deux jeunes femmes ont donc a priori des caractères incompatibles. Mais comme j’en parlais déjà dans Chaud et Froid, je ne pense pas que les similarités sont si vitales et importantes pour unir deux personnes (même si ça aide beaucoup, j’en conviens). Ça peut même être au contraire très enrichissant de rencontrer son opposé. Camille et Olivia vont ainsi apprendre l’une de l’autre pour ensuite évoluer dans le roman. Et cela va évidemment créer pas mal de choses intéressantes pour l’autrice que je suis !

Il y a de nombreuses références, à des films notamment. Tu es une grande cinéphile ?

Cinéphile, oui. « Grande », je ne sais pas, tout est relatif ! Mais c’est réellement mon attrait pour le septième art et les séries TV qui m’a donné envie de créer mes propres histoires. Du coup, leur rendre hommage tout au long du roman est venu naturellement. Et étant biberonnée à ce genre de fictions, la structure du récit s’en ressent. Je suis plutôt dans la succession des actions, les dialogues et moins dans la description, je dois l’avouer…

Et donc en effet, les noms de famille (excepté ceux des héroïnes), les lieux, les dates ainsi que les titres de chapitres sont des références au cinéma. Plusieurs citations célèbres de films se sont également glissées dans les dialogues. Ça m’a beaucoup amusé et j’espère que les lecteurs et lectrices s’amuseront aussi à les repérer. Ça leur donnera en plus une bonne excuse pour lire le roman plusieurs fois. (rires)

Sinon, en plus du cinéma, plusieurs clins d’œil à des nouvelles et des romans de Reines de Cœur se sont également insérés dans Quand Camille rencontre Oli. Et oui, je suis « corporate » avec ma maison d’éditions ! (rires)

Quand Camille Rencontre Oli Interview Alice Turner

Olivia est Belge, Camille est Parisienne. Tu t’es un peu amusée avec les spécificités de la langue française, non ?

En effet, j’ai introduit chez Olivia quelques expressions ou mots typiquement belges. Mes personnages discutent également à plusieurs reprises des différences de français entre leur pays respectif.

Au départ, Olivia devait être une Française en mutation à Paris. Mais je craignais de m’emmêler les pinceaux ou de devoir effectuer trop de recherches dans des expressions régionales que je ne maîtrisais pas. Du coup, je me suis facilité la tâche en rendant le personnage d’Olivia belge, comme moi. Certains tics de langage qui apparaissaient malgré moi ont donc pu être acceptés lors du travail éditorial final. Certains y verraient de la paresse, moi je vois ça comme de l’optimisation de temps et un partage culturel ! (rires)

Il y a beaucoup d’humour et en même temps, le fond est très sérieux, tu ne trouves pas ?

L’humour fait partie de ma patte d’écrivaine. Il me serait impossible d’écrire une histoire si je ne peux pas aussi en rire par moments. Donc oui, il y a beaucoup d’humour dans mes textes et il y en aura toujours, je peux vous le certifier !

Comme je l’ai mentionné, j’ai écrit un livre que j’aurais aimé lire. Et donc qui mêle l’humour à des thèmes plus sérieux. Si de prime abord, cela pourrait sembler contre-intuitif, je pense plutôt que ces deux genres se combinent parfaitement. On dit souvent « avec l’humour, tout passe », je suis bien d’accord ! Les parties légères permettent aussi de laisser les lecteurs et lectrices respirer (mais aussi l’autrice !).

Par ailleurs, la longueur d’un roman me permettait et m’obligeait aussi d’explorer les deux aspects en parallèle. En effet, un roman trop « sérieux » a le risque d’être déprimant voire lourd côté émotion et un roman trop centré sur le comique pourrait lasser ou paraître superficiel.

Le plus dur dans l’écriture, c’est quoi ?

Savoir quand s’arrêter ! (rires) Ce ne sont pas mes éditrices, qui ont subi mes nombreuses modifications lors du retravail final, qui me contrediront (n’est-ce pas Isabelle ?).

Quand Camille rencontre Oli dort dans mon PC depuis plusieurs années. Mais cela fait « seulement » trois ans que j’y travaille, plus ou moins sérieusement. Et trois ans pour un roman, c’est très, et trop long. D’autant que le temps consacré à un récit n’est pas un indicateur de sa qualité…

Mon problème en tant qu’autrice est ce désir de perfectionnisme. Je réécris sans cesse le texte car, en effet, il y a toujours moyen de l’améliorer. Mais c’est une très mauvaise méthode et je la déconseille fortement. Le plus dur dans l’écriture est donc de lâcher son roman (son bébé) et d’accepter qu’il ne sera jamais parfait, mais à son niveau maximum à un instant T.

Pour l’anecdote, j’ai envoyé mon roman à Reines de Cœur à cause d’une dead line que m’avait imposée une collègue-autrice de chez R2C (qui se reconnaîtra d’ailleurs, si elle lit l’interview, donc merci à elle !). Comme j’aime relever les challenges, j’ai tout fait pour respecter cette date butoir et voilà le roman est publié ! Bon en vrai, j’ai dépassé la limite imposée de quelques mois… mais l’essentiel est là ! (rires)

Qu’aimerais-tu que les lectrices et lecteurs retiennent de ton roman ?

Je serai déjà extrêmement reconnaissante envers toutes les personnes qui m’accorderont leur confiance et leur temps pour mon roman. Alors le minimum que je souhaite est évidemment qu’elles passent un bon moment d’évasion. J’aimerais les faire rire, les émouvoir et peut-être même les mettre en colère… Ce n’est que comme ça qu’elles se souviendront de ce roman, en le vivant pleinement.

Et enfin, la cerise sur le gâteau, si on peut rêver… j’aimerais faire gamberger mes lecteurs et mes lectrices ! (rires)

S’il y a plusieurs événements « forts » dans l’histoire, chacun les interprétera à sa manière. Ma volonté n’est absolument pas de faire de morale, ou de montrer quel comportement est bon ou mauvais. Je narre juste une histoire et des faits fictifs.

Cependant, selon moi, l’un des objectifs des histoires, aussi bien pour l’auteur que le lectorat, est le divertissement mais également l’identification aux personnages. Les fictions nous obligent à envisager différentes questions et événements qu’on ne connaît peut-être pas et qu’on ne connaîtra peut-être jamais. Car même si les héroïnes et les situations d’un récit sont éloignées de nos propres vies, on peut toujours se connecter à celles-ci. Je n’ai pas vécu tout ce que mes personnages traversent dans le roman, mais certaines émotions que j’ai décrites, m’ont obligée à réfléchir sur certaines choses et sentiments, connus ou non, voire à me demander « Qu’est-ce que j’aurai fait à leur place ? ».

Donc au final, j’aimerais que les lecteurs et les lectrices se souviennent de ce roman, qu’ils s’interrogent mais aussi et surtout qu’ils passent un bon moment durant des centaines de pages. Je n’en demande pas trop, là, j’espère ? (rires)

Que peut-on te souhaiter pour l’avenir ?

J’aimerais beaucoup terminer ma nouvelle gratuite et ma deuxième idée de roman qui sont actuellement en pleine hibernation… Le souci est de savoir quand j’aurai le courage de les clôturer, car je ne suis pas une autrice très assidue… En général, j’écris quand j’ai le temps et l’envie. Deux conditions difficiles à réunir ! Ou alors il faut m’imposer une dead line… (rires)

Quand Camille Rencontre Oli Interview d'Alice Turner

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