Que devient votre tapuscrit lesbien une fois soumis ?

Que devient votre tapuscrit lesbien une fois soumis ?

Nous avons décidé de lancer une série d’article de blog sur l’envers du décor afin de partager avec vous notre mode de fonctionnement. L’objectif avoué, être le plus transparentes possible pour répondre à vos interrogations. Nous commençons cette semaine par la soumission de tapuscrit lesbien !

Alors si cet article fait naître de nouvelles interrogations ou que certains points ne sont pas limpides, n’hésitez pas à nous alpaguer dans les commentaires.

Un dépôt à l’adresse tapuscrit…

Vous avez passé des heures, des jours, des mois voire des années à écrire votre livre. Une fois achevé, relu, retravaillé, vous avez décidé de vous lancer et de le soumettre à des maisons d’édition. Coup de chance, vous avez découvert Reines de Cœur dans une immense liste (ou mieux, vous avez déjà lu un de nos romans publiés et vous l’avez adoré). Bref, vous nous connaissez.

Vous avez débarqué sur la page « être publiée » et vous avez récupéré le fichier type. Après un peu de mise en page, votre roman est tout beau tout joli et vous êtes prête à nous le faire parvenir. Rien de plus simple, il vous suffit de l’envoyer à l’adresse tapuscrit[a]reinesdecoeur.com.

Après un rapide message, vous avez cliqué sur « envoyer » et maintenant, débute la terrible attente. Voici, de l’autre côté, ce qu’il se passe pour nous.

Une réception multipliée par trois

L’avantage que nous avons dans l’équipe, c’est Gaëlle. Si nous sommes toutes un peu geek sur les bords, Gaëlle est notre présidente de la geekerie. L’une des premières choses qu’elle a mise en place est la redirection de l’adresse tapuscrit sur nos trois boîtes emails en simultané.

Et oui, quand vous envoyez à tapuscrit, vous envoyez en même temps à Edwine, Gaëlle et Isabelle. Ça tombe quand même super bien, non ?

Un mail retour rapide

L’avantage réside dans le fait que nous allons pouvoir accuser réception de votre email le plus vite possible. Si vous écrivez au milieu de la nuit pour la France, il est possible qu’Edwine vous envoie un mail retour si elle travaille sur Reines de Cœur de son côté, au Canada. Sinon vous aurez peut être l’une d’entre nous, au réveil.

Souvent notre réponse est assez succincte, il faut le reconnaître. Nous vous remercions d’avoir pensé à nous et nous vous annonçons un délai de retour de trois mois environ. En vous invitant à nous relancer si nous dépassons ce délai.

Pour information, l’année 2018 a été très chargée en tapuscrits et pour la première fois depuis la création de Reines de Cœur, nous avons dépassé le délai de 3 mois à deux reprises. Notre bonne résolution de 2019 a été de ne plus déborder. Du coup, on vous invite à nous relancer et à vous plaindre si c’est le cas ! Parce que bon, quand même, attendre plus de 3 mois, on comprend que ce soit insupportable !

Un post-it épinglé avec votre fichier et votre description

Vous l’avez certainement compris, toute l’équipe Reines de Cœur ne travaille pas dans le même bureau. Dès le départ, nous nous sommes donc organisées avec des outils numériques pour ne rien oublier et nous y retrouver.

Si nous programmons régulièrement des réunions Skype entre nous trois, nous avons également un planning de lecture. Oui, oui. Toutes nos lectures sont organisées à l’avance. Elle n’est pas belle la vie ?

Donc, comme vous venez de nous soumettre votre histoire, elle va tout en bas de la pile. Normal. La personne qui vous a répondu est toujours celle qui crée le post-it virtuel parce qu’elle peut cocher la première case de la check-list. La première c’est « accusé de réception ». Etant donné qu’elle a envoyé le mail, elle peut donc la cocher. J’avoue, personnellement, j’adore cocher les cases de nos listes. C’est un truc qui me donne terriblement l’impression d’avancer.

La carte pour votre histoire est donc créée et partagée entre nous trois. On renseigne les informations que vous avez mises dans votre email et on colle le fichier en pièce jointe. Surtout, on se met une date de fin ! C’est-à-dire qu’on précise tout de suite avant quelle date nous devons absolument avoir lu cette histoire et fait un mail retour à l’autrice. Bam ! Deadline !

On avance dans la liste

Ensuite, vous vous en doutez, nous avançons dans notre liste de lecture. Finalement, un jour, nous arrivons sur votre tapuscrit ! Grande victoire pour tout le monde à ce niveau-là !

D’un point de vue technique, même si cela ne vous intéresse pas outre mesure, nous transférons votre fichier sur nos liseuses. Dans la plupart des cas, nous transformons rapidement vos fichiers en .mobi pour qu’ils atterrissent sur nos Kindle. La pauvre liseuse Kobo qui sert pour les tests est si stressée par tout ce que nous lui faisons vivre, qu’elle est trop lente pour tourner les pages. Du coup, vive la Kindle (même si on n’est nous-mêmes pas particulièrement fan du format de fichier spécifique).

Enfin, nous lisons votre histoire ! A ce niveau, notre ressenti est très important et nous prenons souvent des notes de ce qui, pour nous, fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas. Par exemple quel personnage parait trop lisse ? Lequel est trop excessif ou caricatural ? Est-ce que le rythme nous a donné envie de tourner les pages plus vite ? Est-ce qu’on s’est lassées de certaines situations ? etc…

Une réunion en commun

L’avantage quand on est trois, c’est qu’il n’y a jamais d’égalité. Dernièrement par exemple, Edwine et Gaëlle avaient la même couverture préférée qui n’était pas mon coup de cœur. Est-ce que j’en fais tout un fromage ? Non ! (je l’ai simplement glissé habilement dans un article de blog, ça n’a rien à voir).

Trêve de plaisanteries, l’avantage de notre comité de lecture, c’est qu’il est fait par nous. En conséquence, quand nous discutons ensuite en réunion de nos ressentis, de comment nous imaginons ou pas le retravail, nous avons une vision globale et construite. Nous pouvons nous projeter ensemble.

Dans les fais, il faut un minimum de deux « oui » pour être publiée ou de deux « non » pour être refusée. Aujourd’hui, nous pouvons toutes les trois avouer que nous adorons tout ce que nous avons édité jusqu’à présent. Jamais aucun tapuscrit n’a eu deux « oui » et un « non » catégorique de la dernière. Une chance que nous chérissons.

Lors de cette réunion, nous listons toutes les points forts et les points faibles de l’œuvre. De cette manière nous avons les trois retours pour ensuite rédiger le message.

Un message qui reflète nos trois visions

Le message de retour est toujours extrêmement difficile à rédiger. Sans m’avancer, je peux dire qu’aucune de nous n’apprécie cet exercice. Le pire étant pour les refus. Nous avons conscience que souvent il y a une véritable attente quant à notre avis. Les « non » sont donc particulièrement durs à annoncer.

Par opposition, les « oui » sont hyper faciles et souvent on se bat un peu pour les emails ! Parce que c’est le côté fantastique. Souvent même, on est tellement enthousiastes qu’il faut que nous nous restreignions dans nos messages.

Il y a la dernière catégorie du « non mais… ». Celle qui nécessite pour nous les emails les plus complexes. Cette catégorie, que nous sommes très fières d’avoir inventée, nous est propre. Souvent un roman bascule dans cette catégorie quand il a de très bons aspects positifs, mais que la somme de retravail que nous visualisons est trop importante pour que nous fassions signer directement un contrat à l’autrice. C’est-à-dire que malgré de très bons points positifs, il reste du retravail à mener par l’autrice, de son côté, avant que nous ayons une nouvelle version. Cela peut impliquer de rajouter des fausses pistes dans un roman policier, de creuser la psychologie des personnages secondaires, de raccourcir une histoire trop longue qui manque de rythme etc…

De ce cas-précis, nous essayons de faire un retour très construit et complet pour donner aux autrices des pistes d’amélioration de leur histoire. Puis, c’est à elles de voir si nos propositions les aident, si elles trouvent les retours cohérents ou non, si elles ont envie de se lancer dans cette somme de retravail.

Ensuite, elles peuvent nous resoumettre leur tapuscrit. Et leur manuscrit suit à nouveau tout ce processus de soumission de tapuscrit lesbien une nouvelle fois.

Conclusion

Vous savez maintenant tout de notre organisation interne sur la question de la soumission de tapuscrit lesbien. La prochaine fois, côté coulisse, nous parlerons travail éditorial !

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4 Réponses à “Que devient votre tapuscrit lesbien une fois soumis ?”

  1. Très intéressant cet article sur l’envers du décor.
    Une question me vient à la lecture : vous dites que l’année a été chargée en tapuscrits : c’est possible d’avoir un ordre d’idée de ce que ça représente? Est-ce que c’est 20, 50, 100? J’avoue n’avoir aucune idée du nombre de manuscrits qu’une petite ME comme Reines de coeur peut recevoir et cet article a éveillé ma curiosité. Et parmi ceux que vous recevez, quelle proportion reçoit un oui/un non/un non mais… (ahaha, après le oui mais, le non mais maintenant, pauvre auteur qui reçoit ça!)?
    Enfin, plus important que tout, y a-t-il de la SF ou un policier parmi les oui que nous aurons à lire bientôt??
    (Et en fait, ça fait plus d’une question…)
    En tous cas, j’ai hâte de lire les articles suivants sur le sujet et de découvrir vos futures parutions.

    • Isabelle B. Price
      1 avril 2019 at 9 h 42 min

      Bonjour Alicia,
      Nous sommes très heureuses que cet article t’ai plu. Ça fait toujours plaisir d’apprendre que certaines personnes arrivent à les lire jusqu’au bout 😉
      Alors, je vais essayer de répondre à tes questions du mieux que je peux en étant tout d’abord honnête avec toi, nous ne tenons pas de statistiques. Peut-être que c’est une erreur, mais nous n’avons jamais pensé que c’était intéressant jusqu’à présent, donc nous n’avons pas de chiffres précis à te confier.
      Concernant l’ordre d’idée, vu la liste des tapuscrit en attente de lecture pour les 3 prochains mois, en multipliant par 4 (pour arriver sur 12 mois) je dirais qu’on est plutôt vers la centaine de réceptions à l’année.
      Pour la proportion des « oui », de « non » et de « non mais… », c’est super dur. Parce que du coup, on ne note pas non plus. Donc là, je ne voudrais pas te dire de bêtises, alors je vais m’abstenir. J’espère que tu ne m’en voudras pas. Concrètement, on a pas mal de « oui » puisqu’on a des sorties très régulières. Ça suffit ? 😉
      Et pour répondre à ta dernières questions qui est une demande de spoilers, non ? (oui, je t’ai vu arriver) On a « Blood Moon 3 » qui est en cours de retravail et devrait bientôt arriver côté fantastique, mais pas d’autre de SF pour l’instant. Et pour les policiers, on en a deux en cours. Ils devraient voir le jour cette année aussi !
      Est-ce que c’estt assez vaguement précis pour toi ?

  2. Oups, je suis découverte! Pas de SF à l’horizon, dommage mais je ne suis pas surprise, c’est vraiment le parent pauvre… Deux policiers en approche, par contre c’est une excellente nouvelle!

    Sinon, je dois avouer que 100 soumissions dans l’année, c’est 0_0! Je ne pensais pas qu’il y en avait autant. Du coup, chapeau d’arriver à lire tout ça et à répondre dans les trois mois sans tout mélanger! C’est impressionnant.
    Donc si j’extrapole un peu, je crois qu’il y a eu 4 ou 5 parutions l’an dernier, sur 100 soumissions, ça fait quand même pas tant de oui que ça!!
    (Quant à savoir si c’est assez vaguement précis, je dirais qu’un peu plus de précisions comme les titres, les auteurs, le nombre de pages et la date de parution envisagée auraient aussi été des informations bienvenues mais mon petit doigt me dit que ce serait légèrement abusé :-))
    En tous cas, merci beaucoup pour cette longue (et précisément vague donc) réponse!

    • Isabelle B. Price
      5 avril 2019 at 8 h 18 min

      Totalement d’accord avec toi, Alicia. On reçoit très peu de science-fiction. Je pense que ce n’est pas forcément un domaine dans lequel les relations homosexuelles féminines sont représentées et donc on a peu de manuscrits du genre. Mais on ne désespère pas. On y croit ! (sinon on n’aurait jamais créé cette catégorie 😉
      Et nous sommes d’accord, que cela ne fait pas tant que « oui » qu’on pourrait l’imaginer. Les choix ne sont pas simples et on veut garder une cohérence avec notre ligne éditoriale tout en proposant des nouveautés. Donc, quand on nous soumet des biographies ou des poèmes, ça ne colle pas vraiment. On est fiction avant tout !
      En tout cas je suis heureuse que cette vague réponse ait atteint son objectif, on n’est pas très analyses stats dans l’équipe, alors c’est toujours compliqué d’apporter une réponse réaliste sans se baser sur de vrais chiffres.

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