Quand Tombent les Masques : Interview de l’auteure Clémence Albérie

Quand Tombent les Masques : Interview de l’auteure Clémence Albérie

Quand Tombent les Masques est ton second roman. Quand as-tu commencé à l’écrire ? T’as-t-il fallu autant de temps que pour le précédent ?

J’ai commencé à l’écrire il y a très très longtemps pour être honnête. Au départ, c’était juste une petite histoire d’un chapitre publié sur fanfiction au format « OneShot » qui équivaut à une très très courte nouvelle. Dans mon roman, cela correspond tout juste au premier chapitre. Quand j’ai commencé l’aventure Reines de Cœur, j’ai imaginé toute une histoire découlant de ce premier chapitre que j’avais à la base écrit pour m’amuser. J’avoue qu’il a été très amusant de réussir à créer tout un roman à partir d’un simple point de départ qui existait du coup depuis un moment déjà.

J’ai entamé l’écriture du roman à proprement parler il y a deux ans déjà. Il m’a fallu beaucoup plus de temps que 6h22 Place 108 car, lorsque j’écrivais cette première histoire, j’étais sans emploi, célibataire et j’y consacrais plusieurs heures par jours. Pour Quand tombent les masques, j’étais en couple et avec un emploi à l’autre bout de la France par rapport à là où vivait ma compagne. Autant dire que j’ai eu nettement moins de temps à y consacrer ! [rires]

J’ai eu de longues phases sans écrire et ça a un peu compliqué les choses car tout un tas de faux raccords se sont glissés au fil des pages. Heureusement pour moi j’ai ma super bêta-lectrice Flore Tinaire qui m’a aidée à traquer tout ça !

Comment est née l’idée de Quand Tombent les Masques ?

J’avais un chapitre déjà écrit et j’ai commencé à imaginer une histoire débutant par la découverte peu commune de l’homosexualité de leurs filles par deux couples de parents. À partir de là je me suis imaginé rendre les mères ennemies et le tour était joué. L’histoire s’est bien ficelée toute seule, j’avoue que la trame a vraiment été facile à monter. J’avais envie d’une histoire pleine d’humour dans laquelle je pourrai jouer sur des dialogues piquants et des joutes verbales sans pitié. Avec ce roman, j’ai été servie [rires].

Est-ce que tu peux nous présenter l’histoire en quelques mots ?

Humour, guerre, amour, ennemies, mariage, manipulation.

Quoi ? On avait dit quelques mots… [rires]. Plus sérieusement, c’est l’histoire d’un amour qui va devoir survivre à une guerre sans merci entre deux mères au fort caractère sur fond de mariage aux airs de prises d’otage. Je ne sais pas si ça vous parle comme ça mais un conseil, lisez le roman et revenez lire cette définition. Je suis persuadée que vous la trouverez finalement très parlante [rires]!

D’ailleurs, il y a un petit côté Roméo & Juliette, non ?

C’est pas faux ça ! Deux familles ! Deux cheffes de famille qui se haïssent ! Une guerre ancestrale qui oblige chaque membre du clan à se rallier sous peine d’être renié… à côté d’Evelyne Dalriès et Michèle Delacressonière, les Montaigut et les Capulet n’ont qu’à bien se tenir [rires]. Après nous n’en sommes pas au niveau de Roméo et Juliette heureusement ! Sinon il n’y aurait pas eu tant d’humour que ça dans cette histoire.

Quel personnage de cette histoire est ton préféré ? Duquel te sens-tu la plus proche ?

Gabrielle et Gabrielle ! C’est vraiment mon personnage favori dans cette histoire et c’est celui dont je me sens la plus proche toute histoire confondues. Je pense que c’est vraiment elle qui me correspond le plus, je me reconnais dans ses failles autant que dans ses forces. Je ne dirai pas que j’ai construit Gabrielle par rapport à moi, nous sommes bien différentes sur pas mal de choses. Mais je pense que c’est à elle que j’ai donné quelques traits de caractères qui me correspondent depuis que j’écris.

Comme dans 6h22 Place 108, tu as particulièrement soigné les dialogues. Tu t’es bien amusée en les écrivant, non ?

Oh que oui ! C’est un plaisir pour moi les dialogues, encore plus quand ils sont plein d’humour et de piquant. J’aime jouer sur l’acidité dans les mots, les attaques verbales sans entrer dans de l’agression. J’aime beaucoup rire et plaisanter, et mes proches pourraient vous confirmer que j’adore vanner les gens. Jamais méchamment, toujours dans l’humour. J’aime commenter les choses que je vois, à la télévision, dans la rue, j’adore la dérision autant que l’autodérision. Je plaisante autant des choses autour de moi que de moi-même et mes défauts. Alors dans un tel roman, ou deux personnages se haïssent à ce point, j’ai pu me lâcher complètement sur les remarques acerbes qu’on n’ose jamais lancer dans la vrai vie [rires].

Le parti pris de cette histoire est assez différent puisque tes deux héroïnes sont en couple depuis longtemps quand tu commences. Elles sont déjà amoureuses ce qui est assez rare, non ?

Oui c’est assez rare je pense car raconter l’histoire d’une mise en couple c’est peut-être plus dans l’ordre des choses. Pour ma part j’ai trouvé l’expérience très enrichissante avec Quand Tombent les Masques car il m’a fallu prendre les choses sous un tout nouvel angle. Il faut que le couple soit crédible et pour cela il faut prendre en compte son passé, ses habitudes, tout le vécu qui le caractérise. Ça n’est pas si évident quand on n’est pas habitué. Mais c’est super intéressant vraiment. J’ai beaucoup aimé raconter l’histoire d’un couple installé depuis longtemps, ça m’a permis d’aller plus loin concernant le lien qui les uni.

La sœur de Gabrielle s’appelle Mathilde et adore les Disney. Elle est inspirée d’une personne dans la réalité ?

Oh que oui ! Elle est inspirée de ma jumelle… Mathilde (tiens donc [rires]). La façon dont Gabrielle et sa sœur se parlent, c’est exactement comme ça que nous sommes ma sœur et moi l’une envers l’autre. Nous avons une très forte relation, fusionnelle. C’est ma jumelle, c’est un bout de moi indépendant qui vit sa vie de son côté [rires]. Demandez à ma fiancée, ma jumelle c’est une grande partie de ma vie ! J’ai une chance infinie qu’elles s’entendent à merveille ! Du coup en construisant le personnage de Mathilde, j’ai vraiment puisé mon inspiration de ma sœur, c’est une dédicace pour elle ! De toute façon à partir du moment où j’ai décidé de la prénommer Mathilde c’était fini, je n’ai plus réussi à les dissocier [rires].

Qu’aimerais-tu que les lecteurs retiennent de ton roman ?

Je crois que j’aimerai qu’ils retiennent que le méchant personnage de l’histoire peut parfois en cacher un autre, et que juger trop hâtivement quelqu’un peut réserver des surprises.

Un petit message à celles et ceux qui te suivent depuis tes débuts ?

Tout d’abord un immense merci. Je ne sais pas comment vous exprimer assez toute la gratitude que je ressens à votre égard. Au début de l’aventure Reines de Cœur, je n’imaginais pas recevoir autant de bonheur et d’enthousiasme de la part des lectrices et lecteurs. C’est tout bonnement incroyable. Les messages, les contacts sur les réseaux sociaux, c’est vraiment magique. J’ai hâte de découvrir comment vous accueillerez ce nouveau roman. J’avoue aussi qu’une part de moi angoisse ! C’est un mélange de crainte et d’excitation. Je crois que je ne dois pas lutter contre ce sentiment, il reviendra tel un boomerang à chaque nouvelle publication [rires].

Au final, maintenant que ce livre est publié, est-ce que tu travailles sur un nouveau ? Peut-on savoir de quoi il parle ?

Je travaille sur deux projets. Une nouvelle qui raconte l’histoire d’une actrice de série, Jo, engagée dans un amour à sens unique avec sa partenaire de jeu Estelle. Jo est follement amoureuse d’Estelle et sait que c’est sans espoir. Désespérée par ses sentiments frustrés, elle se met en tête de manipuler le scénariste pour qu’il oriente la série vers une mise en couple de leurs personnages. À défaut de pouvoir vivre son amour au grand jour, pourquoi ne pas le faire fictivement ?

Ensuite je travaille sur un roman qui change radicalement de style. Je ne veux pas trop en dire mais c’est une histoire qui commence par un drame. Deux femmes enceintes qui ne se connaissaient pas sont prises dans un accident et l’une perd son enfant. Dans un geste désespéré pour survivre, elles vont devoir s’allier malgré la tristesse, la colère et la douleur, liée par un enfant. Dans cette histoire je me lance un grand défi concernant la psychologie de mes personnages. J’espère réussir à m’en sortir, nous en saurons plus dans quelques mois ! Mais quoi qu’il en soit, et bien que le thème puisse sembler lourd, j’essaie de le traiter avec à la fois profondeur et des touches d’humour. Je ne sais pas écrire sans. L’enjeu est de trouver le bon dosage !

Que peut-on te souhaiter pour l’avenir ?

De ne jamais perdre l’inspiration, de toujours continuer à être assaillie d’idées comme je le suis depuis quelques années déjà ! Que Quand Tombent les Masques rencontre le même enthousiasme que 6h22 Place 108, et aussi et surtout, tout le bonheur du monde avec ma fiancée, car elle est le plus grand bonheur de ma vie !

Ps : Et que notre mariage ne soit pas aussi complexe à organiser que celui d’Eloïse et Gabrielle [rires].

Clemence Alberie

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