À quoi cela ressemble-t-il d’effectuer un travail éditorial sur un manuscrit avec son auteure ?

À quoi cela ressemble-t-il d’effectuer un travail éditorial sur un manuscrit avec son auteure ?

La question revient souvent : on en déduit donc que vous êtes nombreuses à vous demander à quoi ça ressemble de travailler avec une maison d’édition quand on est une auteure.

Nous allons donc vous expliquer comment ça se passe par chez nous. Attention, on ne garantit pas que ça se passe partout pareil (c’est moins bien chez les autres, évidemment…) !

La création d’un livre, c’est comme un oignon… Ça pique et ça fait pleurer 🙂 Non, pardon, ça a des couches ! Enfin… Il faut passer par plein d’étapes, quoi !

L’acceptation du manuscrit

Pour qu’une maison d’édition puisse entamer l’édition d’un livre, il faut qu’elle ait déjà entre les mains un manuscrit. Ici, plusieurs possibilités :

  • vous nous soumettez votre manuscrit lesbien de façon spontanée parce que vous êtes au courant que nous sommes toujours à la recherche de bonnes histoires à publier
  • vous nous soumettez votre manuscrit lesbien dans le cadre d’une participation à l’un de nos concours
  • c’est nous qui sommes venues à vous pour vous inviter à être l’une de nos auteures parce que nous avons d’une manière ou d’une autre remarqué votre talent

Dans tous les cas, nous allons lire une première fois votre manuscrit et vous rendre un rapport de lecture dans lequel nous indiquerons les points forts et points faibles de votre histoire. En gros, nous sommes les docteurs du livre et nous posons un diagnostic !

Après cette première lecture, nous serons également en mesure de vous dire si une collaboration est envisageable. D’ailleurs, en fonction de notre retour de lecture, vous pourrez vous-même voir si vous avez envie oui ou non de travailler avec nous. Après tout, peut-être que nos conseils ne vous convaincront pas et que vous aurez envie de garder votre manuscrit lesbien tel quel et de tenter votre chance ailleurs.

Vous l’aurez donc compris : l’étape de l’acceptation du manuscrit marche dans les deux sens !

Il s’agit surtout d’un premier contact entre vous et nous ou chacun des deux pourra confirmer ou non son envie de travailler avec l’autre.

La phase de retravail initial

Vous êtes prête ? Si vous êtes encore là, cela veut dire qu’après cette « première étape de sélection », on s’est manifesté notre envie réciproque de travailler ensemble, alors l’aventure éditoriale peut commencer !

À partir de ce moment-là et avec votre accord, nous considérons que le manuscrit lesbien initialement soumis par vos soins était un premier jet, un brouillon. Nous vous donnons des conseils et vous « commandons » une nouvelle mouture de votre travail, avec amélioration des points qui faisaient défaut.

Au besoin, on vous aide pour ce premier retravail, ne vous inquiétez pas !

C’est à la réception de ce manuscrit lesbien en « Version Zéro » (comprenez point de départ de la nouvelle mouture) que nous vous offrons le contrat d’édition de votre œuvre.

Les Versions du manuscrit

La phase la plus longue et la plus intense, celle qui, tout à coup, vous fait comprendre pourquoi on dit toujours qu’il faut au moins entre six mois et un an avant de pouvoir publier un manuscrit, même si ce genre de délai vous paraît insensé !

Tout va bien, vous êtes toujours là ? Vous n’avez pas pris peur ?

Nous apprécions votre témérité, bravo !

Nous venons de recevoir votre « Version Zéro », la balle est désormais dans notre camp !

L’une de nos éditrices va relire très minutieusement votre manuscrit lesbien, et vous faire des annotations partout où il faut retravailler, modifier, supprimer, ajouter, trouver des synonymes, enlever des répétitions, jauger la cohérence, rectifier la concordance des temps, corriger les fautes (qu’elles soient d’orthographe, de grammaire, de syntaxe)… Bref, nous allons passer au crible votre histoire afin de faire en sorte que toutes ces petites choses soient rectifiées.

Pour travailler ainsi dans le manuscrit, nous utilisons la fonction du logiciel Word appelée « mode correction » ou « suivi des modifications » : cela veut dire que si nous touchons à la moindre lettre de votre manuscrit, cela sera consigné dans un historique et vous pourrez voir exactement ce qui a été fait à votre texte dans une marge apparaissant sur la droite. Autrement dit, malgré les changements demandés et le retravail effectué avec vous, nous respectons la pérennité de votre œuvre et ne faisons aucun changement dessus qui ne soit définitif avant votre acceptation. Vous avez donc le dernier mot.

Cette phase peut prendre du temps, dites-vous que l’éditrice passe au grand minimum quatre minutes par page lorsqu’elle se met en mode relecture. Je vous laisse faire le calcul de tête quand il s’agit de manuscrits qui font plus de 300 pages… Sachant que ce travail ne peut pas s’effectuer d’une traite, mais qu’il faut faire des pauses toutes les quarante minutes environ (au moins quinze à vingt minutes pour que la pause soit efficace et que la concentration ne soit pas perdue).

Parfois, on aime tellement les livres sur lesquels on retravaille que l’on se met à nouveau à les dévorer en oubliant qu’on est là pour les passer au crible… Il faut alors prendre une grande inspiration, désactiver le mode *fan*, revenir en arrière et relire le tout en gardant la tête froide ! Il ne faut pas croire, pour nous aussi c’est difficile !

Quand nous avons fini de notre côté, nous vous renvoyons la Version 1 (V1) de votre manuscrit lesbien. C’est désormais à votre tour de tout reprendre en regardant nos remarques, commentaires, demandes.

Quand vous avez fini, vous avez désormais en votre possession une V2 que vous nous renvoyez pour appréciation. Et ainsi de suite…

Combien de Versions sont nécessaires avant d’obtenir un manuscrit définitif ?

Voilà la question qui vaut de l’or !

Quand la première éditrice en a fini avec toutes ses Versions (c’est-à-dire avec les allers et retours avec l’auteure à propos de toutes les annotations initiales), elle passe le relais à une deuxième éditrice qui possède, elle, le recul nécessaire pour regarder le manuscrit sous une lumière nouvelle. Elle repasse dedans, les numéros de Versions continuent de grimper, et ainsi de suite. Notez que la qualité d’un travail éditorial, c’est aussi et surtout de savoir faire passer un manuscrit dans plusieurs mains expertes (petit veinard ce manuscrit).

En général, le minimum est d’aller jusqu’à une V6. Ça va très souvent plus loin que cette V6, mais disons que ça ne sert à rien d’espérer en avoir fini avant celle-là, ce serait utopique !

Si vous comptez le temps que cela prend de faire les allers-retours d’une Version à la suivante (il faut relire le texte entièrement et retravailler dedans à chaque fois, les chiffres varient et ne sont pas précis mais nous pouvons poser la moyenne à 15 jours entre chaque échange) et sachant qu’il y aura au grand minimum 6 Versions, vous comprendrez certainement mieux pourquoi on parle de délais de 6 mois minimum pour sortir un roman.

Notez que les chiffres pairs (à partir de la V0) vous reviennent et que les chiffres impairs (V1, V3 et suivantes) marquent le travail de l’éditeur.

Que se passe-t-il quand les Versions sont finies ?

On obtient ensuite une Version Finale qui est envoyée à un panel de lectrices tests, qui nous renvoient, au besoin, des remarques et conseils. Elles ont souvent l’œil pour remarquer des petites choses. Le diable se trouve dans les détails paraît-il, et, chez Reines de Cœur, on essaie de soigner les détails 😉

Après cette étape, la dernière Version Finale passe par une grosse phase de correction orthographique qui la propulse directement au rang de Version Définitive.

Cette Version Définitive sera celle qui sera codée en ebook et qui sera présente sur les plateformes de vente !

Maintenant, plus qu’à faire la fête et à apprécier les vacances et, surtout, votre statut officiel d’auteure publiée !

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3 Réponses à “À quoi cela ressemble-t-il d’effectuer un travail éditorial sur un manuscrit avec son auteure ?”

  1. Ahlalalalalala souvenirs souvenirs
    Quel boulot ça a été pour 6h22 Place 108. Je suis sûrement maso mais je me languis de redémarrer l’aventure. J’ai quasiment finis mon nouveau roman. Plus qu’un chapitre a ecrire ?

  2. Hé bé ! J’étais loin d’imaginer un tel processus !! Mais c’est pas stréssant pour ses futurs auteurs tous ses allées retours ? Y a de quoi être décourager non ? Bon en tout cas je vais être désormais beaucoup plus patiente au moment de la sortie d’un livre ?? Bonne chance à toutes les auteurs de Reines de Cœur ?

  3. Quand je vois les nombreuses versions pour mes 70 petites pages de « Sept jours »…
    Je n’ose imaginer tout le travail pour les 800 pages de « 6h22 place 108 », ça a du être un sacré travail Clémence ! 😮

    En tout cas moi, ça m’a pas du tout dérangé 😀 Ca m’a même plutôt amusé toutes ces petites corrections… On voit notre histoire évoluer et devenir adulte 😛

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