Extrait du nouveau roman de Clémence Albérie : Nos Heures Dorées

Nos Heures Dorée de Clémence Albérie - Image

Pour rappel, le nouveau roman de Clémence Albérie sortira le 17 mars prochain ! Certaines chanceuses ont déjà eu la chance de se le procurer dédicacé et en avant-première au salon des romances ce week-end. Sachez que l’autrice, autant que nous, était très touchée par votre enthousiasme et votre curiosité. Merci !

Une sortie programmée pour le 17 mars et nous avons hâte !

Avant de vous proposer l’extrait de Nos heures Dorées de Clémence Albérie, petit récapitulatif. Allez, ça fait longtemps, alors j’ai choisi de me relancer dans la rédaction d’une liste. En plus, vous verrez, Louise Rouanet, l’héroïne du livre, adooooore les listes 😉

Dans Nos heures Dorées vous allez trouver :

  • Une ôde à la campagne
  • Un profond respect pour les agriculteurs, les éleveurs, métiers du vivant et de la terre trop souvent dénigrés
  • Un village avec des habitants haut en couleur
  • Des parents aimants et bienveillants, mais maladroits
  • Une héroïne qui se bat pour défendre son village et les causes qui lui tiennent à coeur, mais à peur de déranger parce qu’elle est lesbienne
  • Une romance slow burn de 400 pages sur le format papier et 619 pages sur le format pdf
  • Une photographe motarde rousse un peu trop directe qui va vous faire craquer
  • Des héroïnes qui se vouvoient bien trop longtemps
  • Un premier baiser magnifique et plusieurs scènes hot
  • Des séances photos de femmes dévêtues
  • 3 mémettes à mourir de rire
  • Une éleveuse de vaches laitière accro à son fusil
  • Un bar-restaurant qui ne propose que du fait maison (et on a trop envie d’y manger)
  • Une cave qui a tout d’une caverne d’Ali Baba si vous aimez la charcuterie et le fromage
  • Deux femmes amoureuses qui grandissent au contact l’une de l’autre

On n’est pas mal, là, non ? Franchement, il y a du spoiler dans cette liste. Vraiment beaucoup trop de spoiler !

La quatrième de couverture de Nos Heures Dorées de Clémence Albérie

Louise Rouanet mène deux vies de front : éleveuse de brebis laitières et mairesse d’un village en pleine désertification. Elle jongle entre ses responsabilités sans jamais se plaindre. Mais la fermeture programmée du Marronnier, le bar-restaurant emblématique de Montréal-sur-Tarn, menace l’âme de cette campagne tarnaise qu’elle adore.

Myriam Lafon est une photographe engagée, envoyée pour réaliser un reportage mettant en valeur les femmes agricultrices. Motarde libre, elle vit au gré de ses missions et capture ses sujets avec sensibilité. Sous son objectif, Louise se redécouvre et doit se rendre à l’évidence : Myriam la trouble plus qu’elle ne veut bien l’admettre.

Quand Louise imagine un calendrier photo pour attirer l’attention sur son village, Myriam n’hésite pas une seconde et s’engage à ses côtés. Mais si leur alchimie devient l’un des moteurs du projet, convaincre les figures locales de participer et d’affronter leurs préjugés pour sauver Montréal-sur-Tarn reste un sacré défi !

La couverture avant de vous partager l’extrait de Nos Heures Dorées

Il y a 15 jours, je vous expliquais que la couverture était le fruit du magnifique travail de l’illustratrice Emmanuelle Delouhans. Nous sommes très fières d’avoir collaboré avec elle parce qu’elle a vraiment mis en image la vision de Clémence Albérie. Vous avez cette place du village mythique du sud avec sa fontaine, sa mairie et cette couleur qu’on ne trouve pas du tout en Auvergne d’où je viens. Nous, on a la pierre volcanique noire… C’est moins lumineux quoi…

Pardon, je m’égare. Du coup, la couverture. Au centre, vous avez Louise qui pose pour Myriam accroupie en bas à gauche. Louise est heureuse, fière, sûre d’elle sous l’oeil attentif de la femme qu’elle aime. Et on adore, quoi !

Nos Heures Dorée de Clémence Albérie - Romance lesbienne - Format Web

Extrait de Nos Heures Dorées de Clémence Albérie

J’arrête de faire durer le suspense. Voici un extrait de ce très beau roman.

— Il me faut apporter quelques balles de foin à la bergerie. Je peux vous abandonner quelques instants ?

— Bien sûr, j’ai le droit de continuer les prises de vue ? s’enquit Myriam en levant son objectif.

— Sans problème ! Je… Je vais faire vite, assura l’éleveuse qui monta au volant du plus petit tracteur de l’exploitation, attelé avec une fourche avant et une fourche arrière.

Après avoir mis le moteur en marche, Louise avança sur une balle de foin, la poussière virevoltant autour d’elle, puis recula sur une deuxième. L’odeur d’herbe coupée et séchée emplissait l’air et chargeait l’atmosphère de fines particules. Elle avait l’impression que des milliers d’éclats lumineux l’éblouissaient. La nature était contre elle, pourtant, Myriam semblait capturer chaque mouvement, comme fascinée. Si elle tentait de se concentrer sur son travail, en cet instant, Louise ne parvenait pas à ignorer la photographe qui souriait d’une oreille à l’autre, visiblement dans son élément.

Tout en essayant de demeurer professionnelle, Louise s’activa sous le regard perçant de Myriam. Sans descendre de son engin, elle siffla ses deux chiens pour qu’ils fassent rentrer un groupe de brebis qui avaient profité d’une barrière mal fermée pour sortir de la bergerie.

Ce que Louise n’avait pas prévu, c’était que Myriam s’était déplacée et se trouvait maintenant au milieu du chemin. Les animaux commencèrent à la contourner, l’effleurant lorsqu’ils étaient trop proches. De manière complètement inattendue, Myriam éclata de rire et abandonna son appareil pour caresser celles qui passaient tout près. Louise ne put s’empêcher de remarquer à quel point la photographe paraissait à l’aise, ici. Rarement une femme de la ville lui avait donné l’impression d’être autant dans son élément.

N’ayant pas le temps de se poser davantage de questions, Louise entra les deux balles de foin dans la bergerie, retourna garer son véhicule dans le hangar, puis regagna rapidement le bâtiment pour se mettre à l’abri du froid et continuer son travail. Dans un geste maîtrisé, elle s’attela à déconstruire les balles de foin, omettant momentanément la présence de sa visiteuse.

Après avoir rempli les différentes auges et les râteliers, l’éleveuse se pencha pour gratouiller la tête d’un de ses petits ruminants, protégés de l’hiver dans son immense dortoir. Fine observatrice, elle s’évertuait à toujours surveiller la santé de chacune. Elle était si absorbée qu’elle n’avait pas entendu Myriam revenir à l’intérieur et sursauta lorsque cette dernière demanda :

— Vous êtes systématiquement aussi exaltée par votre activité ? Ou ma présence vous rend particulièrement investie ?

— Je… Pour être honnête, j’avais un peu oublié que vous étiez là. Ce n’est pas un travail, c’est une passion.

— J’ai pu le constater. Je réitère : vous m’inspirez énormément.

— Vous me flattez, avoua Louise d’une voix plus rauque qu’elle ne l’aurait voulu.

Elle continua à caresser la bête qui restait à ses côtés et se reconcentra sur l’essentiel – à savoir, parler de son métier.

— Vous voyez ces brebis ? Elles sont bien plus que des animaux pour moi. Elles symbolisent un mode de vie, une tradition qui pourrait s’éteindre si on ne la préserve pas.

Loin des plaisanteries du début, Louise se montra vulnérable et bien plus sombre qu’elle ne l’avait d’abord imaginé. L’éleveuse s’arrêta un instant, son regard se perdant sur ses bêtes.

— Je suppose que, si un mot devait résumer mon existence, ce serait « lutte ». Une lutte pour élever mon troupeau dans ce monde d’hommes. Une lutte pour faire entendre ma petite voix trop aiguë aux oreilles des classiques membres d’un conseil municipal. S’il faut de la hargne pour être bergère, je crois qu’il en faut bien plus pour être mairesse. C’est un combat quotidien pour garder la barque à flot dans un village reculé de deux cents habitants comme Montréal-sur-Tarn. Le cabinet du médecin est vide depuis plus d’un an… Aujourd’hui, la question de fermer le restaurant se pose, faute d’un repreneur… ce serait un coup fatal pour notre commune.

— Quelles sont les conséquences de ces fermetures ? interrogea Myriam.

À ce stade, Louise ne percevait plus du tout les clichés de la photographe. Comme à son habitude, son sujet l’avait happée et la passion contrôlait tous ses actes. Elle inspira profondément et son regard devint déterminé.

— Quand on perd des services comme ça, on perd la proximité, on perd en qualité de vie et, bien plus grave, on perd le lien. Les gens ne viennent plus s’enterrer dans des territoires sans aucune commodité. C’est bien trop contraignant pour le quotidien. Les enfants partent chercher mieux, plus tenable, et aucune nouvelle famille ne les remplace. Notre communauté s’affaiblit. J’ai vu des bourgades se vider en quelques années et c’est terrifiant.

Son ton s’intensifia, sa voix devenant chevrotante sous le coup des vives émotions qui l’habitaient. Elle ne pouvait pas laisser mourir ce village. Son village.

— C’est à nous, à ceux qui restent, de se faire entendre. Il est de mon devoir de défendre Montréal-sur-Tarn et sa qualité de vie. Si je ne le fais pas, moi qu’ils ont élue pour ça, qui d’autre s’en chargera ?

Louise lutta contre les larmes qui menaçaient de couler et s’aperçut du silence relatif qui planait autour d’elles. Si les bruits de la ferme continuaient inlassablement – bêlements, cliquetis des armatures des cornadis, concert sourd du piétinement des sabots –, le son de l’appareil photo, lui, s’était tu. Myriam fixait l’agricultrice sans battre des paupières, comme captivée par ses mots, en totale admiration. En le réalisant, Louise sentit le feu lui monter aux joues. Elle s’empressa de pivoter vers ses brebis et entreprit d’épousseter ce qu’elle découvrit n’être en fait qu’une balle de foin.

— Vous avez une telle passion, c’est inspirant. Je sais, je sais, je me répète, reprit Myriam sans faire le moindre commentaire sur son geste improbable.

Louise tourna la tête, leurs regards se croisèrent et un frisson parcourut l’air. Myriam semblait sincèrement enthousiasmée par leurs échanges et ce constat la toucha profondément. Personne ne lui avait parlé ou ne l’avait considérée avec autant d’intérêt depuis bien longtemps. L’éleveuse tressaillit, saisie par l’agréable chaleur qui s’installait dans son corps au contact de la photographe. Elle plongea quelques instants dans les pupilles noisette de son invitée et ne put s’empêcher de relever encore une fois combien cette dernière avait de beaux yeux… et un beau visage, si elle se montrait honnête… un très beau visage, même. Louise laissa glisser son attention sur les lèvres peintes d’un discret rose, nota l’esquisse de sourire que cela déclencha. Elle se mordilla l’intérieur de la joue et souffla afin de briser volontairement cet instant suspendu.

— Merci. Mais ce n’est pas toujours facile. Il y a des jours où je doute.

Louise avouait rarement ses inquiétudes au grand jour. Comment Myriam était-elle parvenue à la faire se livrer autant en si peu de temps ? Elle l’ignorait complètement.

— J’aimerais que d’autres personnes réalisent l’importance de mon… notre combat, se corrigea-t-elle. Mais comment les convaincre de dépasser l’image de façade pour découvrir la beauté sous-jacente de nos merveilleux territoires ?

— Peut-être que raconter votre histoire pourrait être un bon début.

— Je la trouve bien moins intéressante que les enjeux de mon village, avoua Louise en se massant les cervicales.

— Je pense au contraire qu’elle est le type de point de départ inspirant qui donne envie de connaître la suite. Les destins comme le vôtre peuvent toucher et attirer sympathie et empathie. Il n’y a rien de mieux pour capter l’attention.

— Je ne… Peut-être que je… je me sens plutôt comme un outil de la quête… jamais comme une part de la solution moi-même.

— Les femmes ont beaucoup trop l’habitude d’œuvrer dans l’ombre. Tel est notre plus grand défaut, finalement. Si nous avions autant d’ego que les hommes, nous mènerions cette planète depuis de nombreuses années maintenant. Et bien mieux qu’eux !

— Le féminisme engagé ne dépasse que peu les frontières des villes. Dans mon village, être accepté à ma place est déjà une victoire.

— Je le conçois. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’aspire tant à mettre votre histoire en lumière. Si vous pouvez tout ça, pourquoi d’autres femmes ne le pourraient pas ? Réalisez-vous combien vous écouter est passionnant ? J’espère sincèrement qu’aujourd’hui ne sera pas le seul jour de notre collaboration, précisa la photographe avec un sourire, ses mots flottant entre elles comme une promesse implicite.

Ne rougis pas, ne rougis pas, ne rougis pas… Je me demande si Myriam aime les hommes ou les femmes… Mon Dieu, non, mauvaise pensée, change de sujet.

Rendez-vous le 17 mars prochain en tout cas !

3 Commentaires sur “Extrait du nouveau roman de Clémence Albérie : Nos Heures Dorées

  1. Titia dit:

    J’ai commencé à lire l’article sans vouloir lire l’extrait car vous savez que j’aime découvrir le roman sans spoil mais j’ai dû arrêter de lire rien qu’au début y a du spoil 🫣🤣.
    Je vais attendre qu’il soit dans la boîte aux lettres 📮😁

  2. Cortin Cecile dit:

    Quelle liste ! Quel beau programme..de campagne 🥰
    Coup de coeur pour la couverture : moderne, fraîche, énergique et..sexy !
    Cette luminosité typique, elle en jette !
    Non, promis, je ne dirai rien sur la pierre volcanique noire de Volvic et son utilisation Monumentale à C-F 😍😶😉
    L’extrait : Bon Air et Bonheur ❤❤🌞🐑

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