Vingt ans à m’attendre des moments de vie et de la pudeur disponible le 8 septembre…
Il y a peu de temps, nous vous annoncions la deuxième sortie du mois de septembre : Vingt ans à m’attendre de Lennie Kirene Smith. Dans ce roman, vous découvrirez la plume de Lennie, tout en douceur et en pudeur à travers les moments de vie de son héroïne qui se remémore les instants importants de sa vie vécus auprès de Virgina…
Et le tout avec une romance friends-to-lovers et slow-burn… En résumé, des amies d’enfance qui mettent longtemps à comprendre qu’elles sont amoureuses l’une de l’autre 😉.
Le résumé de Vingt ans à m’attendre
Est-ce que vous savez que le titre de cette histoire a été très difficile à trouver ? Déjà du côté de l’auteurice, après soumissions du roman. Puis de notre côté, quand il a fallu trouver quelque chose d’un peu plus accrocheur. Bien sûr, comme d’habitude, c’est Gaëlle qui a apporté toute son expertise. Et on adore ce titre même s’il y a eu gros débat avec « Vingt ans à t’attendre ». C’est Lennie qui a eu l’idée du « m' » pour « m’attendre » et on a adoré, ça amène quelque chose de beaucoup plus énigmatique selon nous et qui parle pour les deux personnages (vous comprendrez en lisant). Oui, je vous dis tout aujourd’hui !
Mais bon, vous n’êtes pas là pour ce genre d’anecdotes. Vous êtes là pour retrouver la quatrième de couverture si vous l’avez ratée la dernière fois ! Du coup, hop, et voilà. C’est juste après.
Je n’ai jamais su ce que Virgina me trouvait.
À douze ans, j’étais la fille qu’on embêtait et que personne ne défendait. Elle, de son côté, était belle et populaire. Un matin, elle s’est assise à côté de moi et les moqueries ont cessé.
Virgina est devenue ma meilleure amie et sans doute la seule.
Elle est d’un grand soutien, c’est grâce à elle que j’ai eu mon premier petit ami. Seulement, parfois, elle est aussi mélancolique et en colère, sans que je m’explique vraiment pourquoi. J’ai l’impression que nous sommes proches, parce que j’arrive à deviner ses réactions mais, en même temps, elle me paraît totalement inaccessible.
Alors je me contente de rester dans son ombre et de l’observer briller.
Au fil des ans, Virgina s’est éloignée et je n’ai rien fait pour la retenir, de peur de la perdre. Quand elle est revenue me proposer de l’accompagner pour son premier championnat de boxe, j’ai eu la sensation qu’elle avait changé. À moins que ce ne soit moi, ou plutôt, ce que je commençais à ressentir pour elle…
Avec Vingt ans à m’attendre, Lennie Kirene Smith raconte une histoire d’acceptation et d’émancipation à travers des moments de vie de son héroïne. Un roman tout en pudeur, qui aborde le déni, la santé mentale et le temps qu’il faut pour être en accord avec soi-même.
Et maintenant, la couverture de Vingt ans à m’attendre de Lennie Kirene Smith
La couverture, c’est une pure beauté ! Une illustration incroyable d’une illustratrice de talent : Camille Gras (@mrsglaciale sur Instagram) que Lennie nous a présentée. Première fois que nous travaillons avec elle et on doit dire qu’on a adoré ! Et les échanges avec Camille et ses idées et surtout son coup de crayon ! On espère que c’est également votre cas.
Il se dégage de cette illustration un étrange sentiment de mélancolie en regardant cette photo sur ce fond bleu nuit qui correspond parfaitement à l’ambiance du roman. Allez, assez parlé, voici la couverture si vous n’aimez pas les puzzles !
Précommandes de Vingt ans à m’attendre de Lennie Kirene Smith
Bon, j’ai l’impression, encore une fois, d’avoir été trop bavarde. Du coup, j’arrête et je vous laisse avec l’extrait du roman. Et surtout, je vous rappelle la date de sortie fixée au 08 septembre 2026. Mais les précommandes du format papier sont d’ores et déjà là. Vous pouvez passer votre commande en cliquant sur le lien en-dessous.
L’extrait de Vingt ans à m’attendre de Lennie Kirene Smith
Automne 1995
La soirée battait son plein. Le bruit était assourdissant et les éclairages me faisaient mal aux yeux. J’essayais tant bien que mal de continuer à danser avec les autres élèves qui, ce soir-là, n’étaient que des fêtards. J’avais chaud, je n’en pouvais plus, je n’aimais pas cette ambiance. La luminosité devenait vraiment douloureuse et je fermai les paupières. Tout à coup, je sentis une main agripper fermement mon poignet. J’ouvris les yeux avec difficulté, tout en me laissant tirer vers l’extérieur.
Une bouffée d’air frais me frappa. Je repris mon souffle et, après quelques secondes à me remettre les idées en place, je la vis. Grande, toujours aussi belle, les cheveux au vent, elle portait des bottines noires à talons hauts, des collants transparents, une jupe courte et son éternelle veste en cuir. Elle fixa les étoiles, puis, après un moment, se tourna vers moi et me demanda :
— Besoin d’un peu d’air ?
Je rigolai du fait qu’elle me pose la question après m’avoir entraînée dehors, loin de la fête. Sans plus de commentaires, Virgina attrapa ma main et me guida vers un recoin du jardin qui formait une minicolline sur laquelle se trouvaient des buissons. De là, on pouvait voir la maison et la terrasse que nous venions de quitter. Surtout, de l’autre côté de ce petit monticule se dessinait une piscine, suffisamment cachée pour que les fêtards ne l’aient pas encore prise d’assaut. Virgina s’assit entre des arbustes, s’en servant comme d’une sorte de cabane l’éloignant du monde.
Elle sortit ensuite une boîte de la poche de sa veste et en extirpa une cigarette pendant que je m’installais à côté d’elle.
— Tu fumes maintenant ?
Son regard intense se tourna vers moi et son sourire espiègle me nargua.
— Qu’en soirée… Pour l’instant.
— Tu sais que ce n’est pas cool de fumer ?
— Tant mieux, je cherchais à me rendre moins populaire.
Nous rîmes. Elle pouvait essayer tout ce qu’elle voulait, elle resterait toujours aussi cool. Je me demandai à quel point elle était victime de cet état de fait, de sa propre beauté. Nous demeurâmes là, à admirer les étoiles. Au bout de plusieurs minutes de silence, durant lesquelles mon mal de tête se calma, elle m’interrogea :
— Alors, tu t’amuses ?
— Je crois, oui… Merci de m’avoir invitée.
Elle m’observa avec beaucoup de tendresse, toujours en souriant.
— Hé, on ne vit ses années lycée qu’une seule fois.
C’était vrai. Et il était vrai aussi que j’étais présente uniquement parce qu’elle m’avait conviée. Personne n’aurait pris cette peine, sinon. Nous avions commencé l’année scolaire depuis plusieurs semaines et rien n’avait changé : au mieux j’étais transparente, au pire j’étais la cible de remarques peu flatteuses. Pourtant, le plus important n’était pas là. Le plus important était que j’étais dans la même classe que Virgina.
De son côté, elle était égale à elle-même : en quelques jours à peine, tout le monde l’aimait déjà. Un groupe de terminales l’avait d’ailleurs adoptée sans que je comprenne comment. Sa voix me tira de mes pensées :
— Alooooooors… ?
— Alors quoi ?
Elle pencha un peu plus la tête vers moi après avoir écrasé sa cigarette par terre.
— Il y a quelqu’un qui te plaît au lycée ?
Je rigolai de manière gênée.
— De quoi tu parles ?
— Allez, tu peux me le dire !
— Mais ça va pas ? Et puis, non…
Elle m’interrogea d’une voix taquine :
— « Non », genre « non personne » ?
— … Toi d’abord.
Elle sembla étonnée. Puis, elle prit le temps de réfléchir quelques instants, avant de hausser les épaules.
— Je ne crois pas, non.
Elle avait l’air pensive et regardait le sol. J’avais l’impression qu’elle était triste. Je me demandai si elle était sincère. Et, en même temps, la formulation de sa phrase… trahissait de l’incertitude… Ça signifiait peut-être qu’elle était perdue… Ça ne devait pas être facile d’être elle. J’avais remarqué que les gens semblaient souvent attendre quelque chose de sa part. Est-ce qu’elle subissait une sorte de pression qui m’était étrangère ? Sûrement. Quand je pris conscience de mes réflexions, j’eus envie de lui changer les idées. Et puis… je pouvais le lui dire, à elle.
— Bon… il y a peut-être quelqu’un…
Ses traits s’illuminèrent ; de nouveau, son sourire apparut.
— Je le connais ?
— Moui…
— C’est qui ? C’est qui ?
— Dan…
Je vis à son expression qu’elle essayait de se remémorer son visage.
— Ah, mais oui ! Grand, métis, cheveux courts et crépus, et athlétique !
Je hochai doucement la tête en regardant la piscine en contrebas. Visiblement curieuse, Virgina poursuivit son interrogatoire :
— Et tu lui as déjà parlé ?
— Pour lui dire quoi ?
— Bah, je ne sais pas, moi… mais il va falloir te lancer !
Je fis un signe négatif de la tête et elle renchérit.
— Allez, ça ne coûte rien !
— C’est facile pour toi ! Tu peux avoir qui tu veux !
Elle sembla surprise, comme si je lui faisais la révélation du siècle. Était-elle si gentille et bienveillante qu’elle ne remarquait pas la manière dont tous les garçons la regardaient ? J’avais du mal à y croire et, pourtant, j’essayai de lui expliquer la différence entre nous :
— Moi, je ne suis pas comme toi… je ne sais jamais quoi dire…
— Alors, ne dis rien.
— Mais ce n’est pas toi qui viens de me dire de lui parler ?
— Si, mais vas-y à ton rythme. Ne force pas la chose, approche-le en douceur.
— Ce que tu racontes n’a aucun sens…
Elle rigola et se leva en regardant la piscine qui scintillait en contrebas.
— Parfois, il faut juste se lancer.
Elle effectua quelques pas en arrière avant de prendre de l’élan et de plonger dans la piscine. J’étais stupéfaite. C’était tellement… elle.
— Ça va pas ?
Son visage revint à la surface, ses cheveux collaient sur son cou. Elle releva un peu la tête, sans réussir pour autant à repousser ses mèches qui suivaient joliment les lignes de sa mâchoire, et cria :
— Allez, viens, elle est bonne !
— Il est 2 heures du matin, elle doit être glacée !
— Tu ne le sauras jamais si tu ne me rejoins pas !
Je soupirai. J’allai faire quelque chose de stupide, c’était sûr. À ce moment-là, je pris de l’élan à mon tour et je me « lançai ». Mon souffle se coupa au contact de l’eau glaciale. Je remontai rapidement à la surface et ma tête me parut regagner un peu de chaleur. En revanche, j’avais l’impression d’avoir dessaoulé d’un coup. Virgina m’observa en riant.
— Alors ?
— Elle est gelée !
— Oui, mais tu ne l’aurais jamais su si tu n’avais pas tenté le coup. Tu dois faire pareil avec Dan !
Ce qu’elle m’énervait avec ses mots d’esprit !
— Je crève de froid !
Toujours en rigolant, elle s’approcha de moi et me prit dans ses bras. Je percevais la chaleur de son corps contre le mien et la sensation m’aida à arrêter de trembler. J’étais bien, en sécurité. Je sentis son haleine de tabac froid quand elle me demanda :
— Ça va mieux ?
Préférant lui répondre sur le ton de l’humour plutôt que de confirmer, je lui indiquai de manière volontairement trop appuyée :
— Vous êtes drôle, très chère !
Mon trait d’esprit sembla la divertir, car elle rit de plus belle. Tout ça n’était qu’une blague pour elle. Au loin, j’entendais des personnes se rapprocher. La soirée battait encore son plein, la musique était très forte. Je scrutai le paysage pour regarder si je repérais des gens que je connaissais, mais ne distinguai que des silhouettes chancelantes. Virgina notifia dans un murmure :
— Je crois voir Dan.
Je tournai rapidement la tête vers elle.
— Te fous pas de moi !
— Je suis très sérieuse.
Son visage s’illumina et elle se rapprocha davantage.
— J’ai une idée !
— J’ai peur…
— Et si on s’embrassait ?
— Quoi ?
— Les mecs adorent ça… ça pourrait l’intriguer et…
Elle m’adressa un sourire coquin.
— Il viendra peut-être te parler…
— T’es trop bizarre…
Je levai les yeux pour regarder les étoiles. Le ciel était magnifique. Je me sentais à l’aise, il ne faisait pas trop froid. J’étais toujours contre Virgina, je percevais ses mains dans mon dos. La seule chose qui détonnait dans le tableau était le bruit du groupe qui se rapprochait.
— Et puis… pourquoi pas ?
Magnifique couverture tout en contrastes 🥰 Comme on dit » j’ai les mains froides mais le coeur chaud « . L’Héroïne dans l’ombre est terriblement attirante !
Pour l’extrait, atmosphère ambigüe qui donne le ton ! Virgina en vraie stratège !
Oui, hélas, Isabelle, la coupure est de taille !!🤣🤣