Titre : Toi, moi et l’océan
Auteure : Clémence Albérie
ISBN : pdf : 978-2-37838-518-7, ePub : 978-2-37838-516-3, mobi : 978-2-37838-517-0
Date de Sortie : 07/07/2026
Nombre de Pages : 323 pages
Résumé :
Carine a trente ans, gère un bar à Saint-Malo et partage son lit avec une pêcheuse qui n’apparaît dans sa vie que lors de ses retours au port. Albane a été claire depuis le début : la mer est sa femme, et elle n’a pas l’intention de s’engager dans une quelconque relation. Pourtant, le lien qui les unit ne trompe pas, et Carine est convaincue que leur histoire mérite mieux qu’une suite de nuits sans lendemain.
C’est pourquoi, quand Albane repart en campagne de pêche sans un regard en arrière, Carine prend la seule décision qui lui semble logique sur le moment, à savoir monter clandestinement à bord du Filet d’Argent. Elle se retrouve piégée en mer pour six semaines sur un crevettier breton, sans avoir le pied marin et face à un équipage qui ne sait pas quoi faire d’elle.
Entre un capitaine au grand cœur, un second bourru, un matelot poète, un cuisinier philosophe, un poulpe dont personne ne remet en question la présence et un océan qui n’a pas fini de lui donner des leçons, Carine va devoir prouver qu’elle peut s’intégrer au monde d’Albane.
Au milieu de l’Atlantique, loin de tout, Carine et Albane arriveront-elles enfin à s’avouer ce qu’elles n’ont jamais su se dire à terre ?
Extrait :
Lorsqu’elle se réveilla le lendemain, Carine remarqua immédiatement la place vide à ses côtés. En glissant sa main sur le matelas, elle ne trouva que les draps froids. Elle se leva et aperçut ce qui l’avait tirée des bras de Morphée. Albane était debout dans l’angle de la chambre et sautillait pour faire monter son jean un peu trop serré. Elle ne portait qu’une brassière de sport blanche qui tranchait avec le teint hâlé de sa peau tannée par le soleil. Carine connaissait par cœur cette danse de la fuite matinale qu’entreprenait son amante après chacune de leurs nuits ensemble depuis des mois. L’époque bénie où elles s’étaient confinées ensemble, découvrant la vie à deux, lui manquait chaque jour un peu plus.
— Pourquoi filer ainsi dès l’aube, maintenant ?
— J’ai du boulot.
— Le Filet d’Argent est à quai pour quelques jours.
— Ça ne signifie pas que je suis en vacances, Carine. Nous avons déchargé l’intégralité de la pêche, il nous faut nettoyer tout le chalutier, les caisses et les nasses. Réaliser les maintenances sur la coque, sur la mécanique du bateau. Contrôler les équipements de navigation et de sécurité. Procéder à l’avitaillement[1]. On ne chôme pas, même à terre.
— Il n’est que… 6 heures, précisa-t-elle après avoir vérifié le réveil sur sa table de chevet.
— Mal de terre, Carine. Tu sais que je dors mal dans un lit immobile les premières nuits. Sauf si tu es partante pour un second round, indiqua-t-elle d’une voix particulièrement érotique.
— Toujours, mais avant, j’aimerais qu’on parle, Albane.
Carine mesurait parfaitement qu’elle allait se tirer une balle dans le pied, mais elle n’en pouvait plus. Depuis qu’elle fréquentait la pêcheuse, cette dernière ne cessait de s’enfuir, lui glissant des mains telle une anguille chaque fois qu’elles progressaient dans leur relation.
— Sérieusement ? À quoi bon ?
Ses paumes maintenant posées sur le matelas, Albane avança à quatre pattes vers son amante d’un mouvement félin, comme une lionne ayant verrouillé son attention sur sa proie sans défense. Avant que leurs bouches ne se touchent, elle se décala et ses lèvres frôlèrent l’oreille de Carine.
— Ce ne sont pas tes mots que je veux entendre.
Quand le souffle d’Albane toucha la peau électrisée de Carine, cette dernière frissonna de la tête aux pieds. Leur proximité l’empêchait de réfléchir, mettant à mal sa détermination. Elle gémit aux baisers déposés dans son cou. Lorsqu’elle grogna de désir, Albane vint s’installer au-dessus d’elle. Cette position lui déclencha une sorte d’électrochoc. Au prix d’un gros effort, elle rassembla tout son courage pour chasser la femme et ses caresses bien trop dangereuses.
— Sérieusement ? s’agaça Albane, qui ne semblait vraiment pas ravie de se faire ainsi repousser.
— Sérieusement ! J’ai besoin de te parler et, si nous couchons ensemble, je vais lâcher prise et tu vas encore larguer les amarres sans un regard en arrière.
— Je n’ai pas l’impression que ça t’ait dérangée jusque-là.
— Tu sais parfaitement que si ! Chaque fois que nous nous rapprochons, tu fuis davantage.
— Carine, ne recommence pas.
— J’ai envie de plus et tu le sais depuis longtemps. J’ai passé les trente ans, nous les avons toutes les deux passés et je veux davantage.
Albane pivota d’un coup pour s’asseoir au fond du lit, dos à sa partenaire. Son visage enfoui dans ses paumes, elle soupira d’exaspération, puis se leva. En grommelant des paroles incompréhensibles, elle saisit son débardeur noir, l’enfila en hâte avant de se baisser pour rattraper son sac et ses chaussures.
— Albane, bon sang ! Cesse de fuir, c’est fatigant.
— Pourquoi ? Pourquoi je devrais rester ? Je n’ai pas envie de parler, pas envie de plus, pas envie de creuser. J’ai toujours été claire. Je t’adore Carine. Toi et moi, sexuellement, c’est juste génial. À quoi bon saboter ça avec du blabla ? râla-t-elle tout en mimant des guillemets, son énervement visible sur son beau visage.
— La vie ne se résume pas à du sexe et basta.
— C’est mal, ce que tu fais. En as-tu conscience ? Nous avons eu et encore eu cette conversation. Je ne t’ai jamais menti. Alors, je me répète, mais pourquoi ? Je n’ai pas envie de plus. Je n’ai pas besoin de plus, même.
— Je sais… Je le sais, je…
Carine hésita, prise de court par ces mots et ses propres émotions. Effectivement, Albane n’avait jamais dissimulé son refus d’ancrage, son refus de plus sérieux que ce qu’elles partageaient. Pourtant, ses sentiments pour la matelote la torturaient. Continuer à faire semblant d’y trouver son compte la consumait à petit feu. Une part d’elle était habitée par l’intime conviction que leur relation, si on pouvait la qualifier ainsi, pouvait évoluer, pouvait être officialisée. Malgré tous ses efforts, Carine ne parvenait plus à retenir cette certitude que leurs vies pourraient s’avérer compatibles au-delà du sexe.
— Je voudrais pouvoir m’accommoder de ça. Je le désire. Mais je pense, je sais, pour être totalement transparente sur ce que j’éprouve, que nous pouvons prétendre à plus, Albane. Nous y avons toutes les deux droits.
— Sauf que ton postulat part du principe que je voudrais cela, mais me l’interdit. C’est ici que tu te trompes complètement.
— Je l’entends, même si une part… une énorme part de moi me hurle que tu te voiles la face. Je sais que c’est mal, je sais que tout serait plus simple si je lâchais. Mais, comment peux-tu prétendre ne pas aspirer à plus après tout ce qu’il s’est passé entre nous ? Après notre confinement ? Après ce que nous nous sommes dit ? Mentais-tu à l’époque où tu m’assurais prendre goût à être ma compagne ? Tu te disais heureuse que je sois dans ta vie et que nous soyons un « vrai couple » ?
Son corps tressaillit. Elle baissa les yeux, hésita, mordilla l’intérieur de sa joue avant de secouer la tête comme pour s’empêcher de craquer. Lorsqu’elle releva le nez vers Carine, son regard s’était atrocement durci.
— Carine, je t’apprécie énormément, ne gâche pas tout, lui lança-t-elle avec autorité.
— Je ne veux rien gâcher, au contraire. Je ne souhaite que ce dont on a rêvé toi et moi. Ce que je pense sincèrement possible pour nous.
— Arrête ! cria-t-elle, de plus en plus énervée.
Était-elle déstabilisée ? Carine le crut un instant sans avoir le temps de réagir. Déjà, Albane reprenait :
— Ce n’est pas parce que j’ai pleuré dans tes bras à l’anniversaire du décès de mes parents qu’il faut en déduire que je suis faite pour les relations stables, tenta-t-elle dans une pirouette qui ne parvint pas à convaincre la gérante de bar.
— Tu as vécu avec moi des semaines durant et…
— Je n’allais pas bien, Carine. J’étais en souffrance, clouée à terre par le confinement. Loin de la mer, j’avais perdu tous mes repères et c’est clair que tu m’as aidée. Moi qui fuyais depuis tant d’années ma reconstruction, j’y suis arrivée grâce à toi, j’ai pu faire mon deuil, tourner cette page qui me torturait. Je ne le nie pas et ne le nierai jamais. Tu es importante et précieuse pour moi. C’est un fait absolu. Pourtant, je ne veux pas être en couple sans pour autant bousiller ce qu’on a. J’adore rentrer au port et savoir que je vais retrouver tes bras, ton corps et tes soupirs. Je me délecte de nos discussions, de nos soirées à réinventer le monde. J’aime rire avec toi… Mais quand je repars sur l’océan, je veux préserver mon état d’esprit. J’ai toujours été honnête sur ma nécessité de ne pas créer d’ancrage. Pas d’attaches égale pas de souffrances. On savoure l’ensemble, on ne pâtit pas de l’absence. La vie continue et on profite de nos parenthèses. Ça te convenait à une époque.
— Notre lien ne se réduit pas à cette phase compliquée de ton existence, tu en as conscience ?
— OK, oui… OK, ce n’est pas faux. Nous nous sommes confinées toutes les deux quand j’ai été bloquée à terre deux mois. Ça n’a pas fait de nous un couple.
— Ce n’est pas ce que tu disais à une époque.
[1] Action de fournir tout ce qui est nécessaire au bon fonctionnement d’un moyen de transport. Ici : carburant, matériel, vivres, eau…
AlexB (client confirmé) –
Superbe histoire, vraiment. J’ai adoré decouvrir Carine qui, par amour, ne lache rien et est prête a prendre tous les risques. Albane qui l’aime tout autant mais se laisse diriger par sa peur, ce qu’on peut entierement comprendre. Les amitiés qui se nouent avec les matelots surtout Marco et Maël. Le Gege si dur mais qui cache un grand coeur et ce sacré Jean Poulpe.
Et la mamie totalement hors du temps🤣
Le dernier chapitre est complètement WTF🤣🤣🤣
C’est génial j’ai dévoré l’histoire 😊
Emi_lybook –
Reines de Coeur en ce jour, nous a offert le plus beau des cadeaux en publiant le « presque roman » de Clémence Albérie. Cette histoire est une pépite et je ne dis pas ça parce que c’est mon autrice préférée. Je suis totalement tombée sous le charme de cette douce romance.
J’ai beaucoup de choses à vous dire sur ma lecture et en même temps, je ne peux pas trop le faire au risque de trop spoiler, mais je me dis qu’il faut quand même en dire suffisamment pour vous donner envie de le lire. Ce livre est un gros gros coup de coeur. Il passe actuellement numéro 1 de mes livres préférés de cette année.
Par quoi commencer ? Hormis le fait que je suis extrêmement heureuse d’avoir pu retrouver la plume de mon autrice chouchou aussi vite (son dernier roman étant sorti en mars). Cette romance, se déroulant au coeur de l’océan, m’a totalement fait voyager. J’avais une légère appréhension non pas sur le thème de l’océan, mais plutôt celui de la pêche, moi qui n’y suis pas très intéressé, j’avais vraiment cette crainte de ne pas aimer le thème et donc cette histoire et pourtant, c’est tout l’inverse qui s’est produit. J’ai adoré découvrir cet univers assez particulier. On entend plein de clichés sur le monde de la mer et pourtant ici, Clémence nous montre une facette familiale, assez bienveillante et courageuse.
J’ai été surprise que cette histoire commence sur un passage assez « intime » ; c’est assez rare venant de l’autrice, mais en continuant la lecture, on comprend pourquoi ce livre commence par ce moment-là, et c’est plutôt bien trouvé. À la fin du premier chapitre, je me suis questionnée sur qui de Carine ou d’Albane me faisait la plus mal au coeur. Leur situation n’est vraiment pas simple même si on se met facilement à la place chacune.
Clémence m’a totalement fait oublier que je lisais cette histoire. J’ai souvent eu cette impression d’être à bord du chalutier et de vivre cette aventure comme Carine. Encore plus lors des descriptions au coeur de la tempête. Je n’ai remarqué qu’à la fin de ce passage avoir retenu ma respiration… Juste pour ça bravo parce qu’il est rare que je m’échappe à ce point du monde réel pour « l’imaginaire ».
Je me suis totalement attachée aux différents personnages, qu’ils soient principal, secondaire ou même poulpe. J’ai la sensation qu’on ne sort pas totalement indemne de ce genre de voyage, un peu comme Carine en fait…
Il y aurait tant de détails à vous dire et pourtant, je préfère m’arrêter là et aller déprimer d’avoir dégommé ma lecture. J’ai vécu un moment sur l’océan juste magique. Un peu comme 6h22, je me verrais bien le lire et relire lors des coups de blues. Ce livre montre que malgré si un univers entier nous sépare, quand l’amour est là, il peut tout surmonter. Sincèrement, j’ai été admirative du courage de Carine de tenter cette aventure au risque de perdre plus qu’à y gagner…
Vous l’aurez sûrement compris, ce livre est mon 2ème préféré, quoi que là, je le mets sur le même pied d’égalité que le tout premier roman de cette autrice. Ce livre m’a chamboulé autant que transporter. Alors si vous avez besoin de changer d’air et de découvrir l’univers de la pêche autrement que dans vos assiettes, ce livre est pour vous (et en plus a prix tout doux). Je suis sûr que comme moi, vous ne serez pas déçue du voyage.
Ka Reen (client confirmé) –
Clémence Alberie est souvent là où on ne l’attend pas. Avec ce livre, elle le prouve encore.
Alors oui c’est une de mes auteures favorites mais comment pourrait il en être autrement. Ce livre est une bouffée d’air ! Les personnages sont attachants, drôles et…surprenants. Comment dire autre chose quand on trouve un poulpe mignon!
Cet ouvrage est parfait pour l’été, un merveilleux moment d’évasion en pleine mer sur un crevettier… et oui pas besoin de s’imaginer sur un paquebot pour voyager!
Carine et sa belle matelote Albane vous feront passer un merveilleux moment si vous vous laissez tenter par l’aventure !
Maintenant j’ai mis la Bretagne sur ma to do list des endroits à visiter