Extrait du roman saphique spicy : Le Sel sur ta Peau de Rebecca Ray

Le sel sur ta peau de Rebecca Ray - Romance lesbienne spicy

Récemment, nous vous parlions de la sortie de cette romance lesbienne sensuelle d’été : Le Sel sur ta Peau, de Rebecca Ray qui sera disponible le 12 mai prochain. Mais vous avez peut-être raté l’information. Il faut dire que pour certaines personnes, c’était les vacances. Du coup, petit récapitulatif, mais version rapide ! Promis !

Le Sel sur ta Peau : Le premier roman d’une nouvelle autrice Rebecca Ray publié chez Reines de Coeur le 12 mai

Cette année, c’est l’année des nouvelles autrices. Vous avez certainement noté que l’équipe s’était agrandie… Et ce n’est que le début ! En fin d’année, vous aurez d’autres belles découvertes et rencontres.

Rebecca Ray nous a fait confiance pour son roman. Un roman saphique spicy qui se déroule en Espagne, pendant les vacances de l’héroïne, Sam, 20 ans. Elle va rencontrer Lisa, une Espagnole de 22 ans et immédiatement tomber sous son charme… Et leur relation va vite devenir… torride…

Le résumé officiel de ce roman saphique spicy : Le Sel sur ta Peau

Pas de présentation à rallonge ici. Il s’agit simplement de la quatrième de couverture que vous pourrez découvrir sur le livre… Oui, la routine, on peut dire. Mais une belle routine !

Sam, vingt ans, n’attendait rien de ces vacances familiales dans le delta de l’Èbre, à part bronzer, manger des tapas et profiter de ses parents. Mais lors de son premier bain de mer, l’étudiante en art percute une planche gonflable par inattention.

Le souffle coupé, non pas par le choc mais par la beauté de l’Espagnole sur le paddle, Sam reste sans voix. Seulement, lorsque la belle inconnue, Lisa, essaie de se présenter, la vacancière regrette soudain d’avoir choisi allemand LV2.

À son retour, Sam ne cesse de repenser à cette rencontre. Personne jusqu’à présent, ni fille ni garçon, ne lui avait fait cet effet-là. Le lendemain, après une nuit agitée à tenter de comprendre ce qu’elle ressent, Sam croise de nouveau Lisa. « Fiesta », « bar de la playa », le chiffre neuf avec les doigts… elle devine que l’Espagnole l’invite à une fête le soir même.

Sous la chaleur humide de l’été, armée d’une application de traduction et pleine d’incertitudes, Sam se dirige vers une soirée qui pourrait lui faire découvrir le sens du mot « passion »…

La couverture du livre signée Charlotte de Studiocha_cha

Lors du précédent article, c’était le puzzle. Et vous avez été nombreuses à vous lancer et à vous amuser à reconstituer ces couleurs magnifiques et ce très beau dessin. Mais pour toutes celles (et je sais qu’il y en a) qui n’aiment pas les puzzles, voici la couverture. Il s’agit d’une illustration originale de Studiocha_cha dont nous avons adoré le travail.

Le sel sur ta peau de Rebecca Ray - Romance saphique sensuelle

L’extrait de Le Sel sur ta Peau de Rebecca Ray

Allez, j’arrête de parler (enfin d’écrire) et je vous propose cet extrait que vous attendez avec impatience. Il s’agit de la première danse et du premier baiser. De quoi vous donner l’eau à la bouche, je l’espère…

J’aime ce jeu de traduction qui s’installe entre nous. Elle récupère son sac, puis, d’un geste de la main, m’invite à la suivre avec mon verre. J’imaginais qu’elle nous emmènerait danser et suis un brin déçue quand elle nous entraîne à l’écart pour que nous nous asseyions autour d’une petite table en fer. Lisa, je ne suis pas sûre qu’on puisse tenir une conversation assez longtemps pour se supporter… Au moment où cette pensée s’impose à mon esprit, Lisa effectue quelque chose d’assez logique, mais qui me semble un miracle : elle sort son téléphone et ouvre Google Traduction.

— Évidemment ! m’exclamé-je en levant mon propre smartphone pour l’imiter.

Je mets le mien en « français vers espagnol », elle effectue l’inverse. Je l’observe taper une phrase et attendre que la réponse s’affiche dans ma langue. Lisa tente de prononcer les premiers mots, mais elle abandonne bien vite et me présente son portable.

« Combien de temps restes-tu ici ? »

Je prends mon téléphone pour répliquer. Contrairement à elle, et parce que l’espagnol est plus facile pour une Française que l’inverse, je lis à voix haute mon écran.

— Dos semanas, me voy el diecinueve de agosto.[1]

Je peux deviner, sur les traits de son visage, que mon accent la fait craquer. Avant qu’elle réagisse, je saisis une autre phrase.

 Y tou ?

Oui, j’ai eu besoin de traduire cette phrase et je me sens un peu ridicule quand j’y pense.

Elle tape vite sur son téléphone et bientôt s’affiche : « Je rentre à Madrid le 26 août. »

J’hésite à partager ma pensée, puis je me souviens des paroles de Mona. Je dois et vais profiter du moment présent en sa compagnie. Dès lors, je me lance et choisis une phrase un peu plus complexe : « Alors, nous aurons le temps de faire connaissance. »

— Entonces, tendremos tiempo para conocernos.

En effet, nous sommes aujourd’hui le 7 août. Lisa sourit de plus belle en acquiesçant d’un signe de tête. Ma margarita est à moitié pleine, tandis que la sienne est presque vide. Elle traduit une nouvelle question sur son téléphone et me la montre.

« On va danser ? »

Pas besoin d’utiliser Google cette fois. Je lâche un « si », qui me donne presque le sentiment d’avoir appris des bases d’espagnol, sans l’accent, évidemment, et l’imite lorsqu’elle se lève. Je n’ai pas envie d’emporter mon téléphone avec moi. Je le lui montre, un peu embarrassée. Elle récupère son sac qu’elle avait posé sur une chaise à côté, jette son smartphone dedans, le place sur la table et glisse mon appareil dessous. Ce n’est pas la meilleure cachette au monde, mais je ne sais pas pourquoi, je lui fais toute confiance.

À nouveau, elle attrape mon bras pour m’entraîner à sa suite. Cette fois-ci, ses doigts se sont réchauffés. Le contact est cependant toujours aussi plaisant. La chaleur de sa main m’enveloppe d’une aura rassurante et mon corps entier se met à bouillir.

Il y a maintenant plus de danseuses et danseurs sur la piste qu’à mon arrivée. Ce n’est qu’une fois au milieu de la foule que mes oreilles deviennent attentives. Ma mère n’a pas menti. J’entends beaucoup de personnes parler français. Pourquoi a-t-il fallu que je rencontre une Espagnole ?

***

Lisa et moi nous intégrons parfaitement entre les danseuses et danseurs. La plupart sont des groupes d’amis ou des couples. Quelques personnes sont collées-serrées, tandis que d’autres dansent plutôt à distance rapprochée ou en bande. Je ne sais pas trop comment réagir face à ma partenaire qui commence à balancer des hanches. Pas de prise de tête. Je tente de suivre le rythme de Lisa et, accessoirement, celui de la musique. Comme par mimétisme, mes hanches se mettent aussi à bouger, en miroir avec les siennes. Là, au moins, avec la mélodie plus forte, pas besoin de parler.

Plus les minutes s’égrainent, plus l’alcool semble faire effet sur Lisa. Elle se laisse aller, emportée par le tempo. Enfin, peut-être que sa décontraction n’est pas du tout liée à l’alcool. Peut-être que Lisa est simplement à l’aise sur une piste de danse, avec une parfaite inconnue. En même temps, avec un corps pareil… Je me surprends à détailler ses courbes. Elle est beaucoup plus mince que moi. Svelte, c’est le mot.

Encore une fois, je remarque à quel point sa robe souligne ses formes, dessinant encore plus les lignes de sa taille et de ses hanches. J’ose remonter le regard pour passer furtivement de sa poitrine à son visage. J’essaie de ne pas m’attarder, pour éviter de faire naître un feu dans mon bas-ventre que je ne pourrais pas contrôler. La vision de ses traits déclenche une sensation légère au creux de mon estomac. C’est ça qu’on appelle les papillons dans le ventre ? Lisa est toujours en train de me sourire. Elle a l’air de s’amuser. Comme si cela ne suffisait pas, elle amorce un mouvement vers moi. Bientôt, nos deux corps se retrouvent tout proches. Pas de prise de tête, Sam, m’encouragé-je.

Je lâche prise et continue à me trémousser. Lentement mais sûrement, je sens que nos poitrines se frôlent. Je suis si près d’elle que je perçois son souffle sucré et suave. Lisa poursuit dans la même dynamique. Plaquée à moi. Imperturbable. Dans mon cerveau, c’est une tout autre histoire. Je panique sérieusement. Je suis déjà allée en boîte, j’ai déjà dansé collée-serrée avec des garçons. Jamais je n’ai éprouvé ce que j’endure aujourd’hui. Les doux grondements dans mon estomac, la chaleur qui monte alors que le soleil n’est plus là, la tête qui me tourne avec un demi-verre, le plaisir de me mouvoir contre elle, de ressentir la fièvre de son corps… Tant de sensations que j’expérimente pour la première fois et qui m’attrapent dans un saisissement surprenant, mais agréable. Oui, j’adore ce qui se déroule !

Le message de Mona, quand j’ai mentionné Lisa, prend maintenant tout son sens. Je me pose des questions que je ne m’étais jamais posées jusqu’à présent. Ou plutôt j’ai une réponse sans m’être véritablement interrogée sur le sujet. Je songe à ces quelques mecs que j’ai embrassés en soirée ou les rares avec lesquels j’ai couché. Ceux que je n’ai jamais voulu revoir. Toutes ces histoires sur lesquelles je me suis lamentée. C’était parce qu’au fond, les hommes ne m’intéressaient pas ?

Là… Là, je ne rêve que d’une chose : que Lisa capture mes lèvres. En plus, nos corps se rapprochent encore. C’est possible, ça ? Ce n’est plus uniquement son souffle que je sens contre moi, mais son nez s’appuyer contre le mien. Ses mains suivent le mouvement. Elles se calent sur mes hanches, dans le bas de la courbe, comme s’il s’agissait de leur place. À toutes les émotions qui me traversent déjà s’ajoute un tiraillement dans mon bas-ventre. Ce feu que j’essaie de réprimer depuis le début de notre danse s’embrase. J’ai l’impression maintenant que ses mains et ses avant-bras donnent l’impulsion à mes ondulations de bassin. Comme pour laisser mon cerveau intégrer toutes ces sensations, mon corps décide d’obéir. Simplement. Lisa me fait danser.

Son nez glisse sur le mien, il vient se coller contre ma joue. Je craque. Mes paupières se ferment. Ma garde s’envole. Mon cœur désire, fébrile, pendant des secondes qui paraissent durer des heures. Soudain, je discerne son souffle qui court sur mes lèvres être remplacé par la douceur de sa bouche. J’accepte le baiser comme si je patientais depuis des mois alors que je la connais depuis deux jours. Même pas, depuis à peine deux heures, si je suis réaliste. Pourtant, à l’instant où le baiser s’intensifie, j’ai l’impression de la connaître par cœur. Et que nous nous sommes attendues jusqu’à ce que cette vie nous réunisse. Cette fois, le feu qui m’habite atteint son apogée. Je brûle d’un désir presque incontrôlable pour elle.

Sa langue demande l’accès à ma bouche déjà entrouverte. Aucun refus de ma part. C’est d’ailleurs la mienne qui vient chercher la sienne afin de la capturer. Je perçois le goût sucré et amer de la margarita. Avec regret, nos langues se disent au revoir, nos lèvres reculent. Mes yeux se rouvrent pour tomber dans les siens. Ses pupilles sont dilatées et son regard pétille.

Sans que je comprenne ce qui m’arrive, Lisa se décolle de moi, puis m’empoigne le bras. Elle fait demi-tour et nous entraîne vers notre table. Elle attrape son verre, tout en me tenant toujours de l’autre main, et avale la gorgée restante. Puis, elle pointe le mien pour m’inviter à l’imiter. Je m’exécute, agrippée à elle. Mon verre est difficile à finir, mais je me dépêche. Je veux savoir ce qui se passera ensuite. J’en ai tellement envie que ma poitrine picote d’anticipation. Une fois que j’ai terminé, je repose le contenant vide un peu violemment sur la table. Lisa s’en amuse, ma tête en tourne. Je n’ai pas le temps de reprendre mes esprits qu’elle renforce son emprise sur mon bras et me tire encore plus loin après avoir récupéré son sac. D’un mouvement vif, je saisis mon téléphone pour ne pas l’oublier.

Nous quittons le bar, direction le ponton qui mène à la plage. Je n’avais même pas vu qu’il faisait déjà nuit noire. La lune, pleine, éclaire notre route sur les planches en bois jusqu’au sable. Une fois à ce niveau, Lisa lâche mon bras. Elle se baisse pour retirer ses chaussures, puis les rassemble et les cache derrière une petite motte d’herbe où elle dissimule aussi son sac. Sans me poser de questions, je copie ses gestes. Après tout, en pleine nuit, personne ne distinguera rien. Lorsque j’insinue ma main dans mon soutien-gorge, Lisa est intriguée. Je brandis ma carte bleue en guise de trophée, lui arrachant une nouvelle fois un éclat de rire.


[1] Deux semaines, je pars le 19 août.

Un commentaire sur “Extrait du roman saphique spicy : Le Sel sur ta Peau de Rebecca Ray

  1. Cortin Cecile dit:

    Une couverture éminemment poétique, sensuelle. Des courbes douces, des couleurs magnifiquement harmonieuses. Comme un tableau à quatre mains de Marie Laurencin et Marc Chagall ( et pourquoi pas ?)
    Quand à l’extrait, je suis déjà conquise par la plume suave et veloutée de Rebecca ! Cette découverte et montée du désir : délicieuse !!🥰🥰🥰

Laisser un commentaire