Si vous suivez tous mes articles sur ce blog, vous vous êtes certainement rendu compte que je me suis emballée la semaine dernière. Je m’excuse pour ça. Cela devait être ennuyeux pour vous. Mais vraiment, la romance historique lesbienne, c’est comme la science-fiction, deux genres sous-estimés et très peu représentés. Du coup, j’ai tendance à être encore plus enjouée que d’habitude (et je suis déjà une personne un peu trop enthousiaste) quand on en publie.
Du coup, je reste focus cette fois-ci et vous offre un article plus factuel et moins dans le sentimental !
La date de sortie officielle de Ma Lady de Lena Clarke : le 10 novembre 2026
Le roman Ma Lady de Lena Clarke sera disponible en librairie et sur toutes les plateformes à partir du 10 novembre prochain.
Mais si vous êtes impatientes, le 3 novembre, l’ebook et le papier seront en vente sur notre site. De quoi assouvir votre désir de lecture. Et retrouver la sublime plume de Lena Clarke.
Les personnages de Ma Lady de Lena Clarke : Norah et Amelia
Norah est une jeune femme de chambre qui débarque sur l’île de Wight. Elle tombe tout de suite sous le charme de sa jeune patronne, Amelia. Pour elle, Amelia ressemble à un ange. Décidée à l’aider à retrouver le goût de vivre, elle ne va pas hésiter à lui proposer des promenades sur les collines et des préparations de bouquets. Son rôle l’oblige à être serviable, douce, attentionnée et à ne pas dire un mot plus haut que l’autre.
Amelia est une noble. En tant qu’aînée de la famille et parce que son père n’a pas de garçon, elle doit hériter du titre et de l’argent familial. Mais une étrange malédiction fait disparaître toutes les personnes qui lui sont proches et elle souffre d’une étrange maladie qui la cloue au lit. Bien élevée, habituée à ne pas se rebeller, Amelia trouve un soutien sans faille auprès de Norah.
Le résumé de Ma Lady de Lena Clarke, une romance historique lesbienne comme on aime
Après avoir quitté Londres, Norah Barton se dirige d’un pas déterminé vers le manoir des Clifford situé sur l’île de Wight. Embauchée comme femme de chambre au service de Lady Amelia, la fille aînée du comte, elle sait qu’elle doit faire bonne impression. Dès leur première rencontre, la beauté et l’élégance de la jeune aristocrate la bouleversent.
Clouée au lit depuis de longs mois et victime d’une prétendue « malédiction » qui aurait fait fuir toutes ses précédentes domestiques, Amelia Clifford se montre froide et distante. Si la future comtesse préfère s’évader dans les livres, la patience et la franchise de Norah finissent par la toucher.
De promenades sur les collines de l’île en confidences nocturnes, Norah et Amelia apprennent à se connaître. Mais cette complicité laisse peu à peu la place à des sentiments que ni leur différence de classe ni les convenances n’autorisent.
Alors que l’état de santé d’Amelia s’aggrave et que sa belle-mère voit d’un mauvais œil ce rapprochement, un évènement menace leur histoire. Norah et Amelia devront choisir : renoncer l’une à l’autre ou sauver leur relation, au risque de tout perdre…
La couverture de Ma Lady de Lena Clarke
Comme je vous le disais la semaine dernière, la couverture est le fruit du travail d’Okami. Si vous aimez son travail et avez un compte Instagram, n’hésitez pas à aller la suivre, elle mérite d’être connue :
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L’extrait de Ma Lady, notre nouvelle romance historique lesbienne
Lorsque mon attention se reporta sur elle, j’eus à nouveau le souffle coupé. Assoupie et les traits détendus, elle semblait encore plus belle. Sa poitrine se soulevait doucement au rythme de sa respiration. Elle paraissait si sereine que j’assimilais le fait de la réveiller à un véritable crime. Pourtant, il le fallait. Il était important qu’elle mange, sans compter que la laisser passer la nuit sur ce fauteuil ferait de moi la pire des femmes de chambre.
— Lady Amelia ? murmurai-je, à distance. Votre repas est servi.
Ma voix me donna des frissons désagréables. Elle résonnait beaucoup trop âprement et risquait d’irriter la créature céleste que j’avais sous les yeux. Cette dernière ne bougea pas. Sa respiration ne se troubla pas non plus. Plongée dans un sommeil profond, elle n’identifiait pas ma présence comme une menace.
— Mademoiselle ? insistai-je, un peu plus fort. Vous allez attraper froid.
Face à son absence de réaction, ma poitrine se gonfla lentement d’un mélange d’appréhension et de fébrilité. Dieu m’en soit témoin, je n’avais pas le choix. Je comblai la distance qui nous séparait et effleurai le haut de son bras. Un frisson remonta le long de mes doigts et se propagea au reste de mon corps.
La toucher était-il vraiment permis ? Elle semblait si délicate et angélique que je craignais de la souiller avec mon seul contact. Et, en même temps… j’en mourais d’envie. Mon cœur battait trop fort dans ma poitrine. Quand la paume de ma main se logea entièrement sur son bras, une bouffée de chaleur m’envahit. La jeune femme devant moi était bien réelle, et non un mirage créé par mon imagination débordante.
— Lady Amelia ?
J’articulai lentement son prénom et eus le plaisir de la voir réagir. Elle papillonna des cils et abandonna progressivement le monde des songes au profit du nôtre. Dans l’obscurité relative de la chambre, ses yeux bleu clair étaient habités par des lueurs plus sombres. Ils se posèrent sur moi, essayant de résoudre le mystère de ma présence, ou peut-être de mon identité.
— Je suis votre nouvelle femme de chambre, rappelai-je à voix basse.
J’ôtai à regret ma main de son bras et lui laissai le temps de se réveiller. Des tâches importantes m’incombaient. Je ravivai le feu, allumai des chandelles, tout en me faisant violence pour ne pas orienter mon regard vers la jeune femme. La vaisselle tinta, signe qu’elle avait repéré le plateau et s’était servie. Je m’attendais à la trouver en train de déguster sa soupe. À la place, et une fois la chambre baignée de lumière, je me rendis compte qu’elle avait opté pour la compote. Commencer par le dessert représentait une petite excentricité que je jugeais adorable. Après plusieurs cuillerées, elle se délesta du contenant en porcelaine et étudia les autres plats avec lassitude.
— Nola…
Je ne songeai pas à la reprendre sur mon prénom tant j’étais heureuse qu’elle se souvienne de moi. Nola ou Norah, quelle importance ? Je trouvais même la première option plus mélodieuse à l’oreille. Je bombai le torse fièrement et répondis :
— Oui, mademoiselle ?
— J’aimerais me préparer pour la nuit.
Cette phrase ne constituait pas véritablement une demande. Presque aussitôt, la jeune noble se départit de sa couverture et entreprit de se lever. J’aurais dû me diriger vers l’armoire pour récupérer des affaires propres mais, quand je la vis vaciller, mon premier réflexe consista à me précipiter à son secours. Je la rattrapai avant qu’elle ne tombe en arrière et pris conscience de la finesse de sa taille. Elle ne portait pas de corset et possédait malgré tout une silhouette des plus menues.
— Laissez-moi vous aider, mademoiselle.
Une main sur le front, elle luttait contre un vertige et n’opposa pas de résistance lorsque je la conduisis vers sa coiffeuse. Notre écart de taille n’était pas énorme. Je mesurais moins de cinq centimètres supplémentaires mais, s’il le fallait, je me sentais capable de la porter. Le meuble de toilette se situait juste à côté. Je lui prêtai assistance pour qu’elle s’installe sur le fauteuil en velours bleu roi placé devant et hésitai sur les paroles à prononcer.
— Voulez-vous que j’apporte votre repas jusqu’ici ? Manger un peu vous ferait sûrement du bien.
Au lieu de me répondre, mon employeuse attrapa une brosse en poils de sanglier incrustée de métaux précieux et me la tendit.
— Occupe-toi de mes cheveux, s’il te plaît.
Le ton de sa voix n’était ni sec ni chaleureux. Je l’aurais plutôt qualifié d’éteint. Elle ne chercha pas à m’observer à travers le miroir et joua avec un peigne en nacre qui traînait devant elle pendant que j’ôtais les rubans et épingles de son chignon. Une cascade de cheveux blonds retomba dans son dos. Aussi doux que de la soie, ils ne furent pas difficiles à démêler. Cet exercice me changeait de ceux effectués avec Lady Carnarvon. Mademoiselle Amelia ne soufflait mot et ne passait pas son temps à m’insulter pour avoir osé donner un coup de brosse un peu trop vigoureux.
— Dois-je les tresser ou les couvrir d’un bonnet ?
Elle secoua la tête de droite à gauche et repartit aussitôt dans ses pensées. J’ignorais si elle était trop lasse pour converser ou si, tout simplement, échanger avec moi ne l’intéressait pas. Dans les deux cas, j’en éprouvais une légère frustration. J’aurais aimé entendre davantage le son de sa voix.
— Voulez-vous que je déboutonne votre robe ?
Un petit « Hmm » passa la barrière de ses lèvres, semblable à un murmure étouffé. Ne pas faire la discussion moi-même me coûta. Les mots me brûlaient les lèvres. J’étais prête à lui raconter n’importe quoi pour peu que mon babillage éveille son intérêt. Cependant, je n’oubliais pas la menace de madame Gray. Cette vieille chouette était bien capable de m’espionner depuis le couloir et de jaillir de l’ombre pour me reprocher mon manque de manières. Une domestique n’avait en aucun cas à initier un dialogue avec l’aristocrate qu’elle servait.
Silencieuse malgré moi, je me concentrai sur la tâche qui m’incombait. J’ôtai un à un les boutons délicats qui couvraient le dos de sa robe et révélai la chemise de corps en lin qu’elle portait en dessous. Jamais je n’avais été troublée de déshabiller une Lady avant aujourd’hui. Pourtant, quand arriva le moment de la déposséder du vêtement en soie, mes doigts tremblèrent. Le silence ne m’aidait pas à me reprendre. Au contraire, il renforçait la vive émotion qui comprimait mon cœur. J’intimai à ce dernier de se calmer. Sa course infernale résonnait bruyamment à mes oreilles et je craignais par-dessus tout que Lady Amelia perçoive mon agitation.
Quelle mouche me piquait ? Certes, mon employeuse était magnifique, mais il ne s’agissait pas d’une raison pour me mettre dans un état pareil. Après sa robe et son jupon, je m’occupai de ses bas en soie en me répétant de conserver mon calme. À genoux sur le sol, j’évitais soigneusement de relever la tête. J’étais certaine que je rougirais si mon regard croisait le sien. Mes doigts longèrent ses mollets nus et la dépossédèrent du tissu décoré de dentelles. Lorsqu’ils effleurèrent ses pieds, ses orteils se recroquevillèrent. Cette réaction, la première qu’elle avait depuis le début, me fit sourire.
— Je vous chatouille ?
La question était sûrement inconvenante. Je le réalisai après coup, mais ne la regrettai pas. En effet, mademoiselle Amelia toussota et m’offrit quelques mots.
— Une Lady n’est pas chatouilleuse.
— Bien sûr, quelle bécasse je fais. Toutes mes excuses, mademoiselle.
Mon discours aurait eu plus de poids sans le sourire qui ornait mes lèvres. La jeune femme me considéra l’espace d’un instant et, contre toute attente, ne me rappela pas à l’ordre. Elle se contenta de détourner le regard et de repousser son peigne en nacre près des différentes bouteilles de parfum qu’elle possédait.
— J’ai froid.
— Je vais vous chercher votre chemise de nuit tout de suite.
Plus tôt, madame Gray m’avait informée sur les rangements de la chambre. Je récupérai sans mal la pièce de tissu en coton fin blanc et fis face à mon employeuse qui s’était levée seule. Elle ne chancelait plus et me tendit ses mains afin que je puisse enfiler les manches longues du vêtement. Se départir de sa chemise de corps ne comptait apparemment pas dans ses projets. Durant tout le processus d’habillage, je m’interdis la moindre observation de sa personne. Je me contentai de dégager ses cheveux de son vêtement, d’ajuster le col décoré de fleurs brodées de sa chemise de nuit autour de son cou, puis de l’accompagner jusqu’à son lit.
Mon assistance directe ne fut pas requise. Elle avançait seule. Je me tenais à un pas derrière et ouvris les couvertures afin qu’elle puisse s’installer.
— Je souhaiterais lire encore un peu.
J’acquiesçai et allai chercher son livre ainsi qu’une chandelle que je disposai sur sa table de chevet. Remonter le couvre-lit jusqu’à sa poitrine revenait à faire du zèle. Elle aurait largement pu se couvrir seule. J’arrangeai ses oreillers derrière son dos et profitai des effluves de son parfum à la violette. Les draps en étaient imprégnés. La petite croix que je portais en pendentif se balança dans les airs pendant que j’étais penchée. Elle s’était échappée de ma robe et attira le regard de la future comtesse. À côté de ses propres bijoux, cette babiole devait lui paraître insignifiante. Je la remis à sa place et m’éloignai légèrement.
— Y a-t-il autre chose que je puisse faire pour vous ?
— Non, tu peux disposer. N’oublie pas le plateau.
Oui, ça ne va pas être facile entre elles… Oups, j’arrête. Rendez-vous le 3 novembre pour connaître la suite !
PS : Êtes-vous prête ? Avez-vous relu Mascarade pour vous mettre dans l’ambiance ?
Et surtout est-ce que mes digressions des dernières semaines vous ont manquées ?????