Lennie Kirene Smith

Lennie a grandi dans une famille où la passion et le partage sont encouragés. L’art s’impose très tôt comme une évidence. Les vacances sont rythmées par des sorties au musée, la maison est constamment bercée de musique en tous genres, le monde est découvert au travers de films de toutes époques. Un seul art résiste pourtant à cet enthousiasme débordant : la littérature. Sa famille essaie de lui faire découvrir cet univers, mais Lennie éprouve peu d’intérêt, préférant créer des univers au travers de jeux.
C’est seulement au collège que naît une première passion inattendue et peu répandue à l’époque : les mangas. Au-delà de la marginalisation qu’amène cette lecture, Lennie découvre diverses représentations de l’amour, notamment à travers le yaoi et le yuri (ce dernier touchant quelque chose de plus intime). Peu à peu, l’envie de trouver de nouvelles représentations grandit et les comics entrent en jeu. Lennie apprécie les figures de femmes fortes, bien que trop souvent sexualisées à son goût. C’est alors que, profitant de l’anonymat qu’offre internet, Lennie commence à écrire des fanfictions pour remodeler des univers existants et y glisser les représentations saphiques qui lui manquaient pour mieux comprendre son chemin personnel.
L’amour des romans, lui, arrive plus tard, lors de ses études supérieures, tandis que Lennie s’engage corps et âme dans l’art qui l’a toujours fasciné : le cinéma d’animation. Après presque dix ans à s’investir dans ce domaine, une année bouleversante pousse Lennie à prendre une pause dans le tumulte des obligations de la vie. L’inspiration revient alors, plus présente que jamais. Les histoires s’enchaînent dans son esprit, témoignant d’un exutoire nécessaire, presque vital.
C’est officiel, Lennie Kirene Smith reprend la plume. La fiction devient un espace pour explorer ce qui lui importe le plus : le milieu queer dans toutes ses nuances, les enjeux féministes et la représentation du désir féminin. Pour ce faire, Lennie s’investit dans des phases de recherches approfondies, rencontrant le plus de personnes concernées possible. Ce processus de création et d’apprentissage lui permet de découvrir des parcours individuels qui offrent une analyse et une réflexion précieuses. Ce renouveau lui amène un élan de vie infatigable, qui devient son nouvel objectif : s’écouter.
C’est ainsi que Lennie part à l’autre bout du monde, direction la ville de ses rêves : New York. Quelques jours lui suffisent pour découvrir une pluralité queer normalisée et acceptée. Une liberté qui ne se retrouve pas aussi naturellement en France. Là-bas, Lennie s’émerveille d’une reconnaissance ouverte et assumée des orientations sexuelles et des identités de genre, d’une parole libérée sur le désir des corps, de l’accès à l’art, que cela soit dans les musées ou offert à tous dans les rues d’une ville qui ne dort jamais.
En rentrant en France, une conviction s’installe alors : une acceptation plus grande, au-delà de la tolérance, est possible, en plus d’être nécessaire. Avide de voir une telle évolution sociale, Lennie se plonge davantage dans l’écriture, assumant de plus en plus ses combats. Ses textes deviennent, au fil de l’écriture, plus engagés et inclusifs. Les mots d’ordre restent les mêmes : s’écouter, se renseigner, partager, mais ne jamais parler de ce qu’on ne connaît pas.
Tandis que cet investissement créatif occupe tout son temps disponible, Lennie reçoit une réponse à un texte envoyé trois mois plus tôt. Reines de Coeur accepte de publier son premier roman, chamboulant toute sa vie. Peut-être que ce tatouage, fait à New York, portant secrètement la mention de l’année 2025, était annonciateur d’un grand tournant.
Quoi qu’il arrive, avec une motivation plus présente que jamais pour la suite de cette aventure littéraire, Lennie continue de s’investir dans la rencontre et l’écriture, en espérant pouvoir faire rêver les lecteurices qui auront la curiosité de découvrir ses œuvres.