Découvrez notre discussion avec Lena Clarke
Bonjour Lena, peux-tu nous présenter ta nouvelle romantasy saphique : La Promesse du Destin ?
Dans cette romantasy, nous suivons Reyna, une ancienne esclave changeforme capable de se métamorphoser en chat, et Auria, une princesse Lindörienne possédant la magie de la lumière.
Reyna qui vit en Elonia est chargée de la sécurité de la reine Selene. Cette dernière, mariée à Meera, la sœur d’Auria, doit assister au mariage de Kyara, la benjamine de la fratrie Lindörienne. À l’occasion de cet évènement, toute la famille se retrouve en Lindörie.
Auria et Reyna font connaissance, mais personne ne voit d’un bon œil leur rapprochement. Rien ne les prédestinait à nouer une quelconque relation. Auria répète depuis toujours que l’amour ne l’intéresse pas, quant à Reyna, elle n’est toujours pas remise complètement de son passé compliqué.
D’anciens ennemis réapparaissent, de nouveaux émergent et menacent les festivités. Les deux femmes auront fort à faire pour protéger les gens qui leur sont chers et qui sait, peut-être donneront-elles une chance à leur histoire d’exister.
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La fin de la série de fantasy lesbienne « La Promesse »
Ce roman est le dernier de la série « La Promesse ». Pas trop dur de voir partir tes héroïnes, les princesses Jenok et leurs compagnes/épouses ?
L’interview commence bien. Si je verse une larme maintenant, répondre aux questions suivantes se révélera compliqué.
Bien sûr que c’est compliqué. J’ai commencé à écrire sur cet univers il y a plus de dix ans. À cette époque, je n’avais pas les capacités pour terminer le tome 1, mais j’étais déjà amoureuse des Lindöriennes, ce qui m’a conduite à rédiger Par-delà les Astres, mon tout premier roman publié. Ce n’est pas seulement une page qui se tourne, mais une période entière de ma vie. Les princesses Jenok m’ont accompagnée tout ce temps, m’ont permis de mûrir dans mon écriture, de me découvrir une passion pour la romantasy.
Il est très difficile de les laisser vivre leur vie et de me dire que je ne m’occuperais plus d’elles, mais en même temps, il s’agit d’un mal pour un bien. Je pense avoir réussi à rendre chacun de leurs romans intéressant et je ne veux pas tirer sur la corde, au risque d’écrire quelque chose qui soit en dessous du reste. Il est l’heure de leur dire au revoir et de confier leur avenir aux lecteurs.
Auria, une princesse Lindorienne pas facile…
Dans La Promesse du Destin, tu alternes les points de vue, sans avoir gardé un chapitre par héroïne. Pourquoi ce changement et ce choix ?
Avant de me lancer dans la rédaction de ce livre, j’ai beaucoup réfléchi au point de vue qui serait profitable à l’intrigue et j’ai vite réalisé que j’allais me retrouver coincée si je ne sollicitais pas à la fois Reyna et Auria. Les deux ont évolué entre le début et la fin du roman et avaient des problèmes à résoudre. Afin de les comprendre au mieux, il fallait avoir accès à leurs pensées.
Concernant l’alternance des chapitres, j’ai préféré ne pas me bloquer avec l’impératif de devoir absolument passer de l’une à l’autre. Selon la scène, j’ai choisi le point de vue le plus judicieux et qui apporterait un plus à l’histoire. Cela dit, en termes de volume et de « temps de présence », je pense quand même avoir réussi à les mettre à égalité.
Pour celles et ceux qui n’ont pas tout suivi, peux-tu nous représenter un peu Auria et son évolution entre le début de la série « La Promesse » et la fin ?
Auria apparaît pour la première fois dans le tome 2, La Promesse de l’Éternité. Sa sœur aînée étant présumée morte depuis deux ans, elle est devenue l’héritière de la Lindörie et accomplit toutes les tâches en rapport avec ce statut. Il est également prévu qu’elle épouse Naely, la princesse de Kälter, afin de sceller une alliance entre les deux royaumes. La réapparition soudaine de Shearah change la donne. Sa sœur retrouve immédiatement son statut et réussit à gagner le cœur de Naely. Dans ce tome, Auria est très amère. Elle a en quelque sorte tout perdu.
D’une nature solitaire et ambitieuse, elle ne se lie pas facilement aux autres. Elle n’est pas à la recherche de l’amour, mais bien du pouvoir. Sa rencontre avec Siobhan dans La Promesse d’un Baiser va un peu l’adoucir. Il est très difficile de rester de marbre face à la jeune femme tant elle est chaleureuse et rayonnante. Elles deviennent amies, en plus d’être belles-sœurs, et Siobhan l’incitera petit à petit à ne pas rester dans son coin et à renouer des liens forts avec sa famille.
Ne pas avoir son point de vue dans les deux tomes peut conduire à se la représenter plus méchante qu’elle ne l’est en réalité. Elle a une carapace très épaisse et ne se soucie pas d’être considérée comme un tyran. L’opinion des gens ne la touche pas. Elle déteste cependant hériter de la sempiternelle place de seconde. Avec le dernier tome, on se rend néanmoins compte qu’elle n’est quand même pas prête à tout pour accéder au pouvoir. Bien qu’elle ne le montre pas, la famille reste importante pour elle. Elle est également d’une nature très protectrice avec les gens qu’elle apprécie et apprendra petit à petit à ouvrir son cœur.
Reyna n’est pas une princesse…
Reyna n’est pas une princesse. Pourquoi ce choix et peux-tu nous parler un peu d’elle ?
Reyna ne pouvait pas être une princesse. Depuis la première apparition d’Auria, on apprend qu’elle souhaite épouser une personne qui lui permettrait de s’élever socialement. Si j’avais choisi une princesse pour elle, tout aurait été beaucoup trop simple et surtout, on aurait pu douter de sa sincérité. Avec Reyna, qui est une ancienne esclave, et avec qui une union ne représente aucun avantage politique et ne lui apporte aucun pouvoir supplémentaire, il ne subsiste aucun doute quant à l’intérêt qu’elle lui porte. Elle apprend à la découvrir non pas pour son statut, mais car elle l’intrigue.
Reyna est une jeune femme traumatisée par son passé, mais également très courageuse. Après avoir été recueillie par Eileen dans La promesse du Lendemain, elle a appris à se battre avec Meera, la troisième princesse Lindörienne, et est désormais apte à se protéger, mais aussi à protéger les gens qui lui sont chers. Elle voue une confiance immodérée à son frère Yoren, sur qui elle a toujours pu compter, mais a beaucoup de mal à s’ouvrir pleinement aux autres. Elle reste méfiante et craint par-dessus tout d’être rejetée, ce qui la pousse à se montrer serviable et agréable. En raison d’un évènement lié à son passé, elle est incapable de parler et se montre souvent trop dure envers elle-même. Elle ne réalise pas vraiment sa valeur, alors que quand même, elle a réussi à attirer l’attention d’Auria ! C’est dire comme elle est adorable…
Auria était détestable au début de la série, comment as-tu fait pour en faire un personnage aussi fantastique dans l’avant-dernier et le dernier livre ?
Tout est question de point de vue. Ses actions sont en effet très discutables dans le tome 2, mais elles étaient surtout relatées du point de vue de l’héroïne, Naely. Dans le tome 3, et grâce à Siobhan qui souhaite réellement apprendre à connaître Auria, on se rend compte que sa personnalité est plutôt complexe. Oui, la gentillesse ne l’étouffe pas, mais ce n’est pas une méchante pure et dure. Grâce à La promesse d’un Baiser, j’ai pu montrer d’autres facettes de sa personnalité, puis continuer naturellement dans le tome suivant.
Plutôt que continuer à la présenter sous le regard de quelqu’un d’autre, je lui ai accordé son propre point de vue afin qu’on puisse mieux la comprendre. Et dans la mesure où Reyna tombe sous son charme, il est évident qu’elle apparaît soudain encore plus fantastique.
Un lien entre tous les romans, jusqu’au premier de la série
Tu as fait revenir Reyna qu’on avait découverte dans La Promesse du Lendemain. Ce n’était pas trop difficile pour toi de te souvenir d’elle et de la faire grandir à ce point entre le premier et le dernier épisode ?
Si je dis « pas du tout », vais-je moi aussi passer pour une personne imbue d’elle-même comme Auria ? [rires]
Me souvenir de Reyna n’était pas difficile, car j’ai toujours gardé ce personnage dans un coin de ma tête. Dans le premier tome, je n’ai pas pu détailler son histoire personnelle et encore moins l’aider à se remettre de ses traumatismes. Elle avait besoin de temps pour grandir et pouvoir les surmonter. Plusieurs années se sont écoulées entre le moment où Eileen l’a sauvée de l’esclavage et celui où elle revient en Lindörie. Il s’agit désormais d’une jeune femme forte qui méritait d’être mise en lumière et surtout d’avoir sa propre histoire d’amour.
Pour tout vous dire, je prévoyais au départ de la caser avec Kyara (oui, je sais, c’est choquant) mais cette dernière était un peu trop extravertie pour que leur histoire semble naturelle. Et quand est arrivé le moment de trouver une compagne à Auria, j’ai soudain réalisé que leurs caractères pouvaient se compléter.
Dans ce dernier opus, toutes les sœurs se retrouvent. Tu as pu travailler les liens entre elles. C’était quelque chose d’important pour toi, de montrer cet esprit de famille ?
Oui, car je n’avais pas vraiment pu le montrer auparavant. Dans les autres tomes, les sœurs interagissent entre elles, mais toujours à travers le point de vue de quelqu’un d’autre. Avoir Auria comme personnage principal m’a permis de détailler ses liens avec sa fratrie. Elle a des relations différentes avec chacune de ses sœurs. À cause de la compétition entre elles, elle semble moins proche de Shearah, mais au fil des pages, on se rend compte qu’elle la considère malgré tout comme une personne importante.
J’ai beaucoup aimé pouvoir écrire les scènes où les sœurs sont réunies. Elles ont toutes leurs particularités et caractères bien à elles, ce qui me permettait de me faire plaisir avec leurs discussions. Je n’écris normalement pas de série, alors c’était l’occasion ou jamais de mettre cet esprit de famille en avant !
On a posé la pire question du monde à Lena Clarke !
La question la plus difficile qui soit. C’est laquelle ta préférée des quatre sœurs ?
Cette question devrait être interdite. La prochaine fois que j’écris une série de romans interconnectés, j’ajouterai une clause à mon contrat stipulant qu’en aucun cas, je ne devrais choisir entre mes personnages [rires].
Il va de soi que j’aime d’un amour profond les quatre sœurs. Je leur ai quand même écrit un tome à chacune car justement elles occupaient une place prépondérante dans mon cœur. Mais allez, s’il faut vraiment choisir, je dirais qu’Auria a gagné la partie. La faire évoluer entre les tomes et écrire son point de vue a sûrement contribué à cette victoire. Elle possède un charisme hors du commun et son histoire est ma préférée.
Voilà, j’ai maintenant l’impression de trahir les autres, c’est horrible ! Sachez quand même qu’en écrivant cette réponse, je repensais aux qualités de chacune et j’avais très envie de leur écrire des paragraphes enflammés à toutes pour prouver qu’elles n’avaient rien à envier à leur sœur. Si vous voulez les complimenter en commentaire, n’hésitez pas. Je me sentirais ainsi moins coupable d’avoir mis Auria sur le devant de la scène.
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Est-ce que tu as aimé écrire de la romantasy saphique et est-ce que tu vas recommencer un jour ?
C’est drôle, parce qu’après le tome un, je t’aurais répondu que non, c’était un exercice extrêmement complexe et que je préférais m’abstenir. Plusieurs années plus tard, la romantasy saphique est devenue mon genre préféré. C’est ce que je préfère écrire, alors oui je vais recommencer ! D’ailleurs, il se pourrait que la fin de la série « La promesse » permette à une nouvelle série de démarrer l’année prochaine…
Qu’est-ce que tu pourrais dire à une personne qui n’a jamais lu de la romantasy saphique et qui voudrait se lancer, mais hésite ?
Vous allez adorer ! [rires]
Non, plus sérieusement, tout dépend des motifs de l’hésitation. Si vous craignez que l’histoire d’amour soit très secondaire, rassurez-vous, ce n’est pas le cas dans mes romans. Elle est centrale et vous ne finirez pas frustrés. Si a contrario, vous craignez de vous ennuyer car les histoires d’amour pur et dur ne sont pas votre tasse de thé, une romantasy permet justement de faire coexister les sentiments et l’action. Aucune femme ne se laisse marcher sur les pieds. Elles sont toutes badass à leur façon et promis, vous ne vous perdrez pas dans de fastueuses explications sur leur monde !
Une nouvelle série ? 👀
Tu as été très attentive 🤭 maintenant que les lindoriennes n’ont plus besoin de moi, je peux m’occuper d’autres personnes 😇
J’attendrai avec impatience 😌
J’ai dévorée la saga et les Lindöriennes 🥰
Et si ont peut se permettre de chercher toujours plus…. J’aurais adorer savoir l’histoire de Shayandra et Akassa 🫣
Merci pour ces supers romans !!!