Un premier roman, une romance saphique, aux éditions Reines de Coeur
Bonjour, Nora, De L’autre côté du Couloir est ton premier roman publié aux éditions Reines de Cœur. Peux-tu te présenter pour nos lectrices et aussi résumer ton roman ?
Bonjour ! Je suis Nora Hall, une autrice de vingt-six ans, et à côté, je suis professeure de français ! Dans mon roman, nous allons suivre Imogen, une jeune serveuse new-yorkaise qui n’a plus de lien avec sa riche famille. Pourtant, ses parents vont lui demander un service : accueillir une jeune prodige du violoncelle pour qu’elle puisse répéter d’ici le gala de Noël. Vous vous en doutez : la cohabitation va faire des étincelles !
Pourquoi avoir choisi New York et Brooklyn comme toile de fond pour cette histoire ?
Je suis une grande amoureuse de New York, j’ai eu la chance d’y passer un peu de temps, et donc d’écrire sur un lieu que je « maîtrise » relativement. En plus, comme une partie du roman se passe en hiver et à Noël, je trouve que c’est la toile parfaite pour ce genre de roman !
Une romance de Noël, mais pas que !
L’atmosphère hivernale et les fêtes de Noël jouent un rôle central au début du récit. Qu’est-ce qui t’a inspiré à situer cette rencontre amoureuse pendant cette période particulière ?
Quand j’étais jeune, j’ai désespérément cherché des romances de Noël lesbiennes dans les rayons des librairies. Petit à petit, j’en ai découvert chez des éditeurs indépendants, et puis j’ai eu envie d’écrire la mienne ! Globalement, j’ai écrit la romcom de Noël que j’aurais aimé lire plus jeune. Imparfaite, parfois trop pleine de bons sentiments, mais réconfortante, et avec des messages importants.
Comment as-tu créé l’ambiance du café où travaille Imogen ? Cet endroit semble être un véritable cocon…
Imogen a vécu beaucoup de violence dans son cercle familial, et je voulais qu’on sente que sa nouvelle vie est pleine de douceurs, en contradiction avec là d’où elle vient. J’ai donc imaginé le lieu où j’aurais voulu passer beaucoup de temps avec mes amis pendant l’hiver, autour d’un bon chocolat chaud, et le café du roman s’est construit ainsi !
Interview de Nora Hall pour la sortie de De l’Autre Côté du Couloir
Imogen et Beth sont deux personnages aux personnalités très contrastées. Comment as-tu construit ces deux héroïnes ?
Je n’ai pas forcément cherché à les construire, elles sont venues à moi toutes seules. Je savais que je les voulais opposées, et je me suis inspiré du cliché de la rebelle et de la musicienne prodige (j’adore les clichés, je les trouve réconfortants). Ensuite, elles ont gagné leurs caractères et leurs spécificités jusqu’à dépasser cet état de stéréotype originel.
Imogen traverse une période difficile, elle se sent seule. Elle se sent parfois triste, mais va réussir à se débarrasser de ce sentiment grâce à ses deux amis et Beth. Pourquoi avoir choisi d’aborder ce sujet ?
Je trouve que les romans abordent très souvent le sujet de l’adolescence, celui d’être adulte, mais peu cet entre-deux un peu terrible où on est censés être un adulte, sans savoir comment faire. Je voulais absolument que ce soit un pan du récit, qu’on sente la difficulté pour Imogen et Beth de traverser la solitude qu’impose la vie active et la fin de l’adolescence. Ce n’est pas le cœur de l’histoire, et d’autres romans le font bien mieux, mais il me semblait essentiel dans la construction de mes deux héroïnes que cela soit abordé.
L’évolution des personnages, un choix assumé et important
Beth évolue énormément au cours du récit. Comment as-tu abordé son cheminement personnel ?
Ça n’a pas été forcément facile, parce que Beth reste un personnage compliqué, qui a des propos homophobes, des idées politiques intériorisées… Et je pense que son cheminement a été possible parce qu’elle a été acceptée, malgré ça, par d’autres personnages tolérants et aimants. Seule, elle n’aurait sans doute jamais pu changer autant.
Qu’est-ce qui te plaît le plus dans la personnalité de chacune de tes héroïnes ?
J’adore le cynisme pailleté de Beth et le côté bougon, mais attachant d’Imogen.
La relation entre Imogen et Beth commence de façon plutôt houleuse ! Peux-tu nous expliquer ce choix narratif ?
Je dois avouer que j’aime beaucoup le trope ennemies-to-lovers. Bon, on en est loin, elles n’ont pas été jusqu’à être ennemies, mais effectivement, ça a été très très très houleux, et en même temps, c’est souvent ce qui se passe quand deux univers totalement différents entrent en collision…
Des scènes romantiques, drôles, tendres et inoubliables…
Il y a de magnifiques scènes, comme la danse sous la neige… Comment crées-tu ces moments de pure poésie romantique ?
Eh bien… En m’inspirant de mon vécu !
Quelle scène d’amour entre tes héroïnes as-tu préféré écrire ?
Globalement, j’ai adoré écrire toutes les scènes où elles sont toutes les deux, mais je dois avouer que j’aime beaucoup la scène où elles vont à l’église ensemble…
Ton roman aborde des thèmes profonds, comme l’acceptation de soi, l’homophobie familiale et intériorisée. Était-ce important pour toi de traiter ces sujets ?
Hélas, nous sommes en 2025 et de nombreuses personnes queers souffrent toujours de l’être. En France, mais sans doute encore plus aux États-Unis, et je voulais un récit qui se termine bien, mais où on aborde toujours cette réalité. Sans être moralisatrice ni proposer de solution miracle, je souhaitais essayer d’insuffler un peu d’espoir sans nier la difficulté de cette situation.
Interview de Nora Hall : un premier roman qui aborde la question de la foi quand on est queer
La religion a aussi son importance et tu prouves que l’on peut être LGBT et croire en Dieu. C’est un sujet qui te tient à cœur ?
Oh que oui ! On dissocie trop souvent la croyance et le fait d’être queer. Pour moi, la foi est un sujet intime qui n’a rien à voir avec la personne qu’on aime.
L’amitié avec Artémis et Newt apporte beaucoup de légèreté. Comment équilibres-tu les moments graves et les passages plus légers ?
J’adore les personnages d’Artémis et de Newt, et pour moi, ils sont aussi importants que Beth et Imogen. Ils sont la douceur dans le quotidien d’Imogen, et ils viennent justement contrebalancer la violence du quotidien. En gros, ils sont une safe place !
Qu’as-tu envie de dire à nos lectrices pour les amener à découvrir ton histoire ?
Préparez un bon chocolat chaud, glissez-vous sous un plaid, et entrez dans une colocation forcée où paillettes et vernis écaillé se rencontrent !