Extrait du roman De l’autre côté du couloir de Nora Hall

De l'Autre Côté du Couloir - Romance lesbienne new adult

De l’autre côté du couloir, la première romance lesbienne d’une nouvelle autrice (mais pas son premier livre)

Il y a quelques semaines, nous vous annoncions la sortie du roman d’une nouvelle autrice : Nora Hall. Si vous avez été curieuse, vous avez peut-être fait un tour sur la page autrice. Si ce n’est pas le cas, petite présentation rapide 😉

Nora Hall est née à Oxford et a grandi au milieu des livres. Cette ancienne croque-mort devenue professeure de français est passionnée par l’univers gothique. Fan de littérature, elle a publié plusieurs romans plutôt sombres avant de se décider à écrire la romance saphique dont elle rêvait, une romance de Noël se déroulant à New York (ville qu’elle adore par-dessus tout).

Et cette romance saphique de Noël, elle l’a envoyée à Reines de Cœur pour notre plus grand plaisir. Et maintenant, elle va sortir le 18 novembre 2025 !

De l’autre côté du couloir de Nora Hall : une romance saphique new adult disponible le 18 novembre 2025

De l’autre côté du couloir parle de romance et d’amitié. Il y est question de la famille de cœur que l’on se crée par opposition à la famille de sang. Parce que l’héroïne, Imogen, est entourée par des amis incroyables : Artémis et Newt ! Ils sont juste fantastiques, à la fois drôles et touchants. On les adore ! Et quand elle rencontre, Beth, qu’elle déteste immédiatement avant de tomber sous son charme, ils seront aux premières loges pour assister au début de la romance entre elles…

Résumé De l’autre côté du couloir de Nora Hall

Serveuse dans un petit café de Brooklyn, Imogen cultive une existence tranquille loin des fastes new-yorkais. Jusqu’au jour où ses parents l’obligent à héberger Beth, une violoncelliste prodige venue jouer au gala de Noël familial… auquel Imogen n’est même pas invitée.

Tout oppose les deux jeunes femmes : Imogen a fui l’excellence bourgeoise que son invitée imposée incarne à la perfection. Beth jalouse cette liberté insolente qu’elle s’interdit de désirer. Contraintes de cohabiter, elles s’affrontent d’abord avec acharnement.

Mais derrière les piques et les regards noirs, quelque chose de plus troublant commence à naître. Avec le soutien indéfectible de leurs amis, Artémis et Newt, elles apprendront que parfois, c’est de l’autre côté du couloir que se trouve ce qu’on cherchait depuis toujours…

Nora Hall signe une romance poignante sur ces moments charnières où l’on passe à l’âge adulte.

La couverture de cette nouvelle romance contemporaine de Nora Hall

Pour cette romance entre deux jeunes adultes, nous avons décidé de faire appel à une illustratrice dont Nora connaissait le travail. Il s’agit de Sandy Ardissone qui a donné vie à Imogen et Beth de manière saisissante. Elle a parfaitement croqué ces deux jeunes femmes qui se détestent au premier abord avant de vivre une belle histoire, toute douce et touchante…

De l'autre côté du couloir de Nora Hall - New romance saphique - Format web

L’extrait De l’autre côté du couloir de Nora Hall

Je me réveille en sursaut. Le coup d’archet donne un aspect dramatique à ce sursaut brusque. Il est 5 heures du matin. Beth a émergé il y a peu, et elle est déjà en train de massacrer mon horloge interne.

Je me lève, en furie, et entre dans la chambre qu’elle occupe.

Tout d’abord, ce qui me frappe, c’est son parfum qui embaume toute la pièce. J’ai l’impression de sentir le cul d’une fée. Ma chambre d’amis ne ressemble plus du tout à ma chambre d’amis. Le grand matelas est désormais recouvert de draps pastel et de coussins épais avec un motif imitant le marbre. Des partitions sont placardées sur les murs et des bougies trônent sur la table de nuit et le bureau. Les rideaux de la fenêtre sont à moitié tirés. D’ici, nous voyons le pont de Brooklyn et les buildings toujours illuminés de Manhattan.

Une guirlande de lumière est accrochée au-dessus du lit, seule source d’éclairage propre à la pièce. Ma caisse de vinyles a été reléguée au fond de la chambre, derrière la porte, à côté de la valise de mon invitée soigneusement rangée. Mon vieux synthétiseur sert de repose-bijoux, et le banc est recouvert de robes pliées avec minutie.

Beth est assise au centre de l’espace, son violoncelle entre les cuisses. Sa robe d’été jaune remonte le long de sa peau et dévoile des jambes pâles, musclées et… magnifiques. Je déglutis pour me reconcentrer sur son visage. Elle porte un serre-tête noir et ses boucles blondes tombent autour de sa figure en forme de cœur. Le petit pendentif avec une croix pend à son cou. Ses yeux me sondent d’un air narquois.

— Tu arrêtes de torturer ton violoncelle, s’il te plaît ? Tu n’es pas seule ici. J’aimerais bien dormir.

— Tu n’avais qu’à te coucher plus tôt. Ce n’est pas mon problème.

Je retiens un grognement. Ça sort malgré moi.

— Tu n’es qu’une pétasse habillée en poupée.

Elle pose lentement son violoncelle sur son pied, se lève du tabouret sur lequel elle était assise, plante son archet contre ma poitrine.

— Tes parents m’ont octroyé le droit d’être ici et de répéter. Je fais donc ce que je veux, et ce n’est pas une fille bizarre au point de donner des noms à des photos de chiens qui va m’en empêcher.

— Tu es détestable, tu le sais, ça ?

— Et toi, tu es une déshéritée. Donc, tout ce que tu dis a le même effet qu’une chasse d’eau. C’est clair ?

Je recule, frappée par le coup qu’elle vient de m’asséner.

— OK. La guerre est déclarée.

Je me rends dans la salle de bain où j’écrase son rouge à lèvres hors de prix dans la poubelle. J’attrape sa bouteille de shampoing, la vide dans le siphon du lavabo et la remplis de démaquillant.

Plus tard dans la journée, je découvre que Beth a paramétré la télé en russe. Langue qu’elle parle, et moi non. Je dois donc la supplier de la remettre en anglais. En contrepartie, elle me fait signer une clause comme quoi je renonce à toucher à une quelconque de ses propriétés. Je signe.

Seulement, je n’ai pas dit mon dernier mot ; je m’emploie à échanger le sucre contre le sel dans les pots, ravie d’apercevoir la tête qu’elle fait à midi en découvrant son plat de haricots et de choux sucrés. Pour mon plus grand plaisir, elle se précipite aux toilettes. Toilettes qu’elle refuse de nettoyer après avoir vomi, ma brosse à dents plongée tête la première dedans.

Tandis qu’elle répète, je lance un film porno à plein volume, puis hurle de rire en entendant son archet riper le long des cordes lorsque résonne le premier gémissement.

Toutefois, au moment où je m’apprête à partir au travail, je remarque que mes chaussures ont disparu et qu’il ne reste plus qu’une paire de Crocs rose pétant.

Je les enfile, quitte l’appartement avec, pestant de toute mon âme, les doigts de pieds bleus à cause du froid, et ce malgré la paire de chaussettes double épaisseur à l’effigie de Rodolphe, le renne de Noël.

***

En soirée, après être rentrée du travail les pieds ankylosés, je coche le jour sur mon calendrier canin (déjà le 17 décembre), retire mon soutien-gorge, enfile une autre paire de grosses chaussettes, me jette sur le canapé, empoigne la télécommande et vérifie la langue ; c’est bon. J’attrape mon carnet de culture, frétillant de ce moment entre Vestiges d’Histoire et moi. Je fais défiler le catalogue des épisodes à l’écran, puis sélectionne celui sur Jean de Léry et la découverte de l’ananas. Je bondis presque de joie à l’idée de noter toutes les anecdotes aussi passionnantes qu’inutiles sur l’identification d’un fruit que je n’aime même pas. Alors que la voix chaude et rassurante du présentateur Joseph Côme résonne dans le salon, les cordes du violoncelle de Beth se superposent. De sa chambre, elle a repris son meurtre musical – certes plaisant, mais tout de même. Je me couvre le visage des mains, dépitée. Les moments devant mes documentaires sont trop précieux, je refuse de les perdre à cause du violoncelle.

— Beth ! hurlé-je. S’il te plaît, je regarde la télé !

Il y a un silence, le violoncelle s’est arrêté.

— Il n’y a que les incultes et les fans de téléréalité pour traîner devant la télé à cette heure !

Et elle recommence à jouer de plus belle, étouffant définitivement Joseph Côme, dont la bouche continue à bouger tandis qu’il montre une gravure d’ananas.

OK. Elle veut me priver de mes documentaires ? Je ne suis pas près de sortir le drapeau blanc.

***

Mon réveil sonne. Trois heures du matin. Parfait. Encore ensommeillée, je m’extirpe de sous ma couette. Je ne me serais jamais levée à cette heure-là, mais pour ça, je peux.

Je me frotte les yeux, m’attache les cheveux, m’étire et attrape mon enceinte Bluetooth. À pas de loup, je sors dans le couloir, m’arrête devant la porte de la chambre de Beth, pose l’enceinte et m’éloigne, lançant à distance sur mon téléphone une des musiques de Bring Me the Horizon. Je l’entends se lever et ouvrir la porte violemment. Elle se baisse et découvre l’enceinte, puis donne un coup de pied dedans et les envoie contre le mur d’en face.

Elle se penche dans le couloir, me voit dépasser de ma chambre. Ses cheveux sont attachés et quelques mèches bouclées tombent devant son visage fatigué.

— Tu ne sais pas à qui tu t’attaques, Cara Delevingne !

Une insulte tentée à cause de mes sourcils épais et broussailleux, mais une insulte ratée parce que Cara Delevingne est vraiment très jolie.

Aussitôt, la porte claque et, l’instant d’après, j’entends des accords atrocement faux de violoncelle.

— Alors c’est ainsi que joue le prodige des d’Aquinon ? hurlé-je.

Pour toute réponse, elle semble augmenter le volume, avec de terribles sons aigus. Je m’empare de bouchons d’oreilles et me recouche dans mon lit, les rideaux ouverts sur la ville.

Malgré tout, je perçois encore la symphonie nocturne de Beth. Je peste, mords mon oreiller, me cache sous ma couette. Soudain, plus aucun son. Elle a dû fatiguer et s’endormir. Rassurée, je sors de sous ma forteresse en coton et m’installe à nouveau sur mon oreiller. Alors, j’entends la voix de Beth dans un micro.

— Une performance musicale intitulée Imogen, ou la sérénade du désespoir.

Il y a un instant le silence, puis je perçois des notes de piano. Elle utilise le synthé poussiéreux que je garde dans la chambre d’amis. Je la pensais violoncelliste, mais apparemment, elle excelle dans tous les arts musicaux quand je n’ai jamais réussi à jouer Au clair de la Lune correctement.

Sa voix s’élève :

« De l’autre côté du couloir, quelle folie,

Beth dormait tranquillement, mais Imogen, aucune envie.

Embêter le monde, tel est son art,

Avec sa sérénade, elle va créer mon départ.

Le désordre est son royaume,

Tambours imaginaires, aspirateur et aucun homme.

Chère voisine, tu peux rêver sans t’endormir,

Telle est ma vengeance, tel est mon plaisir »

Elle est étonnamment douce et belle. Beth chante juste, même quand elle improvise une chanson sans queue ni tête qui me donne envie de lui écraser le visage sur les touches du clavier. Je me lève de mon lit, sors dans le couloir, pousse la porte de sa chambre. Elle sursaute, mais ne s’arrête pas de chanter.

Pour en découvrir davantage, rendez-vous le 18 novembre prochain !

2 Commentaires sur “Extrait du roman De l’autre côté du couloir de Nora Hall

  1. M@non dit:

    D’habitude, je ne commente pas les extraits, car je ne les lis pas par forcément, mais celui-ci, je l’ai adoré !
    Cela donne le ton et j’ai déjà bien ri en le parcourant. 😉
    J’ai hâte de découvrir cette histoire ! Vivement la sortie !

  2. Cortin Cecile dit:

    Magnifique couverture qui donne le ton haute tension. Le dessin : tout en raffinement !
    L’extrait : Waouh !! Des dialogues à décorner les boeufs !!!
    En filigrane, Imogen déjà sous le charme de Beth, prodige sur le toit du monde et un brin Castafiore !!!
    Je frétille d’impatience 🥰🥰🌞🌞

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