Pas sur ma liste, une histoire lesbienne qui parle de différences…
Pour commencer, pouvez-vous nous présenter Pas sur ma liste en quelques phrases ?
Cassia : Pas sur ma liste raconte la rencontre de Marie et Justine, qui, en plus d’avoir une vision de l’existence assez différente, n’en sont pas au même stade dans leur propre vie. Justine est étudiante, Marie a déjà un poste haut placé. Elles n’ont également pas le même âge. Et si, pour l’une, ce n’est pas un problème, pour l’autre, ça en est un gros… Justine décide donc de faire comprendre à Marie que les problèmes n’existent que si on reconnaît qu’ils existent !
Marie : Voilà, tout est dit. C’est un roman qui traite beaucoup de la différence d’âge et de la question de la maturité et de ce qu’on recherche dans la vie. Parce que j’ai presque le même âge que Marie. En vrai, non, elle est plus jeune. Et que Cassia a presque le même âge que Justine. Non, en vrai, elle est plus vieille de quelques années seulement !
Et avant d’aller plus loin, sachez que l’utilisation du prénom de Marie dans l’histoire n’est pas volontaire. J’écris sous pseudonyme depuis le début de mon aventure Reines de Cœur. Et quand on a commencé la rédaction et enchaîné les blagues et références sur le prénom de Marie, je n’ai pas pensé que ça risquait de prêter à confusion. C’est mon épouse qui m’a fait remarquer, quand elle a lu le livre achevé : « Tu n’as pas peur que les gens imaginent que c’est une biographie ? » Mais c’était trop tard, on avait d’excellentes références que je refusais de les supprimer. Donc j’ai dit : « Non, rassure-toi, j’expliquerais que ce n’est pas moi et que j’avais oublié que mon pseudo, c’était Marie Parson et que je suis toujours mariée avec toi et heureuse. » Donc voilà, je l’explique dès maintenant ! Je n’ai juste pas de mémoire, c’est tout… [Rires]
De l’humour, comme Marie Parson en a le secret
Le roman s’ouvre sur une scène très visuelle et assez drôle autour d’un talon cassé au Centre de Congrès Cité Mondiale. Pourquoi avoir débuté ainsi ?
Marie : Parce qu’il fallait du rythme. Il fallait qu’on ressente à quel point Marie Derrien, l’héroïne du roman, court dans tous les sens et a peu de temps. Et surtout il fallait qu’un grain de sable enraye l’engrenage de sa routine parfaite pour qu’elle puisse faire la rencontre de Justine. Parce que toutes les deux sont trop différentes, donc il y avait peu de chance qu’elles apprennent à se connaître dans des circonstances normales.
Et puis j’adore l’humour et donc le début est, je l’espère, bourré d’humour. Un talon cassé, une héroïne n’a pas de chaussures de rechange et a une obligation professionnelle. Une parfaite inconnue va l’aider. Et toutes les deux vont être contraintes de se revoir. C’était parfait comme début, non ?
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Pas sur ma liste – Format papier
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Un age gap lesbien centré sur ce sujet
Il est rare que, dans les romances age gap, on traite à ce point des différentes entre les deux protagonistes. Pourquoi avoir choisi de vous plonger à fond dans ce qui oppose et rapproche vos héroïnes ?
Cassia : Parce que les êtres humains sont différents. De mon côté il me semblait plus réaliste qu’avec un écart d’âge pas si important (et j’imagine déjà Marie Parson me dire que si, quand même, elles ont un sacré écart !), elles sont quand même de deux générations différentes.
Elles n’ont pas les mêmes références, ne sont pas confrontées aux mêmes difficultés, au même quotidien, car les temps changent. Comme Marie et moi avons quelques années d’écart également, on a déjà pu constater qu’on aborde beaucoup de sujets différemment. Souvent en raison d’un contexte dans lequel on a grandi qui est éloigné pas tant en raison de nos situations respectives, mais du temps qui a passé entre nos deux expériences.
Marie : Il y a un écart d’âge et donc de génération. Il y a aussi une expérience de vie très différente. Justine a grandi avec ses grands-parents parce que ses parents l’ont eu à 16 ans. Elle n’a jamais vu ses parents amoureux et son unique modèle se sont ses grands-parents aujourd’hui décédés. Elle est persuadée qu’elle est seule dans la vie et qu’elle doit se débrouiller sans le soutien et l’aide de personne. Marie, qui est plus âgée, a grandi dans une famille aimante. Ses parents vieillissent ensemble et s’entendent toujours bien (même si elle déplore qu’ils deviennent chiants), elle est très proche de sa petite sœur, a gardé ses amies d’enfance autour d’elle. Pour elle, l’amour est partout et elle sait qu’elle peut compter sur toutes ces personnes en cas de besoin.
Et les personnages dans tout cela ?
Marie, c’est la femme pressée, ultra professionnelle, qui a appris à jouer le rôle parfait de directrice de communication… au point de s’y perdre un peu. Comment la décririez-vous à quelqu’un qui ne la connaît pas encore ?
Cassia : Elle a un côté stressé et coincé, mais rassurez-vous, Justine va lui apprendre à se détendre. [Rires]
Marie : C’est quoi ce raccourci ? Non, c’est plus compliqué ! Elle a fait des études, elle a gravi les échelons et a un poste à responsabilités. Et, elle est devenue ce qu’elle pense que les gens attendent d’elle d’un point de vue professionnel et aussi personnel sans même s’en rendre compte. Au fil du chemin, elle a un peu oublié qui elle est.
Sa rencontre avec Justine va être le déclencheur pour qu’elle se retrouve.
Justine, c’est l’énergie, la répartie, la culture, une manière très directe de questionner le monde… Si vous deviez la présenter, est-ce que vous pouvez la présenter un peu plus ?
Cassia : Justine est aussi dans cet entre-deux monde. Adulte officielle depuis un moment, mais qui n’en avait pas la mentalité avant le début de l’histoire. Elle est à ce stade où elle espère acquérir une certaine maturité. Mais ça n’arrive pas du jour au lendemain ! Du coup, elle navigue un peu au hasard à ce niveau-là.
Marie : Voilà, tout à fait. Elle répète les mêmes erreurs en se disant qu’elle veut arrêter. Malheureusement, elle ne sait pas trop comment faire. Et là, elle va croiser une femme qui va lui donner envie d’essayer. Pour de vrai. Pas juste parce qu’elle pense qu’elle doit le faire parce qu’elle est à l’âge où elle devrait être plus mature.
Interview de Marie Parson et Cassia Bellstone pour Pas sur ma liste
Est-ce que vous diriez qu’avant tout, Marie et Justine aiment débattre et discuter sur tout et rien ?
Cassia : Comme nous, j’ai envie de dire… N’est-ce pas Marie ?
Marie : Oui, tout à fait. L’histoire repose sur le fait que Justine et Marie aiment échanger ensemble. Elles s’apprécient dans la manière dont elles ont l’impression d’avoir trouvé une égale pour discuter. Et elles partent dans tous les sens en permanence. On a un débat sur MacGyver, sur la féminisation de la langue française, sur quand est-ce qu’il faut mettre une couette et même sur la prononciation de maquereau. Bref, elles partent dans tous les sens !
L’obstacle qui « empêche » Marie et Justine d’être ensemble ne peut pas être résolu facilement. Pourquoi ce choix ?
Cassia : Je ne sais plus exactement pourquoi. J’ai souvenir que tout cela s’est décidé lors d’un dîner. Peut-être que ce qu’on mangeait était trop bon et que, quand l’une de nous a lancé l’idée, l’autre a accepté sans réaliser ce que ça allait impliquer comme complication dans l’histoire. Car il a fallu les résoudre, ces complications… Tu te souviens du contexte ?
Marie : Je n’ai pas un souvenir précis non plus. Je crois qu’on s’est dit que sans ça, elles seraient ensemble au chapitre 3 et que l’histoire serait finie trop vite. Parce que tu n’arrêtais pas de répéter que Justine aurait la solution et convaincrait Marie. Du coup, il fallait un problème que Justine ne puisse pas résoudre. Et en l’occurrence celui-là. Il est hors de son contrôle.
La culture populaire au centre de cette romance saphique
Peut-on dire qu’il y a de nombreuses références à la culture actuelle à travers les films, séries et musiques abordées ?
Marie : On a revisité la culture populaire, oui. Mais à l’image de ce que vous vivez quand vous avez plus de 40 ans et que vous discutez avec des ados ou jeunes adultes. Il y a ce gap générationnel. Donc, MacGyver, la série de mon enfance a eu une version récente qui était nulle. On a dénaturé mon héros favori qui m’a fait réclamer un couteau suisse. Un couteau que j’ai toujours, sachez-le. Pareil pour les films de Spiderman. J’ai vu les premiers, Cassia les derniers…
Mais c’est la même chose quand aujourd’hui je joue à la console avec mes neveux. J’ai passé les fêtes de Noël à leur dire quand ils sélectionnaient une course à Mario Kart « Prenez un circuit avec des bords, sinon je tombe tout le temps ! » Alors que dans mon enfance, sur la Super Nintendo, j’étais vraiment douée à Mario Kart. Peut-être parce que je ne perdais jamais le bonhomme qui restait en plein milieu de l’écran… [Rires]
Bref, on s’est retrouvées naturellement à parler de tout cela. À mon niveau, je trouve ça très drôle. Et c’est une matière incroyable pour des livres !
Comment écrit-on à deux ? Dans cette interview de Marie Parson et Cassia Bellstone, vous en saurez plus
Comment avez-vous procédé pour écrire ce roman ? Chacune a géré un personnage et surpris l’autre avec un chapitre ?
Cassia : Marie a démarré et j’ai enchaîné sans savoir du tout ce qu’elle allait inventer au début. Effectivement on a abordé le projet avec le côté « surprise » à chaque chapitre et « débrouille-toi avec ma fin », qui était très drôle. Une fois les premiers échanges installés, on a accepté de faire un plan global pour voir où on allait.
Chacune gérait le point de vue d’un personnage, mais, finalement, on a revu ensemble certaines parties de l’autre. On a beaucoup travaillé ensemble sur certains personnages. Notamment Claire, dont je voulais absolument faire une alliée, la mère de Justine, qui a un impact sur les deux héroïnes, ou les neveux de Marie qui apparaissent plusieurs fois dans les parties du point de vue de Justine.
Est-ce que, comme Marie, vous faites des listes ? Comment est née cette idée ?
Marie : Je ne fais pas de listes, mais mon épouse, oui. Au début, il n’était pas question de listes, mais Marie est inspirée de mon épouse et d’une amie directrice de la communication dans une entreprise d’assurances… Et toutes les deux font des listes. Écrire sur un bout de papier alors qu’elles passent leur vie accrochées à leur ordinateur leur fait du bien… [Rires] C’est donc pareil pour mon héroïne !
Et après, on a utilisé le comique de répétition en déclinant les listes tout le long du livre. Attention, sachez que je ne me moque pas du tout des listes ! L’important, c’est que ça aide les personnes qui les font ! Moi, j’en fais, d’ailleurs, mais plutôt dans ma tête, sauf si j’ai trop de choses et que ça ne rentre pas dedans. [Rires]
Un livre lesbien à découvrir pour rire et s’émouvoir
Qu’aimeriez-vous que les lectrices retiennent de leur lecture ?
Marie : La question est très difficile parce que j’ai appris plein de choses en écrivant ce livre. Alors j’espère qu’elles en retiendront autant que moi !!!! [Rires] Non, plus sérieusement, peut-être qu’on peut grandir à tout âge. Les a priori, les avis tout faits ne nous aident pas et nous enferment dans des cases. Savoir les dépasser nous permet de continuer à apprendre des expériences, des autres et donc de devenir plus sages, non ?
Et aussi, retenez que Cassia maîtrise l’écriture des scènes de sexe ! Elle en a écrit plusieurs dans ce bouquin, ça m’a bien arrangé, j’ai pu me concentrer sur les blagues nulles, du coup !