À la rencontre de Carole Picard, une nouvelle autrice publiée chez Reines de Coeur
Bonjour Carole, bienvenue chez Reines de Cœur ! On est super contentes de t’accueillir. Est-ce que tu peux te présenter et nous parler du chemin qui t’a mené jusqu’à nous ?
Bonjour ! Alors j’ai 36 ans, je suis développeur web et j’ai connu Reines de Cœur pendant le confinement… Je m’ennuyais ferme, j’hésitais à me remettre à la lecture parce que je sortais d’une période compliquée et qu’ayant du mal à gérer mes propres émotions, j’avais un peu peur de me plonger dans celles de quelqu’un d’autre…
J’ai tapé « romances lesbiennes » sur Amazon et je suis tombée sur divers livres dont Pas à Pas de Lena Clarke et À la croisée des chemins de Eija Jimenez. Et là, gros gros coup de cœur. Des romances dans lesquelles personne ne prend une balle perdue, quel bonheur. J’ai tout de suite enchaîné avec la saga Blood Moon d’Axelle Law. J’ai adoré le rythme, le monde, les punchlines… À partir de là, tout mon « argent de poche » est passé dans mes commandes Reines de Cœur 😊.
Ma Personne Préférée, une courte romance lesbienne adorable et tendre
Tu décris dans ton mot d’autrice l’image de toi qui découvrait Reines de Cœur et qui n’aurait jamais imaginé voir son nom sur le site. C’est quoi ton parcours d’autrice avant la sortie de Ma Personne Préférée ?
J’écris des histoires depuis… que je sais écrire. Les premières étaient manuscrites, avec un crayon à papier dans mon cahier Teletubbies… Je l’ai retrouvé récemment, ça n’a rien de passionnant (rires).
Puis, lorsque j’étais en sixième, on a eu un ordinateur avec imprimante. Une révolution dans ma vie. J’ai ainsi commencé à écrire des romances. Au lycée, j’imprimais mes histoires pour les échanger à l’internat contre des devoirs de maths (c’est à peu près à cette époque que ma moyenne en maths a chuté… Coïncidence ? Sûrement.)
J’ai continué les romances pour ados à la fac, puis je me suis lancée dans le fantastique, avant de découvrir Wattpad ! Deuxième révolution : un retour des lecteurs, rien de mieux pour vous motiver. J’ai donc tenté ma chance en envoyant un de mes textes à Reines de Cœur… et me voilà !
Passons à Ma personne préférée. En quelques mots, comment tu la présenterais aux lectrices qui ne savent pas encore à quoi s’attendre ?
Houla, plus dure comme question…
J’ai mis tout ce que j’aime dedans : du rêve, de l’amour, de l’humour et un petit bout de chez moi. C’est l’histoire de deux meilleures amies qui grandissent ensemble dans les années 90-2000, qui vivent ensemble leurs premiers amours, leurs premières fêtes et tout un tas de premières fois… Ce sont des souvenirs imaginaires, si je dois résumer 😊
Une jolie romance entre deux amies d’enfance sur plus de 10 ans…
L’histoire s’étale sur dix ans, de l’enfance à l’adolescence. Pourquoi était-il important pour toi de montrer Charlotte et Pauline grandir ensemble ?
Je vais souvent trop vite dans mes histoires (à l’écrit comme dans la vraie vie 😊). Je voulais vraiment illustrer une évolution, une découverte de soi. J’ai remarqué qu’en tant qu’adulte, on oublie souvent ce que c’est de ressentir une émotion pour la première fois. Les cœurs brisés, le stress d’une première rencontre, la séparation avec un ami, ne serait-ce que de quelques kilomètres… Tout est plus intense dans ces années-là. Je voulais l’illustrer et y replonger mes lecteurs.
Le titre Ma personne préférée est une phrase qui traverse tout le roman. D’où vient cette expression et pourquoi elle est un peu l’âme de cette histoire ?
J’ai toujours trouvé que « meilleure amie », c’était nul comme expression. Non, en vrai, je suis pas sûre de pouvoir dire la vérité à cette question…
En gros, ma femme est persuadée que je préfère le chat à elle… Et du coup, quand je veux la faire enrager, au lieu de lui dire que c’est l’amour de ma vie, je lui dis que c’est mon humain préféré, qui s’est transformé en « personne préférée ». C’est ce qui m’a donné l’idée du titre.
On peut raconter ce genre de truc ?
Des personnages qui évoluent même dans une courte romance lesbienne
Charlotte et Pauline sont des opposées absolues dès leur rencontre : l’enfant qui porte des robes et est considérée « prout-prout » par les autres et la « garçon manqué » rêveuse, bourrée d’imagination qui aime jouer les chevaliers. Comment tu as construit ce duo et leur côté complémentaire ?
Déjà, on va pas se mentir, Pauline est clairement inspirée de moi, je suis pas allée chercher très loin. Ensuite, j’ai toujours préféré la compagnie de mes opposés à celle de gens qui me ressemblent vraiment.
Dans notre groupe d’amis, on aime dire qu’on est une bande hétéroclite parce qu’à part notre amitié, on n’a rien en commun : nos goûts en matière d’activités, de musique ou même simplement de mode de vie sont tous différents. Et je pense que c’est ça qui nous ouvre à de nouvelles choses.
Passez du temps avec quelqu’un qui est votre copie conforme, et vous resterez toujours dans votre petite bulle confortable. Accompagnez vos amis à des événements dont vous n’auriez jamais su l’existence sans eux : c’est comme ça que vous découvrirez de nouvelles aventures.
Des moments marquants et inoubliables
Le roman est semé de petites scènes iconiques : le château, le camping, la valse d’Anastasia, la rivière. Ces moments te sont venus comment ?
Très bonne question, je n’en ai pas la moindre idée (rires).
Je pense que ça vient des lieux. Comme pour le personnage de Pauline, je ne suis pas allée chercher bien loin. Tous les lieux existent et sont, pour la plupart, à moins de vingt minutes de chez moi…
Je me souviens que la scène de la valse m’est venue pendant un escape game dans le fameux château où j’accompagnais mes nièces. Il y avait un gros orage, les filles tentaient de résoudre une énigme et moi, je regardais dans le conduit de cheminée si, oui ou non, la pluie pouvait entrer.
Ce sont souvent les endroits que je connais par cœur dont j’arrive le mieux à décrire le ressenti lorsqu’on s’y trouve. Du coup, ce sont ces lieux ou ces ambiances qui m’inspirent le plus.
Une amitié améliorée ? Oui, comme dans certaines séries télé qu’elles regardent…
La relation entre Charlotte et Pauline passe par des zones grises (elles sont plus que des amies) pendant des années. C’était quoi le défi d’écrire une romance aussi lente à se nommer ?
Sincèrement ? Ça a été la romance la plus facile que j’ai écrite. C’était… logique.
Elles s’aiment, elles se font confiance, elles se connaissent depuis toujours. C’est normal pour elles, cette relation, parce qu’elles l’ont toujours connue comme ça. Et surtout, quand l’une d’elles se pose des questions sur ce que ressent l’autre, elles se parlent.
Du coup, ça ne leur viendrait même pas à l’idée que ça puisse être autre chose que de l’amitié. Enfin, au début 😊
De l’humour, tout au long de cette tendre et courte romance lesbienne
Il y a beaucoup d’humour dans ce roman, et notamment dans les dialogues et les pensées de Pauline. L’humour, c’est quelque chose d’important pour toi dans ta façon d’écrire ?
C’est surtout un moyen d’autodéfense !
Plus sincèrement, vous l’aurez compris en lisant l’histoire, j’ai grandi devant Buffy, Charmed, Dawson ou Friends, avec tous ces moments où on pleure, mais aussi ceux où on rit. À l’époque, dans une scène, il y avait au minimum une réplique bien placée qui nous faisait rire et qu’on essayait de replacer dans la vraie vie, sans succès.
Oui, c’est important pour moi. J’aime rire en lisant un dialogue, le raconter à la personne à côté de moi qui s’en moque royalement, puis reprendre où j’en étais. C’est ce que je préfère dans la lecture, alors je me dis que, dans l’écriture aussi, ça doit se ressentir.
Une déclaration d’amour magnifique comme on n’en fait pas souvent dans les romances lesbiennes
La déclaration de Charlotte devant tout le lycée est un des moments les plus forts du livre. Comment tu l’as écrite et comment tu as su que c’était le bon endroit pour que ça se passe ?
Une chanson : 7 Years de Lukas Graham. Que je vous conseille d’écouter pendant que Charlotte fait son discours, d’ailleurs, ça ajoute une dimension dramatique avec la BO ^^
Je voulais que ça se passe devant le lycée parce que j’aime bien quand il y a un public pour les grandes scènes de ce genre. OK, avouons-le, j’ai regardé beaucoup trop de comédies romantiques !
Ça aurait pu être pire, j’aurais pu faire en sorte que toute la déclaration se déroule sous la pluie 😊
Qu’est-ce que tu aimerais que les lectrices emportent avec elles en finissant leur lecture ?
Un léger sourire un tout petit peu nostalgique de ces années-là, ce serait assez sympa.