Nous vous l’avons annoncé il y a quelques semaines. Le 16 septembre sortira Voies d’Ombres de Solène Nahodha. De l’excellente fantasy avec deux couples lesbiens…
Vous avez raté le résumé de Voies d’Ombres ? Pas de panique !
Vous n’étiez pas là quand nous avons partagé le résumé du roman ? Aucun souci. Nous vous proposons un petit rappel ici. Le résumé n’a pas été simple à écrire et, encore une fois, bravo à Gaëlle pour son talent de synthèse ! Talent dont je suis absolument dépourvu !!!!
Allez, j’arrête de vous ennuyer et je vous partage tout de suite la quatrième de couverture.
Au palais d’Ylis, Theïs forme les Ombres de Thän, ces guerrières et guerriers d’élite chargés de protéger la Souveraine. Maîtresse d’armes respectée, elle répartit son temps libre entre son sabre, ses amantes d’un soir et sa meilleure amie Ellyn, la Capitaine des Ombres de Thän, aussi dévouée qu’elle à son travail.
Tout bascule après une attaque brutale contre la Souveraine et ses enfants. Theïs, blessée, ne doit son salut qu’à l’intervention de Sen, une élève assassine fraîchement capturée. La Maîtresse d’armes décide alors de la prendre sous son aile et se retrouve face à un défi de taille : lui enseigner les codes d’un monde où l’honneur prime sur la survie.
Mais la menace rôde, la Souveraine reste en danger. Sen parviendra-t-elle à faire ses preuves malgré la méfiance générale ? Perturbée par des sentiments inattendus envers son amie Ellyn, Theïs réussira-t-elle à garder le cap et à guider sa protégée sur une voie aussi incertaine que périlleuse ? Car au palais d’Ylis, une simple erreur peut tout faire vaciller…
Voies d’Ombres
9,99 €Voies d’Ombres – Format papier
19,90 €
Et la couverture de ce roman avant de vous proposer l’extrait de Voies d’Ombres de Solène Nahodha
Nous vous partageons avec un immense plaisir la couverture de cette belle histoire. Et surtout, nous espérons que vous l’aimerez autant que nous ! La couverture… Et l’histoire aussi !
Un autre cadeau avant de vous laisser avec l’extrait de Voies d’Ombres
Solène Nahodha a imaginé tout un monde et tout un univers. Le plaisir de travailler sur de la fantasy, me direz-vous. Et vous avez raison ! Comme elle a tout inventé, elle a voulu donner vie, sur le papier, à une carte du pays de Thän. Elle s’est donc mise en relation avec Eden Bonnet pour la création de celle-ci. Voici l’illustration que vous pourrez donc découvrir dans le roman. À la fois au format numérique et papier.
En espérant que cette découverte attise votre curiosité.
Et maintenant, place à l’extrait. Enfin !
Extrait de Voies d’Ombres de Solène Nahodha
Ainsi, son Maître n’était plus. Sen n’était peut-être pas condamnée à mort, alors, malgré sa trahison. Rassurée, elle prit une profonde inspiration, qui lui donna tout à coup la sensation de flotter au-dessus de son corps. Son Maître ne la battrait plus. Dieck non plus. Peut-être que la vie lui souriait enfin. Un goût amer dans le fond de sa bouche lui rappela que les choses étaient rarement aussi simples.
La règle voulait que Sen entre au service de la personne qui avait tué son Maître, cette dénommée Theïs. De ce que Sen entendait, cette Theïs était mal en point, pourtant elle s’accrochait. Si elle se réveillait et apprenait que la jeune fille n’avait pas cherché à l’aider, elle la punirait certainement.
Sen connaissait la douleur. Son Maître s’en était assuré. Mais on pouvait toujours tomber sur pire. Elle avait déjà vu une assassine arracher la main d’un de ses élèves, simplement pour le plaisir. Sen frissonna. Autant partir du bon pied avec cette nouvelle Maîtresse et mettre toutes les chances de son côté.
Elle s’assit brusquement. Le mouvement lui tira un gémissement. Alertés par le bruit des chaînes, les deux guerriers qui la surveillaient se retournèrent aussitôt.
— Theïs, articula-t-elle.
— Quoi ?
— Theïs, répéta Sen.
Perplexes, ils la contemplèrent un moment.
— Je peux aider Theïs.
Les deux hommes se regardèrent. D’un signe de tête, le moins costaud indiqua à l’autre de le suivre. Ils s’éloignèrent de quelques pas et Sen dut tendre l’oreille afin d’entendre leur conversation.
— Si elle dit vrai et qu’elle peut sauver Theïs…
— C’est une assassine. Elle cherche probablement un moyen de l’achever pour se venger.
— Je ne sais pas… Elle a déjà tué l’un des leurs et épargné les enfants Thän… Elle doit être différente.
— Je n’ai pas confiance.
— On va être prudents et la surveiller de près.
Leur décision prise, ils se rapprochèrent d’elle. Le moins costaud détacha les chaînes qui retenaient Sen, laissant les fers en place. Le barbu lui attacha les poignets ensemble à l’aide d’une corde. Il voulut l’aider à se relever, elle se dégagea. Je n’ai pas besoin de ton aide ! Sen était forte et se débrouillait seule depuis longtemps déjà. Heureusement, l’homme n’insista pas. Les deux gardes encadrèrent Sen et se mirent en marche. Après plusieurs couloirs et escaliers qu’elle peina à monter, ils s’arrêtèrent devant la chambre de Theïs. L’un des guerriers resta avec elle, l’autre frappa et entra.
L’homme qui la gardait dénoua la corde qui lui liait les mains, puis tira délicatement ses bras dans son dos. Sen grogna, à cause de son épaule, toutefois, elle se laissa faire. Elle devait faire profil bas et penser à son avenir. Avec un peu de chance, il serait moins sombre qu’avec son précédent Maître. En tout cas, elle l’espérait. L’homme lui rattacha les poignets en prenant soin de ne pas trop les serrer et elle apprécia son geste, même si elle n’en montra rien.
— Avance.
La chambre n’était pas très grande. Il y avait une malle grand ouverte sur la gauche, contenant des vêtements et du matériel. Le mur du fond était percé d’une petite ouverture. Le volet battait au vent. Le deuxième guerrier s’entretenait avec la médecine, assise sur un tabouret près du lit.
Le lit en question se révélait assez étroit, une simple couche sur un cadre de bois. Dessus était étendue une femme. Son visage apparaissait jeune, avec quelques rides aux coins des yeux et des lèvres. Ses cheveux blonds et courts étaient en bataille. La sueur perlait sur son front. Sa peau blanche était devenue presque translucide à cause de la fièvre. Un grand carré de laine avait été remonté jusqu’à son menton.
D’un signe, Sen fit comprendre qu’elle voulait l’examiner. La vieille dame se releva, puis attrapa la couverture, qu’elle replia doucement. Theïs sursauta et ouvrit les yeux. Elle plongea son regard dans celui de Sen. Jamais celle-ci n’avait vu des iris aussi clairs, à la limite entre le bleu et le gris. Lentement, les paupières de celle qui allait dorénavant décider de sa vie se refermèrent. La jeune fille commença à l’observer avec soin.
Theïs n’était pas grande et plutôt épaisse. Sa musculature était bien développée, ses jambes couvertes de fins poils blonds. Quelques cicatrices ornaient son corps, boursouflures pâles ou rosées selon leur ancienneté. Aucune trace d’empoisonnement jusqu’à présent.
Sen se pencha afin de mieux voir l’égratignure à la base du cou. La plaie se révéla toute petite. Seule une faible quantité de poison avait dû passer, ce qui pouvait expliquer qu’elle soit encore en vie. Sans un autre regard pour Theïs, Sen sortit de la pièce en compagnie des deux guerriers. Soigneusement, la médecine replaça la couverture sur sa patiente avant de les suivre.
— Alors ? Qu’en penses-tu ?
Sans un mot, Sen tourna le dos à ses gardiens, leur présentant ses poignets entravés. Le barbu les libéra, puis les rattacha devant elle. La douleur dans l’épaule de Sen se calma aussitôt, lui permettant de réfléchir plus librement. Elle pouvait aider, elle le savait.
— Où sont rangées vos herbes ? demanda-t-elle à la vieille dame.
— Dans mes quartiers. Par ici.
Sen et les deux hommes lui emboîtèrent le pas alors qu’elle s’éloignait. Ils parcoururent plusieurs escaliers et couloirs. Enfin, elle les fit entrer dans son cabinet, qui embaumait la menthe, et ouvrit la grande armoire en bois où elle conservait ses ustensiles et ses provisions. Sen sélectionna trois plantes séchées.
— En pommade ou en infusion ?
Sen haussa les épaules ; ses connaissances s’arrêtaient là. Elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir et espérait, au fond d’elle, que la dénommée Theïs se montrerait clémente quand elle se réveillerait. Tandis que la médecine commençait à s’activer, mettant de l’eau à chauffer et dénichant un petit bloc de cire afin de confectionner un onguent, Sen fut ramenée dans sa cellule.
***
La fièvre quitta Theïs la nuit suivante. Toujours très faible, elle retomba dans un sommeil entrecoupé. Son corps semblait peser plus lourd qu’un cheval, ses muscles hurlaient de souffrance au moindre mouvement et elle ne parvenait pas à aligner deux pensées cohérentes.
Au fil des jours, la douleur s’estompa et, même si la fatigue persistait, Theïs retrouva sa lucidité. Tu devrais avoir honte. Ce tueur t’a bernée comme une novice. Tu as failli mourir bêtement. N’étant pas encore capable de faire les cent pas dans sa chambre, Theïs se mit à arpenter son esprit, où elle souleva mille questions et remarques. Et si la médecine n’avait pas réussi à préparer de remède, hein ? Les apprentis vont rire de toi. Et si cet assassin avait eu un complice, embusqué dans une ruelle voisine ? Ellyn doit te trouver pathétique.
Les critiques que Theïs s’adressait sans relâche parasitaient ses réflexions, surtout qu’elle ne pouvait pas se plonger dans l’effort physique pour les apaiser. L’inactivité lui donnait aussi la sensation que son corps s’étiolait sous sa couverture. La Maîtresse d’armes n’avait donc qu’une hâte : reprendre l’entraînement, et le contrôle de sa vie par la même occasion.
Les visites de son amie Ellyn parvenaient à l’apaiser quelque peu, malheureusement, celle-ci n’avait pas beaucoup de temps à lui consacrer. La Capitaine était en effet occupée à réorganiser de fond en comble les défenses du palais, y compris en cuisine, où il s’agissait de prévenir toute tentative d’empoisonnement.
Au réveil, un matin, Theïs se sentit enfin beaucoup mieux et entreprit d’effectuer quelques étirements à même le sol en pierre froide de sa chambre. Alors qu’elle allait chercher le plus loin possible derrière ses pieds posés bien à plat, les images du combat avec l’assassin défilaient en boucle dans son esprit. Si seulement tu avais pris le temps de le fouiller, tu aurais pu…
Elle interrompit le fil de ses pensées d’un claquement de langue impatient. Le passé appartient au passé. Concentre-toi sur le présent.Une fois redressée de toute sa hauteur, elle souffla longuement et tendit les jambes, avant de replonger vers le bas. Du bout des doigts, elle vint attraper ses chevilles.
Tout en douceur, elle reprit possession de son corps, repoussant peu à peu le sentiment d’impuissance qui l’oppressait depuis la nuit de l’attaque. L’étau qui comprimait sa poitrine se desserra au fur et à mesure que sa respiration s’affirmait. Ses gestes devinrent plus fluides, sans que son mal-être disparaisse complètement. Ce n’est pas assez. Theïs avait besoin de bouger. Vraiment. Décidée, elle enfila ses vêtements, puis le harnais en cuir qui portait ses lames, avant de sortir de sa chambre.
Au bout du couloir, elle croisa la médecine, dont l’effluve de menthe lui assaillit l’odorat, l’empêchant de sentir quoi que ce soit d’autre autour d’elle. Theïs ignora superbement les appels de la vieille dame à retourner au lit et, avec un sourire espiègle, descendit les escaliers jusqu’au sous-sol pour rejoindre la salle d’armes. Une poignée de jeunes s’y entraînaient, sous le regard vigilant de Kanité, le Second d’Ellyn. L’air empestait la sueur et l’effort. Visiblement, il ne les avait pas ménagés. Parfait.
La pièce, immense, était parcourue de larges piliers qui soutenaient les étages supérieurs. Vers le centre, où se trouvait le groupe d’apprentis, le sol en granit était recouvert d’une fine paillasse constituée de fibres végétales savamment tressées. Le long des murs, haches, sabres, lances, javelines, arcs, flèches, poignards et boucliers semblaient se disputer la place.
Outre l’entrée principale, que venait d’emprunter Theïs, il était possible d’accéder à la salle d’armes par l’escalier adossé au mur du fond. Celui-ci débouchait sur un large palier. Muni d’une balustrade, il permettait d’observer les activités en contrebas sans risquer d’accident. Enfin, en théorie. À l’époque où elle était encore apprentie, Theïs avait un jour mis ses camarades au défi de tirer à l’arc sur une cible lancée en l’air et deux gardes qui discutaient tranquillement sur la plateforme avaient failli finir embrochés.
Rendez-vous le 16 septembre prochain pour cette nouvelle sortie !
Vous l’avez peut-être vu, mais Solène a écrit une petite nouvelle sur des mousquetaires au féminin. Aucun rapport avec cette Voies d’Ombres, mais c’est toujours agréable de lire une petite histoire drôle, décalée et avec une reine qui aurait eu une relation avec l’une de ses mousquetaires… Foncez découvrir ce petit morceau très sympathique offert par l’autrice !
Bonne lecture !
La couverture illustre parfaitement le titre.
On va donc retrouver l’univers légendaire découvert avec « Les ombres d’Awella » que je viens de relire, ça promet !!!
Les codes de l’honneur et de la justice : les thèmes de Solène, magnifiés par son imaginaire et son écriture !!🥰🥰🥰