Un nouveau roman de la reine de la romance lesbienne
Bonjour Lena, nous sommes ravies de te retrouver pour cette nouvelle romance, De l’Ombre à la Lumière. Peux-tu nous la présenter ?
Bonjour ! Cette romance se concentre sur une jeune femme obligée de se faire passer pour quelqu’un d’autre en société. Achetée par une famille noble quand elle n’était qu’une enfant, cette esclave remplace leur fille pourvue d’une faible constitution au cours de certains évènements. Similaires sur le plan physique grâce à plusieurs opérations, elles possèdent néanmoins un caractère très différent. L’héroïne s’efforce de copier le caractère de son modèle et de ne jamais se faire remarquer lorsqu’elle prend sa place.
Malheureusement sa rencontre avec la princesse Elisha changera la donne. Incapable de rester de marbre et de laisser le dernier mot à cette femme, la narratrice trahira sa vraie nature et éprouvera de grandes difficultés à garder son secret intact.
Comment est née cette idée d’histoire ? Quel a été ton point de départ ?
Au moment où je l’ai écrit, j’avais besoin de légèreté et surtout d’écrire sur des choses qui me plaisaient à 100%. J’ai donc mélangé les thèmes « princesse », « jumelle », « répartie », « héroïne avec un fort caractère », et cette histoire est née. Mon principal problème était l’univers dans lequel placer ce scénario, mais je reviendrai là-dessus dans une prochaine question.
Ce roman m’a fait beaucoup de bien. Il n’est pas aussi complexe que certains autres et m’a permis de me vider la tête, d’écrire quelque chose de « facile » car il rentrait parfaitement dans ma zone de confort. Et j’espère que vous apprécierez autant cette romance que moi.
Des princesses qui aiment les femmes parce qu’on adore les princesses après tout !
Peut-on dire que tu es une grande fan des princesses ? Parce que nous on adore les princesses que tu imagines !
Répondre non ne serait pas très crédible [rires] En effet, j’adore les princesses ! Et dans mes romans, j’essaie de les rendre les plus attirantes possible. Elles sont charismatiques, savent se battre, ont de la répartie et possèdent tout un tas d’autres qualités essentielles. En gros, mon but est de faire en sorte que tout le monde les apprécie et de pouvoir ensuite passer le reste de ma carrière d’autrice à n’écrire que sur elles. Je n’ai pas encore placé de princesse dans un univers plus contemporain, mais ça ne saurait tarder.
Peux-tu nous parler un peu tes deux héroïnes ? Et notamment la narratrice ?
La narratrice est une jeune femme qui se plait davantage en extérieur qu’à l’intérieur. Elle adore monter à cheval, les dresser, ce qui tombe bien car sa famille est connue dans le royaume d’Althéa pour ses écuries et sa propension à fournir des montures de qualité. Elle aime également tirer à l’arc, se battre, mais n’a que peu d’occasions de s’exercer.
En effet, Livia, la noble qu’elle remplace au cours de certains évènements en raison de ses problèmes de santé, est tout son contraire. De son côté, elle voue une passion à la botanique et préfère les activités calmes comme la lecture ou prendre le thé avec ses amies. La narratrice est obligée de copier sa nature calme et réservée, alors que pour sa part elle est plutôt exaltée et déteste se faire marcher sur les pieds.
Elisha quant à elle est une princesse comme on les aime. Séduisante, intelligente et un brin rebelle. Elle peut se montrer vantarde par moments, mais on lui pardonne très facilement ses excès d’égocentrisme.
Un univers parallèle pour cette nouvelle histoire lesbienne de Lena Clarke, De l’ombre à la Lumière
Est-ce que tu dirais que De l’ombre à la lumière se déroule dans un univers de fantasy ? Tu peux nous présenter un peu ce royaume et ses spécificités ?
Pas vraiment. À vrai dire, l’univers du roman se rapproche beaucoup de l’époque victorienne en Angleterre. Si j’avais pu, j’aurais d’ailleurs fait en sorte qu’il s’agisse d’un roman historique. Malheureusement, j’avais besoin qu’il soit possible pour deux femmes de se marier, et comme tout le monde le sait, le 19e siècle n’autorisait pas ce genre d’union.
J’ai donc dû écrire sur une sorte de monde parallèle. Il n’y a ni magie, ni créatures fantastiques, ni rien de ce genre dans ce roman. Je ne le classerais donc pas en fantasy. C’est une romance, dans un univers qui se rapproche beaucoup du nôtre, mais avec quelques petites variantes. Là-bas, chaque noble doit passer un examen (théorique et pratique) afin d’obtenir le droit de succéder à ses parents. Et c’est pour cette raison que les Angelli ont eu besoin de l’héroïne pour se substituer à leur fille.
A-t-on le droit de dire que ton héroïne est trop bavarde et pas assez diplomate pour son propre bien ?
Il est vrai que son tempérament impétueux lui a joué des tours. En compagnie d’Elisha, elle a beaucoup de mal à rester dans son rôle et à se montrer mesurée. Malgré ses efforts pour rester discrète, elle ne peut s’empêcher de deviser avec la princesse et d’attirer son attention. Pour autant, elle sait tenir sa langue quand la situation l’exige. Elle n’a jamais trahi aucun secret et essaie sincèrement de ne pas se faire remarquer. Malheureusement étouffer sa vraie nature n’a rien de facile. Malheureusement ou heureusement d’ailleurs… car sans ce caractère, elle n’aurait jamais attiré la princesse et j’aurais pu tirer une croix sur la romance entre ces deux-là.
Pas des opposés qui s’attirent cette fois-ci…
D’habitude tu as une héroïne un peu plus calme que l’autre. Ici, les deux ont un sacré caractère et aiment faire du cheval et tirer et l’arc… Tout en détestant rester tranquilles à l’intérieur à lire, non ?
Il est vrai que d’ordinaire je suis plutôt partisane du « les opposés s’attirent » et de créer des héroïnes complémentaires. Mais dans le cas de ce roman, j’ai trouvé intéressant de sortir un peu de mon schéma habituel. Les deux apprécient les mêmes activités et adorent se chamailler. Sans ses ressemblances, il aurait été difficile de les rapprocher. Avec un tempérament calme et posé, mon héroïne n’aurait jamais attiré la princesse. Et j’avais surtout très envie de pouvoir écrire plein de dialogues bourrés de piques et de réparties.
Est-ce que tu aimes écrire les personnages de méchantes qui perdent à la fin ? Est-ce que tes romans rééquilibrent un peu le karma pour laisser gagner les gentilles à chaque fois ?
Tu as bien cerné mes préférences. Écrire un personnage de méchante est bien sûr toujours utile au scénario, mais le meilleur moment n’est-il pas quand elle tombe de son piédestal et que la gentille obtient enfin sa « vengeance » ? S’il ne lui arrive jamais rien, ce n’est pas satisfaisant. Et je ne parle même pas de la laisser gagner… C’est juste impensable ! Non, dans mes romans le karma existe bel et bien et chaque action entraîne des conséquences.
Une reine très bienveillante dans cette nouvelle histoire lesbienne de Lena Clarke
La reine est très bienveillante pour une monarque, c’était un souhait dès le départ ? Et pourquoi on ne voit jamais le roi ?
En effet ! Son principal souhait est de voir sa fille se marier et dans la mesure où celle-ci lui mène la vie dure, il était évident qu’elle se montrerait très bienveillante avec la jeune femme qui réussirait à obtenir les faveurs de la princesse. Il n’existait aucune raison pour qu’elle leur mette des bâtons dans les roues. Et puis, comme pour le fait d’écrire deux héroïnes aux goûts similaires, j’avais envie de varier un peu de d’habitude.
Quant au roi… j’ai le droit d’avouer qu’il ne servait à rien dans mon scénario ? Ce récit est une romance avant tout. Il se concentre sur la relation amoureuse entre les héroïnes et j’ai bien peur que le roi ne se soit révélé d’aucune utilité. Sa femme occupait déjà le terrain et j’ai préféré la laisser briller seule.
Des romans trop courts ou trop longs ?
Est-ce que tu as peur de cette remarque que certaines lectrices et lecteurs font souvent à savoir « c’est trop court » ?
Oui, car je suis certaine de la recevoir. Je comprends très bien qu’on veuille prolonger le plaisir, passer plus de temps dans un univers, mais quand tout est résolu, je ne vois pas l’intérêt de s’attarder. Pour moi, chaque scène doit se révéler utile au scénario, permettre de faire avancer les choses. Et quand ce n’est pas le cas, l’ennui s’installe vite. Je n’aime pas du tout « broder » dans l’unique but d’ajouter des pages. Il existe des intrigues qui ont besoin de 400 pages pour se dérouler et d’autres beaucoup moins. Quand la fin n’est pas ouverte, que les héroïnes sont heureuses, et que des réponses ont été fournies à toutes les questions, je trouve un peu frustrant de recevoir le fameux « c’est trop court ». Personnellement, dans mes lectures, je n’aime pas quand les scénarios tirent en longueur sans raison. Ça me gâche un peu le plaisir que j’éprouvais précédemment, ou me pousse à lire en diagonale, alors je préfère éviter le remplissage dans mes écrits.
Tes deux héroïnes sont d’excellentes danseuses (malgré les ratés), est-ce que c’est également ton cas ?
J’aimerais prétendre que oui, malheureusement je suis très loin de les égaler. En même temps, je n’ai jamais eu à participer au moindre bal. Je suppose que sinon, et comme elles, je me serais entraînée pour briller sur la piste !