Le 30 juin, Lena Clarke met un terme à la série de romantasy lesbienne « La Promesse »
Si vous êtes des habituées, vous n’avez pas besoin que l’on vous présente Lena Clarke. On ne présente plus l’autrice aux nombreuses romances. Il n’empêche que c’est difficile de parler de La Promesse du Destin sans parler de ses autres livres de fantasy lesbiennes sortis avant. Parce que dans ce roman, on a aussi une princesse qui tombe amoureuse d’une femme…
La quatrième fille de la famille Jenok va craquer pour une femme. Oui, vous avez bien lu. Auria va tomber amoureuse. Et ce n’était pas gagné, parce qu’elle a quand même essayé d’épouser Naely épouse de sa soeur aînée Shearah et Siobhan, qui va se marier avec sa cadette, Kyara. Et à chaque fois, elle se moquait de l’amour, elle recherchait juste le pouvoir.
Seulement voilà, alors que ses soeurs sont toutes tombées amoureuses de princesses sans le vouloir, elle qui le désire par dessus tout, va tomber amoureuse… d’une ancienne esclave. Une ancienne esclave qui n’a pas le moindre titre et qui tente de surmonter son passé douloureux et traumatisant.
Le résumé de La Promesse du Destin de Lena Clarke
Difficile de ne pas aimer les princesses. Et si vous êtes comme moi et que vous avez découvert les livres dans l’ordre, vous avez fini par craquer pour Auria. Pourtant, au début, on la détestait quand même ! Mais voilà, c’était avant Siobhan et La Promesse d’un Baiser.
Voici donc le fameux résumé de ce dernier livre de la série :
Deuxième fille du roi de Lindörie et commandante des armées, Auria tient le royaume d’une main de fer en l’absence de ses parents et de ses sœurs. Froide et pragmatique, elle méprise les frivolités et se consacre entièrement à ses devoirs militaires. Mais, malgré ses ambitions, Auria sait que l’ordre de succession ne lui permettra jamais d’accéder au trône.
Pour les noces de Kyara avec Siobhan, la reine de Blüme, toute la famille se réunit en Lindörie. Parmi les invités débarquent au palais Meera et Selene d’Elonia, accompagnées de Yoren et Reyna, deux changeformes au passé d’esclaves. Le frère et la sœur, qui ont durement gagné leur liberté, sont aujourd’hui des membres à part entière du clan.
Pleine de préjugés envers Reyna, cette jeune femme frêle d’apparence, Auria se laisse troubler par sa bravoure et cette proximité inattendue. Au fil des jours, l’attirance grandit entre la princesse et la changeforme.
À la cour, certains voient d’un mauvais œil leur rapprochement. Quand le danger se referme sur elles, Auria doit choisir entre tout ce pour quoi elle s’est toujours battue et la femme qui pourrait bien bouleverser son destin.
Avec La Promesse du destin, Lena Clarke conclut la saga La Promesse en réunissant pour la dernière fois toutes les sœurs qui ont conquis tant de lecteurices au fil des années.
La couverture de La Promesse du Destin de Lena Clarke
Un grand merci à Nicolas Jamonneau qui a une nouvelle fois donné vie aux personnages imaginés par Lena Clarke. Ici, vous reconnaitrez Auria et Reyna. Et aussi Yoren, version chat, qui n’est pas d’accord pour que la princesse s’approche trop près de sa soeur… Oui, lui, il est plutôt contre la relation entre les deux…
L’extrait de La Promesse du Destin de Lena Clarke
Ce qui est aussi très réussi, dans ce roman, c’est la manière dont Lena Clarke a présenté le lien entre les soeurs. Il y a quelque chose de très beau et qui parcourt toute l’histoire. Ce n’est pas juste une romance entre deux femmes, il y a aussi ce lien indescriptible entre soeurs, qui fait que vous tenteriez tout pour protéger les membres de votre famille.
Ici, par exemple, Kyara, la plus jeune, propose une course de cheval à ses soeurs : Meera et Auria. On reconnait bien le côté peu sérieux et fougueux de Kyara, mais ce qui est génial, c’est que ses aînées vont accepter et s’amuser tout du long. Et si, en plus, ça peut servir à rapprocher Auria et Reyna, on ne va pas se plaindre…
Bonne lecture !
— Une petite course à cheval vous plairait-elle ? La première arrivée au château donnera un gage aux deux autres.
— Nous ne sommes plus des enfants, fis-je remarquer.
— Justement ! C’est l’occasion pour moi d’enfin vous concurrencer. Avant, je ne pouvais pas rivaliser. Je finissais toujours dernière et devais vous servir toute la journée.
— Ah, le bon temps, me moquai-je. Cette époque me manque.
Meera m’observa avec une expression indéchiffrable, un peu comme si elle ne s’attendait pas à une réplique pareille. À cause de son absence prolongée, elle n’avait pas eu le loisir de me fréquenter depuis un moment. Cette dernière année, je m’étais rapprochée de Kyara, en partie grâce à la présence de Siobhan, et je me permettais davantage de souplesse. Mes réponses étaient moins sèches qu’à l’époque et je ne fuyais pas systématiquement le contact de ma famille.
— Je n’ai rien contre cette course, approuva finalement Meera.
— Et toi, Auria ? Ne me dis pas que tu as peur de mordre la poussière ?
— C’est drôle que tu me parles de poussière, car tes yeux en seront remplis lorsque je te passerai devant.
Alors que Kyara se réjouissait de notre accord à toutes les deux, je remarquai que Meera s’était tournée vers Reyna, vraisemblablement très douée pour se rendre invisible. Elle ne produisait aucun bruit et arrivait sans mal à masquer sa présence. J’avais bien failli l’oublier. Les deux femmes commencèrent à effectuer une série de gestes qui attirèrent mon attention : ils me rappelaient le langage des signes militaires lindörien. Utilisé lors des opérations secrètes, il ne permettait en principe pas de mener une vraie conversation. Meera semblait l’avoir ajusté pour que son interlocutrice puisse s’exprimer sans l’intermédiaire de son frère. J’étais surprise. Cette fille comptait apparemment beaucoup pour elle, au point de pousser ma sœur à trahir l’un de nos modes de communication.
— Reyna montera avec moi, annonça-t-elle en caressant affectueusement le haut de la tête de la changeforme.
— Ne crains-tu pas d’être désavantagée avec un poids en plus ?
— Ce handicap devrait te réjouir. Il maximise tes chances de l’emporter.
— Comme bon te semble, mais ne pense pas que je serai tendre en te donnant ton gage sous prétexte que tu as voulu emmener ta… garde du corps.
Le prononcer à voix haute rendait la position de cette fille encore plus ridicule. Elle mesurait bien quinze à vingt centimètres de moins que Meera et devait à peine peser quarante kilos. En cas de menace, je doutais fort qu’elle puisse apporter quoi que ce soit à ma sœur. Elle n’était même pas en mesure de crier afin d’appeler de l’aide. En somme, elle m’apparaissait en tout point inutile. Meera la gardait probablement comme humain de compagnie. Sa beauté alliée à sa frêle stature lui permettait sûrement d’inspirer de la compassion et de la tendresse à ma cadette.
— Rassure-toi, je ne comptais pas sur ta pitié ou ton bon cœur. Je sais que tu es dépourvue de l’un et l’autre.
— J’ai préféré te céder ces qualités pour t’aider à te démarquer.
— Vous commencez déjà la bataille ? Ce n’est pas gentil de me laisser sur le carreau, intervint Kyara avec le sourire. Et, concernant Reyna, je me méfie. Elle ne serait pas dotée d’un pouvoir que nous ignorons, par hasard ? Elle pourrait avoir la capacité de communiquer avec les chevaux par la pensée et, dans ce cas, ce serait nous qui serions désavantagées.
Le visage de la changeforme n’exprima rien de particulier à la suite de cette accusation. De manière générale, elle se montrait assez impassible. La seule fois où elle avait ébauché l’esquisse d’un sourire datait du moment où Meera avait logé sa main sur sa tête.
— Tu as trop d’imagination, indiqua cette dernière.
— Je préfère prendre mes précautions ! Elle choisira un cheval au hasard parmi les nôtres et montera avec sa propriétaire.
L’insistance de Kyara eut raison des réserves de Meera. Et lorsque Meera acceptait quelque chose, Reyna semblait suivre le mouvement sans se poser de questions. Avoir une subordonnée aussi docile ne devait pas être désagréable. Je commençais presque à comprendre ce que ma sœur appréciait tant chez son escorte. Nous nous dirigeâmes vers l’écurie où se reposaient nos montures, celle de Kyara, la mienne et celle utilisée précédemment par Siobhan. La jument à la robe alezane mangeait tranquillement de la paille. Elle était attachée comme les deux autres à une barre en bois.
Reyna passa du côté opposé, examina les trois animaux avec attention, puis nous jeta un coup d’œil, comme pour tenter d’obtenir un indice. Je ne m’inquiétais pas trop. Ouragan n’aimait pas grand monde et il était plus imposant que ses comparses. Une fille aussi chétive ne risquait pas de le choisir. Il devait sans aucun doute l’impressionner, voire la terrifier. Quand elle tendit la main devant Tsunami, le hongre gris cendré de Kyara, je crus la sélection terminée, mais à mon plus grand étonnement, ou plutôt à ma plus grande horreur, Ouragan se manifesta. Il donna un coup de tête à son voisin et réclama des caresses sur le nez à la jeune femme.
Après une légère hésitation, elle les lui accorda et, à cause du sourire qui illumina son visage, je sus que je venais de perdre la partie. Elle n’avait désormais d’yeux que pour lui. Mon cheval était un traître infidèle. Les oreilles inclinées vers l’avant, la queue en train de se balancer, il paraissait au comble de l’extase.
— Quelle tristesse, soupira Kyara. Moi qui espérais marquer des points avec Reyna et faire remonter sa jauge d’affection à mon égard.
Ces paroles m’interpellèrent. Et pour cause, je compris que la menace d’un quelconque pouvoir caché de la changeforme ne l’inquiétait pas le moins du monde. Toute cette scène masquait en réalité un objectif fort peu louable.
— Tu te maries dans deux semaines, rappelai-je.
— Que vas-tu chercher ? Je l’ai connue quand elle était toute petite…
— Et ?
— Elle restera toujours une enfant à mes yeux. J’aimerais juste bien m’entendre avec elle.
Encore une fois, le but de la manœuvre m’échappait complètement. À quoi ce rapprochement lui servirait-il ?
— J’ai le regret de t’annoncer que tu as misé sur le mauvais cheval, reprit-elle plus fortement à l’attention de Reyna. Il appartient à la ronchonne de la famille.
Je n’appréciais que peu ce qualificatif. Clairement, que la distance entre nous se soit réduite cette dernière année ne comportait pas que des points positifs. Je ne cherchai pas à me dérider quand l’Elonienne leva les yeux vers moi. Je donnai même raison à ma sœur en présentant une expression des plus ombrageuses. J’espérais un peu que la changeforme prendrait peur et demanderait à Meera d’intercéder afin de monter avec elle. À la place, et contre toute attente, elle attrapa les rênes d’Ouragan et le libéra du poteau en bois.
— Tu es devenue bien courageuse, ma petite, commenta Kyara en allant chercher sa propre monture.
Le froncement de sourcils presque imperceptible de Reyna me laissa penser qu’elle n’avait pas apprécié le dernier terme. Si elle avait pu parler, elle se serait sûrement rebiffée. Ou peut-être pas… Au fond qu’en savais-je ? Je ne la connaissais pas. Je l’observai alors qu’elle flattait le flanc d’Ouragan. Sa hauteur au garrot étant de cent soixante-quinze centimètres, il la dépassait largement et la faisait paraître encore plus fluette. À coup sûr, si je tentais de le lancer au galop, elle basculerait et je passerais pour la méchante. Mes chances de remporter cette course avoisinaient le zéro, or, je détestais perdre. L’idée seule de finir en dernière position me mettait de fâcheuse humeur.
— Je t’aide à monter ? lui proposa Kyara en arrivant à sa hauteur avec Tsunami. Ce cheval est un peu grand pour toi.
— N’importe quel équidé le serait, à l’exception peut-être des poneys.
Contre toute attente, mon commentaire ne me valut aucune réaction de la part de Meera. Elle venait de grimper sur Nymphea et ignorait sa protégée. Je compris pourquoi seulement quelques secondes plus tard, au moment où Reyna prit son élan et s’appuya sur le garrot d’Ouragan afin de le monter sans aucune aide. La manœuvre acrobatique me fit légèrement revoir mon jugement. Finalement, elle possédait peut-être quelques ressources. D’un mouvement de la main, elle rejeta ses cheveux dans son dos et me défia du regard. Cette fois, j’en étais certaine, ma réflexion à moi ne lui avait pas plu.
— Amuse-toi bien, sœurette, lança Kyara avec une pointe de moquerie. Et interdiction de te débarrasser de ta passagère sur le chemin.
— Ce serait ta chance de la récupérer et de jouer les sauveuses.
— Je prévois de chevaucher loin devant, je ne te verrai pas la pousser.
Sur ces mots, la benjamine de la famille enfourcha sa monture et adressa un clin d’œil à Reyna en passant devant elle. Cette dernière se garda de la moindre réaction. Elle resta stoïque et m’attendit sagement. Elle avait forcément entendu notre discussion, pourtant elle ne s’alarma pas à mon approche. Elle ne chercha pas non plus à se précipiter vers Meera et ne bougea pas d’un pouce lorsque je la rejoignis. Elle était soit très courageuse, soit très stupide. Les prochaines minutes allaient me renseigner.
— Contente-toi de bien t’accrocher, déclarai-je en me saisissant des rênes.
A la base comme vous savez je suis pas adepte de lire les extraits pour éviter les spoils mais avec certains je fais exception comme celui-ci 😁 ça confirme que j’ai très grande hâte qu’il arrive 🥰